CROUP
lion, expulsion do fausses membranes), que l'on a affaire a une affection croupale.
Plusieurs maladies laryngiennes, aiguës comme le croup, dont la durée est de trois a douze jours, peuvent le simuler. Ce sont les affections qui ont de commun avec le croup, soit la lésion diphthérique , soit la dyspnée croissante et les accès de suffocation.
Dans la pharyngite pseudo-membraneuse , il y a expulsion de fausses membranes ; mais leurs lambeaux aplatis ne s'ont jamais largement tubulés comme celles du croup. L'inspection du pharynx y découvre des concrétions semblables à celles qui sont expulsées, et, à moins que la diphthérie ne vienne à pénétrer dans le larynx, il n'y a ni sifflement de la respiration ni accès suffocants. — Le coryza diphthérique ne saurait être confondu avec la diphthérie lary ngienne, mais l'apparition de symptômes fonctionnels du croup dans le rours d'un coryza couenneux bien constaté ne permettra guère de douter de la nature identique des accidents laryngiens. — Quant à la diphthérie bronchique ou bronchite PSETJno-MEMBRANErsE , elle se distinguera nettement du croup laryngien dans les cas où il y aura netteté relative de la voix et expulsion de fausses membranes tubulées et ramifiées; mais en l'absence de ces caractères distinctifs, le diagnostic pourra être très-douteux. Il me semble difficile de se prononcer d'après le signe indiqué par Wilson, d'Édimbourg, d'une dépression plus considérable des espaces sus-claviculaires et intercostaux dans l'inspiration, si l'obstacle réside dans le larynx, et d'une dépression bien moindre si Vobstacle est dans le poumon.
Les trois localisations particulières de la diphthérie dans les voies respiratoires que nous venons de rappeler sont, avec le croup, des variétés de diphthéries qui peuvent avoir un signe commun : l'expulsion de fausses membranes au dehors. Mais comme cette expulsion n'est pas constante dans la diphthérie croupale, on peut, en l'absence de ce signe, croire à l'existence du croup en présence de plusieurs autres affections dans lesquelles ce même signe fait défaut.
D'abord la laryngite aigué grave présente des exacerbations de dyspnée qui peuvent en imposer complètement pour le croup, et à plus forte raison en est-il de même de la laryngite striduleuse ou pseudo-croup. Cette dernière affection a été souvent confondue avec la laryngite pseudo-membraneuse. Pour éviter de se tromper, on tiendra compte de la marche différente des symptômes plutôt que des symptômes eux-mêmes (Barthez et Rillet). Le croup est souvent précédé d'angine pseudo- membraneuse et de phénomènes fébriles; son développement est graduel (dyspnée, voix et toux éteintes), et dans l'intervalle des accès de suffocation, il y a persistance de la fièvre, sifflement laryngo-trachéal et permanence de l'extinction de la voix et de la toux. Dans le pseudo-croup, les accès de suffocation surviennent brusquement la nuit, quelquefois précédés seulement d'un léger catarrhe, et ils vont en diminuant; enfin dans leur intervalle, la fièvre disparaît, et il n'y a ni sifflement ni extinction de voix. — L'œdème de la glotte, qui survient dans le cours d'une laryngite chronique ulcéreuse ou dans la convalescence d'une maladie aiguë, ne peut par cela même »'lre confondu avec le croup, d'autant mieux que dans l'œdème glottique il n'y a pas d'engorgement des ganglions du cou , la voix est rauque , mais non Peinte, et le doigt porté dans l'arrière-gorge sent la tuméfaction caractéristique des replis arythéno-épiglotliques. Cependant il ne faut pas oublier que la diphthérie peut coïncider avec un œdème de la glotte, et que dès lors le croup pourrait bien se développer en même temps. — Dans la bronchite capillaire suffocante, l'absence des accès de suffocation, le timbre normal de la voix, les râles muqueux étendus qu'on perçoit à l'auscultation, empêcheront l'erreur. —
CROUTES.
