II. Cystite chronique
1° Elle se développe le plus souvent d'une manière graduelle, et succède rarement à la cystite aiguë. Un sentiment de gène dans la région hypogas- Uïque, des besoins fréquents d'uriner, une légère douleur au moment des dernières contractions de la vessie, Yurine rendue fréquemment et en petite 'iuantilé, surtout après les repas : tels sont les symptômes de la forme chronique de la cystite, qui se rapprochent des symptômes les plus bénins de la cystite aiguë. 3Iais ce qui dislingue la forme chronique, ce sont les caractères que présente Yurine. Immédiatement après son émission, sa couleur n'offre rien de particulier; mais on y voit flotter un nuage de mucus plus ou moins Épais, formant par le repos un dépôt parfois très-abondant, ordinairement opalin ou d'un blanc grisâtre, qui occupe le fond du vase et qui découle à la fiu en /ilant lorsqu'on transvase le liquide urina ire. Ce mucus est rendu ordinairement à Ut fin àe la miction ; il sort souvent de l'urètre sous forme d'une masse filante, et quelquefois, obstruant d'abord le canal, il en est chassé eu hh • hissant ensuite largement écouler l'urine. Abandonné à lui-même, le fi Ujd urinaire acquiert rapidement Y odeur ammoniacale par suite de la fer-
272 CYSTORRHAGIE.
mentation putride qui peut aussi, en faisant dégager des gaz dans le mucus, rendre ce dernier plus léger et le faire surnager en partie. — Il n'existe pas ordinairement de symptômes généraux.
2° La légère douleur signalée au niveau de la région vésicale, les troubles fonctionnels et la nature muqueuse de l'urine, que j'ai indiqués, peuvent suffire au diagnostic. Néanmoins ces données se complètent par la recherche des causes de la cystite chronique, qui sont le sexe masculin, un âge avancé, les professions sédentaires, les rétrécissements de Vurètrê et les gonflements de la prostate qui gênent l'émisssion de l'urine, Vabus des diurétiques , l'action des corps étrangers sur la vessie (sonde, calculs, etc.), la paralysie de la vessie, l'extension à cet organe d'une inflammation chronique de Vur'etre, sans parler d'autres causes, dont l'action n'est pas assez bien démontrée pour servir au diagnostic.
On ne pourrait confondre la cystite chronique qu'avec certaines py élites; mais le dépôt purulent que présente l'urine dans ce dernier cas, et la petite quantité de mucus qu'elle peut par hasard contenir, suffisent pour faire éviter l'erreur.
Comme complications de la cystite chronique, on peut rencontrer un dépérissement général, Yhypochond-rie, Y affaiblissement des membres inférieurs, et ces accès insidieux de fièvre, parfois de nature pernicieuse, qu'il n'est pas très-rare de voir apparaître dans le cours des affections chroniques des voies urinaires.
3° Le pronostic de la cystite chronique n'est jamais grave. Cependant l'affection, très-lente dans sa marche, peut se prolonger bien des années, et présenter par intervalles des exacerbations. Sa résistance aux traitements mis en usage jette les malades dans le découragement. Toute la gravité du pronostic est dans les affections concomitantes, lorsqu'il en existe.
C YSTORRH AGIE . — Les éléments diagnostiques de celte hémorrhagie sont peu nombreux, si l'on excepte ceux des maladies qui sont l'origine de la perte de sang. D'abord c'est un sentiment de gène, de tension, de chaleur vers l'hypogastre , ce sont les envies fréquentes d'uriner dues à la seule présence du sang dans la vessie, l'expulsion d'urines mélangées à du sang, de la dysurie, surtout à la fin de la miction, et parfois une rétention d'urine complète due à l'obstruction de l'orifice vésical de l'urètre par des caillots, ce que l'introduction d'une sonde fait facilement reconnaître.
La cystorrhagie est habituellement due à la cystite aiguë, à des calculs ou au cancer de la vessie. C'est donc en constatant l'existence de ces affections, dont il a été question ailleurs, que l'on pourra leur rapporter l'hémorrhagie de la vessie. Mais il est impossible de décider, dans presque tous les cas, de quelle partie des voies urinaires vient le sang, comme je l'ai exposé à l'article Hémorrhagiks (par l'urètre). On devra néanmoins, dans les cas douteux, soupçonner toujours que le sang qui occupe l'intérieur de la vessie provient des reins. L'hémorrhagie est, en effet, incomparablement plus fréquente dans cet organe que dans toutes les autres parties des voies urinaires, et l'observation parait avoir démontré que telle est la source organique de Y hématurie endémique de Vile de France.