Enfin on a pris pour le croup des abcès rétro-laryngiens ou rétro-œsophagiens, qui ne sont pas très-rares chez les enfants à la mamelle, comme maladie aiguë. Dans un fait rapporté par Herff (Darmstadt), il y avait nécrose du cartilage cricoïde, et par conséquent des phénomènes locaux antérieurs qui devaient, jusqu'à un certain point, éloigner l'idée d'un croup (Voy. Union mèd., 1850).
En constatant l'existence du croup, il est facile d'en déterminer le degré, qui n'est que celui de l'asphyxie plus ou moins avancée qu'il produit. Bouchut a attaché à l'anesthésie, comme signe de croup arrivé à sa période extrême, une importance qui résulte simplement de ce que la perte de la sensibilité annonce les progrès de l'asphyxie (Voy. p. 64). — Les formes du croup sont toutes relatives à la marche variable qu'il affecte. Il est en effet primitif ou secondaire; et, dans ce dernier cas, il est le plus souvent consécutif à une pharyngite couenneuse ou diphthérique , et bien plus rarement à une bronchite de même nature. On a cité des faits de croup dans lesquelles la toux a manqué (Hache), et d'autres avec une expectoration de fausses membranes laryngiennes à de longs intervalles, ce qui a pu faire croire à la possibilité d'un croup chronique, qui est loin d'être généralement admis.
A propos des formes de la maladie, je dois encore rappeler que, citez V adulte, elle présente ceci de particulier qu'elle débute plus fréquemment que chez l'enfant par le mal de gorge et la gêne de la déglutition dus a une pharyngite couenneuse, et qu'il y a rarement soit des accès de suffocation, soit une respiration sibilante. Parmi les huit faits recueillis par Louis (Du croup chez l'adulte, Rech. anat. path., Paris, 1820), on en compte six dans lesquels le croup était secondaire et se montra dans le cours de maladies aiguës ou chroniques.
Quant aux complications du croup, la maladie est habituellement si rapide et si courte, qu'il n'en est guère qui méritent une mention spéciale, à part la pneumonie et le spasme de la glotte chez les enfants. Les autres complications sont des accidents consécutifs : une gène de la respiration qui persiste quelquefois longtemps, des accès de suffocation résultant de la perte partielle de la mobilité et de la sensibilité des cordes vocales, une altération de la voix due à la mémo cause, sans rappeler celles qui accompagnent la diphthérie en général ou qui lui sont consécutives (Voy. Diphthérie). L'emphysème pulmonaire a été signalé comme très-fréquent par Hilliet et Barthez.
3* Pronostic. — On sait que le pronostic du croup est extrêmement tfrave. 11 serait probablement mortel, en effet, dans tous les cas où on l'abandonnerait à luimôme. C'est du moins ce que l'on peut présumer, dans l'état actuel de la science.
CROUTES. — Les concrétions de ce nom résultent de la dessiccation, à la surface de la peau ou vers les orifices des membranes muqueuses, de liquides ou de particules organiques assez variées. Les croûtes représentent une phase d'un assez grand nombre de maladies de la peau au même titre que les vésicules, les pustules, les squames. Elles sont composées, suivant Ch. Robin, de lamelles épithéliales, imbriquées , de globules de pus , reconnaissables après action de l'eau, puis action de l'acide acétique; quelquefois de globules rouges de sang accumulés, plus ou moins déformés, de granulations graisseuses et de matière amorphe peu ou très-granuleuse. 11 faut ajouter à ces éléments les parasites végétaux qui constituent les croûtes faviques (Bazin). Les croûtes en général varient de forme, de volume, de nombre, de couleur, de consistance, de cohésion aux parties sous-jaeentes, et l'état de ces parties qu'elles recouvrent constitue aussi assez souvent un caractère diagnostique plus ou moins important.
C'est d'après l'ensemble de ces différentes données et en tenant compte en
.CROUTES.
même temps de leur siège dans telle ou telle région, que l'on peut déterminer la signification de cet élément particulier des affections cutanées.
En mettant hors de cause les croûtes qui résultent «le lésions traumatiques ou de solutions de continuité accidentelles, je signalerai encore comme à peu près insignifiantes celles de forme ponctuée ou résultant d'éraillures de la peau que l'on rencontre comme signes de prurigo, les croûtes ponctuées qui surmontent les pustules de Vacné simplex, celles plus étendues de l'herpès labialis. Quoique plus importantes comme signes, mais très-faciles encore à reconnaître, je dois rappeler les croûtes de la varioloïdc, et celles de la variole, occupant principalement la face, à laquelle elles forment quelquefois un masque hideux.
On rencontre encore à la face les croûtes ordinairement peu épaisses, occupant les joues et le front, qui succèdent à Pérysipèle huileux, et qu'entoure une desquamation caractéristique. Chez les enfants et les jeunes gens, on y voit celles de [impétigo, souvent d'un jaune-verdàtre ou jaune de miel, friahles, épaisses, parfois humectées d'un liquide visqueux et occupant le pourtour des lèvres, les oreilles et parfois toute la face. Plus rarement, dans la gangrène de la bouche, il se forme des croûtes au niveau des paupières, des narines, des lèvres. Le nez et les joues sont aussi le siège de croûtes de scrofulide pustuleuse d'un jaune brun. Chez l'homme adulte, la lèvre supérieure ou le menton présentent quelqnefois des croûtes de sycose ou mentagre saillantes, d'un jaune-verdâtre ou noirâtre. Quant aux croûtes qui se forment au niveau des cancroïdes de la face, elles sont secondaires comme signes, l'état des parties molles suffisant au diaçnosuc. — Le cwt'r chevelu est souvent aussi le siège de croûtes confluentes d'impétigo qui peuvent lui former une calotte complète, de même que les concrétions du favus (Voy. Teignes), qui sont toujours caractérisées par leur forme en cupule, au moins dans quelques-unes de leurs parties. — Des croûtes faciles à reconnaître sont celles, ordinairement minces, qui entourent une moitié ou un seul côté d'une partie du tronc, et qui résultent d'un zona parvenu à sa dernière période. — Leur siège à la vulve fait facilement reconnaître la nature des croûtes humides et infectes qui accompagnent la folliculite vulvaire (Voy. Vulvite).
Parmi les croûtes qui peuvent occuper indifféremment les diverses parties du corps, les unes sont larges et minces, comme celles de l'acné sébacée, audessous desquelles la peau est rouge, d'aspect huileux avec des orifices héants de follicules dilatés, ou comme les croûtes grisâtres ou d'un jaune-verdàtre de certains eczémas. Cependant ces dernières sont quelquefois épaisses, inégales, jaunes, rocheuses.
Plus limitées (de quelques centimètres au plus de diamètre), plus régulièrement arrondies, ordinairement peu saillantes, et mélangées à des bulles ou à des macules rougeàtres, les croûtes doivent être attribuées au pemphigus. Trèsproéminentes au contraire, noirâtres, inégales, reposant sur des ulcérations sanieuses dont elles cachent la surface, elles sont un signe de rupia ou d ecthyma cachectique (Voy. Bn.LEs).
Enfin on a reconnu pour caractères des croûtes des syphilides (ordinairement des syphilides pustuleuses) d'être dures, épaisses, verdàtres, quelquefois noires, très-adhérentes, irrégulières et mamelonnées comme des écailles d huîtres; mais ces particularités ne sauraient être considérées comme suffisantes, dans tous les cas, pour faire attribuer aux concrétions une origine syphilitique. L'existence d'un petit liséré blanchâtre autour de la croûte serait, suivant Biett, un signe caractéristique en pareille circonstance.
CUIR NEUF (Bruit de). — Voy. FROTTEMENT,
204 CYANOSE.
CURARE. — Voy. Empoisonnements.