11 en est probablement de même des autres hématuries par simple exhalation, dues à une affection générale ou à l'une de ces causes inconnues qui ont fait admettre des hémorrhagies essentielles.
Les formes que peut présenter la cystorrhagie ne varient que suivant ht quantité de sang expulsé hors de la vessie, c'est-à-dire suivant les caractères de l'urine sanguinolente.
DÉOF.NKKESGENCE LAKDACÊE.
Sun pronostic, routine pour toutes les hémorrhagies, est subordonné à la quantité de sang perdu, et surtout à la gravité plus ou moins grande de la maladie dont la perte de sang n'est qu'un symptôme (Voy. Hémorrhagies |par l'urètre] et Nkphrorrhagie).
DACTYLIUS ACULE ATTJS - — Voy. Entozoaires.
DANSE DE SAINT-GUY. — Voy. Chorée.
DARTRE, DARTRES. — J'ai rappelé, à propos de l artlu itis, que la dartre riait pour Bazin une maladie constitutionnelle à placer, par ses manifestations cutanées, à côté de la syphilis, de la scrofule et de Parthritis. A. Hardy (Nouv. JHct. <le médecine, art. Dartres, 1800) admet aussi que les dartres sont liées à un état constitutionnel particulier, mais il n'y fait entrer comme manifestations cutanées que l'eczéma, le lichen, le pityriasis et le psoriasis non syphilitique, tandis que Bazin croit que ces manifestations peuvent avoir une tout autre nature. En admettant la manière de voir de Hardy, on a une détermination symptomalique des affections dartreuses beaucoup plus nette , parce qu'elle se base, pour le diagnostic, sur des manifestations cutanées précises, auxquelles on a donné le duiiï iï lier /fétides (Voy. Arthritides, Eczéma, Lichen, Psoriasis, Pityriasis).
DÉCOLORATIONS. — Voy. Macules.
DÉCUBITUS. — Voy. Attitude.
DÉFAILLANCE. — Voy. Syncope.
DÉFÉCATION. — La défécation peut être douloureuse, facile, difficile ou impossible, volontaire ou involontaire, et l'on tire de ces différents signes des inductions pratiques utiles au diagnostic. La défécation est .douloureuse lorsqu'il existe une affection locale au niveau de l'anus, hémorrhoïdes enflammées, fissures, etc., lorsqu'il y a des selles dyssentériques, des épreintes, ou lorsque les matières fécales liquides et irritantes produisent des cuissons plus ou moins vives à l'anus. Quant à la défécation difficile ou involontaire, nous n'avons qu'à renvoyer aux mots Constipation et Paralysies locales.
DÉFLORATION. — Voy. Hymen.
DÉFORMATION. — Voy. Conformation.
DÉGÉNÉRESCENCE LARDACÉE. — Dé crite par la plupart des
pathologistes modernes sous les dénominations de dégénérescences cireuse, ou amyloïde, cette lésion anatomique a été qualifiée, comme anciennement, de lardacée par Wagner. Le tissu affecté ^t grisâtre, pale, demi-transparent à la coupe, ce qui résulte, suivant Virchow, d'une infiltration anomale par les «■orps amylacés normaux de l'économie qui s'y accumulent, ji'j. 26. Le point de départ parait être d'abord dans les parois des artérioles qui s'épaississent et se rétrécissent, puis les corpuscules s'infiltrent dans le parenchyme et y M an,y|n. forment quelquefois des masses notables, comme dans cii de grosseurs difféb prostate où ils constituent certaines concrétions. La rente». Ooeiqw»-uM «ooi
. ■ ' . ., . , . . . . hrisés. Grosissement 3.S0
teinture d'iode et 1 acide sulfunque produisent une reac- diamèire* (Viwbow, Potion bleue caractéristique sur le tissu lardacé. Wagner, ti>oiog. cellulaire). tout en reconnaissant la réalité de cette réaction, s'appuie sur deux analyses élémentaires, faites, l'une par Kékulé, et l'autre par G Scbmîdt qui démontrent pour lui que cette dégénérescence dépend d'une aatiére analog"** ;u,x substances albumineuses, et particulièrement riche en
>ll>le' it, cette lésion, qui s'observe plus fréquemment dans la rate,
kine, les reins,
« . v| en soit, cette lésion, qui s'observe plus fréquemment dans la raie, f,Z iL reins, et parfois dans d'autres organes, le poumon par exemple, — Dicl. de Dfog. 2' édit. 18
Ti\ hKLlKE.