C y AN HYDRIQUE (Acide). — Voy. Empoisonnements.
CYANOPATHIE. — Voy. Chromhyprose et Cyanose.
CYANOSE. — On a l'ait pendant un certain temps de la cyanose une affection particulière sous le nom de maladie bleue, cyauopathie, etc., parce que l'on regardait ce phénomène comme l'effet de la communication morbide des cavités du cœur. Mais Louis (Rech. anat.-palholog.) a démontré Terreur de cette manière de voir, la coloration bleue de la peau n'étant pas la conséquence nécessaire de la communication signalée (Voy. Communications morbides, p. 217). Aussi doit-on considérer la cyanose comme un symptôme qui dépend d'une foule de conditions pathologiques très-différentes que je rappellerai tout à l'heure.
i° Caractères. — La cyanose est caractérisée par une coloration plombée, bleuâtre, violacée de la peau : soit partielle, comme on le voit au niveau des lèvres on de leur pourtour, au niveau des ongles, dos extrémités, des paupières, d'un seul membre ou de la moitié supérieure ou inférieure du corps, soit plus ou moins généralisée à la peau et aux muqueuses visibles. La coloration est ordinairement plus foncée aux extrémités et à la face que dans les autres régions. Suivant Peacock, la couleur varie et dépend jusqu'à un certain point de l'état de la peau. Elle serait d'un bleu foncé ou noirâtre lorsqu'elle est très-amincie et que le corps est amaigri; bleu rougeâtre ou rose foncé, s'il y a absence de maigreur ou un certain embonpoint; enfin la couleur serait masquée par de l'œdème cutané. Je dois ajouter que la cyanose diffère complètement par sa coloration toujours livide des colorations anomales plus ou moins brunâtres de la peau, et de celle qui est généralisée et produite par l'usage intérieur du nitrate d'argent. Par son siège dans l'épaisseur", même du tégument, la cyanose ne pourrait jamais être confondue avec la couleur bleuâtre de la ciiromiiydrose, due à une exsudation pigmentaire s'enlevant par le frottement, et n'occupant habituellement que le pourtour des yeux.
On a rapproché de la cyanose une foule de signes que l'on doit, avec plus de raison, attribuer aux conditions pathologiques qui produisent ce phénomène symptomatique, conditions qui ont une grande importance, comme on va le voir.
2° Conditions pathologiques. — Pour bien déterminer les conditions pathologiques de la cyanose, il faudrait avoir une connaissance parfaite de son mode de production. Malheureusement, malgré les importants travaux modernes d'anatomie pathologique, c'est une question complexe qui n'est pas encore parfaitement élucidée. On sait seulement que la condition la plus générale de la cyanose est la présence dans les capillaires cutanés d'un sang non hématosé ; mais on n'est pas toujours d'accord sur son origine.
Il faut avant tout distinguer deux ordres de faits pour arrivera reconnaître la condition étiologique de la cyanose : ceux dans lesquels la cyanose est congénitale, ceux où elle est accidentelle.
a. — Cyanose congènitah. — Ce sont les faits de cette espèce qui ont élé décrits sous les noms de maladie bleue, de cyanopathie cardiaque, et que l'on a longtemps considérés comme dus au mélange des deux sangs veineux et artériel. La plupart des cas de cette catégorie, qui ont été étudiés par Déguise fils au point de vue de l'anatomie pathologique (Thèse, 1845), s'accompagnent le plus souvent de deux signes importants : de souffles cardiaques, attribués au passage du sang par les orifices persistant entre les cavités droites et gauches ou au rétrécissement de l'artère pulmonaire, et de matité étendue résultant de
CYANOSE.
l'hypertrophie des cavités droites du cœur. Le souffle, la matité précordiale et l'existence de la cyanose depuis la naissance devront faire attribuer ce dernier phénomène au rétrécissement de I'artèkk pulmonaire, lésion que l'on a rencontrée dans près de la moitié des cas d'affections congénitales du cœur (70 fois air 150, selon Peacock).
b. — Cyanoses acciderteltes. — Ce second ordre de faits, que le plus ample interrogatoire permet de séparer des précédents, s'en distingue surtout parles conditions pathologiques de la cyanose. Quoiqu'il y ait le plus souvent, de part et d'autre, obstacle à la circulation, les causes de cet obstacle sont tout autres dans les cas de cyanoses accidentelles, et, déplus, il y a, dans ces derniers cas, des troubles de l'hématose résultant d'altérations du sang ou de perturbions nerveuses qui suffisent pour produire la cyanose accidentelle, sans obstacle au cours du sang. De là trois origines à rechercher.
Lorsqu'il y a obstacle à la circulation, on le trouve soit au niveau du'cœwr, *it dans les poumons, soit dans les troncs veineux. Dans les deux premières conditions, la cyanose est généralisée; dans la troisième, elle est localisée dans •«parties d'où proviennent les ramifications originelles des veines comprimées ou oblitérées, et elle coïncide alors avec l'œdème, qui est même le phénomène principal.
Au niveau du cœur, il est généralement reconnu que c'est par la gêne ou i1 obstacle qu'elles apportent au cours du sang que les lésions de cet organe produisent si fréquemment la cyanose, quel que soit le point qu'elles occupent, (fat par les signes fonctionnels et physiques qui accompagneront la cyanose en Paille circonstance, que l'on sera guidé pour en placer l'origine au niveau du «Mr. Il en sera de même pour les affections des gros vaisseaux. — L'obstacle au fours du sangf qui peut, dans les cas précédents, être en deçà du poumon (au niveau 'te gros troncs veineux, des orifices des cavités droites ou de l'artère pulmo- "aire), ou bien au-delà du poumon (aux veines pulmonaires, aux orifices des évités gauches ou dans l'aorte), peut occuper le point intermédiaire, c'est-à-dire k poumon lui-même. C'est non-seulement le siège le plus ordinaire des obstaftaù la circulation sanguine, mais encore de la plupart de ceux qui s'opposent à la libre pénétration de l'air dans les organes respiratoires, et qui, les uns fomme les autres , déterminent fréquemment la cyanose en produisant l'asphjxie, c'est-à-dire en empêchant l'échange des gaz dans les capillaires des poumons. Il me faut citer ici d'abord toutes les' affections des bronches et des poumons d'une certaine gravité, gravité qu'elles empruntent presque toujours * obstacles vasculaires et surtout respiratoires qu'elles produisent, et dont la ryanose est une des manifestations. Certaines congestions pulmonaires, la pneumonie, la bronchite capillaire, Y emphysème, les obstructions des conduits respiratoires par des mucosités abondantes, par des exsudais plastiques, par du sang, par des corps étrangers, l'infiltration dans le tissu pulmonaire de produits nouveaux (tubercules, cancer) sont autant de conditions pathologiques 'jui peuvent déterminer l'apparition de la cyanose. Pareille chose arrive momentanément (cyanose passagère) dans les fortes quintes de la coqueluche, dans '«accès d'éclampsie, dans ceux dus à YépUepsie. Tout obstacle à la pénétra- 'lf'ii de Vair qui siège dans les conduits situés au-dessus des poumons (glotte, krynx, trachée, troncs bronchiques) agit de même, qu'il occupe l'intérieur de fes conduits, leur épaisseur ou leur voisinage; Y œdème de la glotte, certaines hryngites, le croup, la cicatrisation oVulcèrations des voies aériennes, des Umeurs les comprimant de dehors en dedans (les tumeurs du médiastin, par temple), doivent être rappelés ici. Les épanchements abondants de la plèvre,
CYRTOMÈTRE.
surtout lorsqu'ils se font rapidement, et le développement de tumeur* intrathoraciques volumineuses tendent également, en comprimant non les gros troncs aériens, mais le poumon lui-même, à empêcher la pénétration de l'air : d'où résulte une asphyxie graduelle, et par suite la cyanose. Le refoulement des poumons par des tumeurs abdominales agit de même.