n'a pas de signes i»i d'évolution appréciable bien connus pendant la vie. Le l'oie, la raie augmentent de volume sans modification de forme ; mais c'est là un signe complètement insuffisant. On ne pourrait que soupçonner la lésion, si, comme l'a avancé Wagner d'après quarante-huit autopsies, celle dégénérescence lardaeée se rencontrait presque toujours dans le cours d'affections accompagnées d'une suppuration prolongée des os ou des parties molles (ostéites, phtlusie pulmonaire, etc.), le plus souvent avec évacuation de pus au dehors (Arch. der UeUkuttde , 1801). Malgré ce travail, celui non moins important de Dickinson (Laiicet, 1800) el les relevés de Wilks el Grainger-Stewart , qui démontrent aussi que la suppuration prolongée et un état cachectique sont les conditions habituelles de la dégénérescence lardacée ou amvloïde, c'est un sujet dont le côté clinique n'est pas encore connu suffisamment pour que j'y insiste.
DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE. — Voy. Transformation ghaisseuse.
DÉGLUTITION. — Elle peut être difficile ou douloureuse dans le cours d'un certain nombre de maladies, ce qui constitue alors la dyspuagie. Souvent répétée sans être ni difficile ni douloureuse, la déglutition peut faire soupçonner la pénétration graduelle du sang d'une épistaxis dans le pharynx, el de là dans l'estomac, lorsque le malade est couché sur le dos el atteint d une maladie qui s'accompagne habituellement d'hémorrhagies nasales, comme dans la fièvre typhoïde. L'examen du pharynx tapissé de sang lève alors tous les doutes. La déglutition des liquides se faisant brusquement et avec bruit jusqu'à l'épigastre indique qu'il y a paralysie de l'œsophage.
DÉJECTIONS. — Voy. hiCALKs^Uéjeclions).
DÉLIRE. — 1° Caractères. — Le délire est un symptôme de forme trèsvariable qui constitue assez fréquemment l'élément principal du diagnostic, et qui, d'autre fois, est seulement accessoire, mais n'en constitue pas moins une donnée pratique importante. Envisagé d'une manière générale, le délire est très-difficile à bien définir, car on n'en donne pas une idée suffisante en disant simplement (pie c'est une perversion de l'entendement ou de l'intelligence. Ses nuances sont presque infinies. Tantôt, en effet, il ne consiste que dans l'incohérence des idées exprimées par le langage ou qui provoquent dans l'expression de la physionomie, dans l'attitude, dans les actes, des singularités ou des anomalies de l'exercice intellectuel dans 1 état de veille ; tantôt ce n'est qu'une fixité, d'idée fausse ou absurde, à laquelle le raisonnement d'autrui ne saurait faire renoncer, et qui résulte, soit d'une conception spontanée, soit d'une hallucination, soit d'une sensation réelle, mais mal interprétée (illusion); tantôt enfin le délire ne consiste que dans une exaltation générale de l'exercice intellectuel, exaltation plus ou moins énergique el parfois furieuse, comme le serait une colère continue.
Ces divers éléments du délire peuvent se manifester isolément ou se combiner entre eux pour constituer ses différentes formes : le délire furieux, dans lequel le malade s'agite, vocifère, injurie les personnes qui l'entourent, se jette hors de son lit, et court quelquefois se précipiter par la fenêtre s'il n'est pas contenu, ou malgré les moyens de contention à l'aide desquels on essaye de le retenir; le délire tranquille, au contraire, dans lequel il peut y avoir aussi de l'incohérence dans les idées, des conceptions délirantes, des hallucinations, mais sans agitation extérieure; le délire gui : le délire triste.
H ne faut pas oublier que ces diverses expressions du délire n'ont le plus souvent par elles-mêmes aucune valeur séméiologique particulière, et que par