Certaines cyanoses résultent de quelques altérations du sang, parmi lesquelles il faut placer celle qui s'observe dans plusieurs empoisonnements, et surtout dans le choléra, dans lequel la cyanose, le plus souvent généralisée, est si remarquable. Ici le seul aspect du malade et l'existence des vomissements et de la diarrhée sont caractéristiques. Je dois rapprocher de ces faits celui de fièvre typhoïde observé par Valleix, et qui s'accompagna, dans son cours, d'une cyanose généralisée sans autre complication.
Enfin il est évident que la cyanose peut résulter aussi de certains troubles de l'innervation réagissant sur les mouvements musculaires respirateurs, et les rendant insuffisants. Cette insuffisance, en effet, peut entraîner une asphyxie graduelle par pénétration incomplète do l'air dans les poumons, lorsqu'une maladie du cerveau, de la partie supérieure de la moelle, ou l'atrophie des muscles respirateurs, paralysent l'action de ces derniers. Le même effet peut résulter aussi de la contracture prolongée de ces muscles, comme dans le tétanos et dans la contracture idiopathique des extrémités généralisée.
On voit, d'après ce qui précède, combien la cyanose a de nombreuses significations diagnostiques , mais il est clair que sa signification n'est obscure que dans les maladies qui ne sont pas révélées par d'autres symptômes ou signes bien manifestes, reléguant la cyanose au second rang.
Sous le rapport du pronostic, la cyanose a une signification d'une grande valeur lorsqu'elle est persistante. Elle est alors un signe pronostique fâcheux, en raison de l'affection à laquelle elle se rattache, et qui est souvent au-dessus des ressources de l'art. Lorsqu'elle est congénitale, on voit quelquefois le malade vivre un assez grand nombre d'années, mais jamais jusqu'à un âge trèsavancé.
CYRTOMÈTRE. — Andry et Bouillaud ont employé le nom de Cyrtomètre pour désigner un instrument destiné à mesurer le relief des saillies précordiales, en relevant la position respective de deux points extrêmes et d'un point moyen intermédiaire. Cet instrument est aujourd'hui abandonné. Cela se comprend par ce seul fait que les deux extrémités de la saillie ne sont pas des points invariables par rapport au point central, et que tous les trois subissent une ampliation ou un retrait simultanés par le fait de l'ampliatiou ou de la rétrocession correspondantes du même côté ou des deux côtés de la poitrine (Voy. Mensuration).
J'ai donné la même dénomination de cyrtomètre à un instrument d'exploration tout différent du précédent par sa confection et par son usage, puisqu'il permet do relever le profil de la courbe circulaire de la poitrine tout entière, à la hauteur voulue, et de tracer sur le papier cette courbe ou la coupe horizontale du thorax, en fournissant à la fois le périmètre et tous les diamètres de la poitrine. J'ai démontré, à propos de la mensuration, qu'il fallait tenir compte de ces deux données pour obtenir de Y ampliation ou de la rétrocession thoraciques, considérées comme signes, tout l'avantage pratique qu'on est en droit d'en attendre; or, connue le cyrtomètre seul fournit simultanément ces deux espèces de données, il constitue, suivant moi, l'instrument de mensuration le plus utile. Il peut d'ailleurs servir à relever le profil des courbes verticales du thorax, et se prête admirablement à fournir le tracé de toutes les courbes du
CYRTOMÊTKE.
Ml
rrâne <i/r U vivant, comme je l'ai rappelé dans la Note que j'ai lue à l'Académie de médecine (Bulletin de l'Académie, mare 1857).
Mon cyrtomètre consiste en une tige en baleine, longue de 60 centimètres environ, et composée de pièces articulées de 2 en 2 centimètres et à double frottement fig. 22, cornai je=*
Fig. il. — Extrémité inîtinle du cyrtomètre réduit de a. plaque transversal- recourbée.
Fig, Î3. — l'no des deux articulations extra-mobiles destinéea à faciliter l'éloignement du cyrtomètre des surfaces convexes aur lesquelles on l'applique, c, e, instrument appliqué, e, d, instrument dans l'écartement.
me une chaîne de Vauanson , de manière h conserver l'inflexion que !«i donnent les surfaces «ar lesquelles on l'applique de champ, et par
conséquent le profil de ces surfaces. Mais comme, étant appliquée au pourtour •Via poitrine, la tige pourrait ne pas conserver son incurvation intacte du moment où elle est retirée, j'y ai fait pratiquer deux articulations particulières, qui résistent dans le sens de l'application du cyrtomètre, et qui sont au contraire trèsmobiles dans le sens de son fortement, fig. 23. Il en résille que ces articulations, trèsmobiles dans le sens de l'écartement, permettent d'abord de retirer très-facilement la tige tout en conservant intactes les conrbes intermédiaires, puis de rétablir la courbe générale primitive dès qu'on les fait jouer en sens contraire. Les articulations à frottement doivent être resserrées de temps en temps à l'aide d'une clef ou d'un marteau .
Quant à l'application du cyrtomètre, un premier procédé, que j'ai décrit dans ma Note à V Académie, consiste à obtenir successivement le tracé de fhaque côté de la poitrine; mais il en est un second plus simple et que je n'ai fait qu'indiquer dans cette note. C'est ce dernier que je vais décrire, en faisant observer que les seules données de la mensuration cyrtométrique qui intéressent k praticien sont l'étendue du périmètre de la poitrine à la hauteur de la base d* l'appendice sternal, et, au même niveau, l'étendue des trois diamètres vertârosternal, et vertèbro-mammaires droit et gauche.
Pour obtenir simultanément ces résultats, le sujet doit être couché d'aplomb *ur le dos, pour que les muscles soient dans le relâchement, et que les organes thoraciques et abdominaux n'éprouvent aucune gêne réciproque comme dans la station droite ou assise; de plus, il doit être à jeun, ou du moins n'avoir pas pris d'aliments copieux, dont la présence dans l'estomac suffit pour dilater sensiblement la base de la poitrine; enfin il ne doit pas offrir de météorisme abdominal prononcé, qui produit un etfet analogue.
l/observateur se place à la gauche du malade, ou de préférence du côté affecté s'il s'agit d'une lésion localisée de l'un des côtés de la poitrine, pour appliquer le cyrtomètre de champ, à la bauteur de l'articulation sterno-xiphoïdienne. 11 trace d'abord un trait vertical à l'encre, ou simplement en pressant ;nr la peau avec l'ongle au niveau de cette articulation. La main droite saisit ^fisoite l'extrémité initiale du cyrtomètre, fig. 24; elle le maintient de champ
CYRTOMÈTRE.
Fig. 24. — Main droite qui maintient l'instrument contre l'épine dorsale, la pulpe des doigts indicateurs et médius appuyée contre elle comme point d'appui.
entre les extrémités de l'index et du médius qui arc-boutent contre la traverse de cette extrémité, la tige étant placée du côté de la paume de la main. Cette
extrémité est alors glissée derrière le thorax à la hauteur de l'articulation sterno-xiphoïdienne jusqu'à la colonne vertébrale, fig. 25, 6, où elle est maintenue fixée au niveau de l'épine, en deçà de laquelle appuient les doigts conducteurs. A ce propos, nous ferons remarquer que, placé un peu plus haut ou un peu plus bas que le niveau exact de l'articulation sterno-xiphoïdienne, les résultats ne varient pas sensiblement.
Tandis que la main droite fixe le cyrtomètre en arrière, la main gauche c applique successivement sa tige de champ et au pourtour de la poitrine d'arrière en avant, en traversant au niveau, puis au-delà de la ligne tracée d'avance au bas du sternum a. Cela fait, on maintient le cyrtomètre appliqué,
on remarque le nombre de centimètres qu'il indique au niveau de cette ligne, et, au moment d'une expiration, qu'on peut provoquer en faisant parler le malade , on écarte brusquement de la poitrine la partie antérieure de la tige sans déranger son extrémité postérieure , que l'on retire ensuite doucement en faisant soulever un peu le malade au besoin.
La tige retirée est portée à plat sur une feuille de papier écolier déployée. Oji l'incurve doucement jusqu'à ce qu'on arrive à la résistance des articulations mobiles, et on la maintient par les deux extrémités, de manière à faire correspondre au pli vertical de la feuille de papier : en bas, le point de départ correspondant à l'épine, et en haut, le chiffre qui indique l'étendue du périmètre du côté entièrement circonscrit. La tige étant maintenue dans cette position par ses deux extrémités, on trace avec un crayon toute la courbe dont on a pris l'empreinte. Enfin , sans changer de côté du lit, on mesure le périmètre du côté incomplètement circonscrit, avec le cyrtomètre maintenu d'une main contre la colonne vertébrale, et tendu de l'autre jusqu'à l'articulation sterno-xiphoïdienne.
On a oblenn ainsi : 1° le périmètre de chaque côté de la poitrine et par con-
Fig. 25. — Application du cyrtomètre du cùté gauche, a, trace verticale faite au niveau de la base de rnppendice xiphoïde. b, bras droit de l'observateur dirigé vers l'épine dorsale, e, main gauche.
CYSTITE. — CYSTITE AlCUE. 2U0
séquent son périmètre général ; 2° la forme de la courbe antérieure de la poitrine ; 3* tous les diamètres vertèbro-antèrieurs.
Un premier tracé ainsi obtenu peut indiquer une capacité générale très-supérieure à celle que comporte la force ou le sexe du sujet, ou une ampliation prononcée d'un côté par rapport à l'autre (ce qui décèle alors d'ordinaire une ampliation déjà avancée), ou bien enfin un rétrécissement de l'un des côtés : mais souvent le premier tracé ne signifie rien par lui-même, et ce sont les tracés subséquents qui, par comparaison, fournissent les données les plus ntiles. Ces tracés ultérieurs, qui indiquent ou une ampliation ou une rétrocession, ou un état station naire de la capacité du la poitrine, doivent être recueillis tous les jours ou tous les deux jours si la maladie est très-aiguë, ou bien à des époques plus ou moins éloignées si sa marcbe est plus lente.
On prend pour points de repère des tracés multiples, sur une môme feuille, le point qui correspond à l'épine vertébrale et le diamètre thoracique antéropostérieur, en indiquant chaque fois le périmètre et en datant chaque courbe obtenue. Plusieurs feuilles sont quelquefois nécessaires pour éviter la confusion ; mais alors on calque sur la nouvelle feuille la courbe ancienne qui doit servir de terme de comparaison.
La longue description de ce manuel opératoire se réduit dans la pratique â un procédé aussi rapide que facile à employer, quoi qu'on ait dit. Il s'applique aussi aisément chez la femme que chez l'homme ( mais seulement un peu plus bas), la tige passant au-dessous des mamelles, sans qu'on soit obligé par conséquent de découvrir toute la poitrine.
Pour le but et les avantages pratiques de la cyrtomêtrie, Voy. Mensuration.
CYSTICERQUES. — Voy. Hyoatides.
CYSTIQUE (Canal). — Voy. Colique hépathique.
CYSTITE. — La cystite ou inflammation de la vessie, qui emprunte presque toute son importance à une cause chirurgicale (coups, blessures, corps étrangers), ne m'occupera que d'une manière incidente, celle qui est du ressort du médecin se développant en dehors de ces influences. La cystite ainsi envisagée est rarement spontanée ou primitive ; le plus souvent elle survient comme accident secondaire ou complication. Elle diffère à l'état aigu et chronique.