DÉLIRE
conséquent, pour bien comprendre leur signification, ou doit tenir compte des circonstances accessoires ou concomitantes, de l'existence ou de l'absence de la fièvre, de l'état aigu ou de la chronicité du délire. C'est à ce point de vue que le délire toujours calme de l'inanition pourra être reconnu, surtout s'il est provoqué par des hallucinations (Becquet, Arch. de méd., 1800). C'est ce même délire d'inanition que Weber, de Londres, a décrit sous le titre do délire du collapsus dans les maladies aiguës ( The Lancet^ 1805). On a dénommé tymptomatique le délire qui est sous la dépendance d'une maladie dont il n'est qu'une simple manifestation, et idiopathique celui que l'on a considéré comme constituant par lui-même une maladie particulière : l'aliénation mentale. Celte double distinction du délire en symptoinatique et idiopathique est très-utile dans la pratique, mais elle a les inconvénients des divisions dont les limites de démarcation sont assez vagues, le cadre des délires idiopalhiques étant plus ou moins étendu ou restreint, suivant l'état de la science.
C'est à tort que l'on a voulu considérer le délire comme le centre d'un certain nombre de phénomènes secondaires placés sous sa dépendance, et qui ne sont que les signes de maladies concomitantes pouvant être elles-mêmes le point de départ du délire. La sécheresse de la muqueuse buccale ou l'aphonie qui résultent de la loquacité incessante due au délire ; la courbature ou les accidents traumatiques, tels qu'excoriations, plaies contuses, etc., qui suivent l'agitation musculaire, sont des conséquences secondaires et indirectes du délire qui méritent à peine d'être mentionnées.
^ Conditions pathologiques et signification. — Ce que je viens de dire de la distinction du délire en symptomatique et idiopatique soulève immédiatement la question de savoir comment on peut distinguer ces deux variétés»
Le délire symptomatique peut se présenter entouré de circonstances ou de particularités dont il faut principalement tenir compte pour diagnostiquer son point de départ. Ces éléments du diagnostic doivent être recherchés dans les affections du cerveau, des méninges cérébrales, dans les lésions des nerfs, dans les maladies des autres organes, et enfin dans le sang.
Une simple congestion cérébrale , et celle des méninges en particulier, peuvent produire le délire comme symptôme dominant, et c'est sur cette particularité que l'on a fondé la forme délirante de la congestion du cerveau. La calenture n'est autre chose qu'un délire de cette espèce, et il est probable que la plupart de ceux qui éclatent au début ou dans le cours d'une maladie aiguë fébrile ne reconnaissent pas d'autre cause. On a signalé le délire, joint a la stupeur et sans paralysie, au début de Yhémorrhagie méningée progressive des vieillards. Dans ces différents cas, il est ordinairement passager.
Le ramollissement du cerveau est également une cause de délire, qui a les mêmes caractères que celui de la congestion, suivant Durand-Fardel ; mais il ne constitue dans le ramollissement qu'un symptôme secondaire par rapport à la contracture et à la paralysie. Cependant il est signalé par Duraud-Fardel comme un très-bon signe du ramollissement cérébral des vieillards, lorsqu'il est tranquille et au'il marque l'invasion de la maladie (Traité des mal. des vieill., 1830). — Le délire a m»c tout autre importance dans la méningite aigué, où sa violence ininle \ relie des convulsions cloniques est un des principaux signes de la malad* 11 alterne avec la somnolence dans la méningite dite tuberculeuse. — Le
" . e peut être la conséquence d'une douleur rive et prolongée, résulmeme sig * d>mi nerf €omme on l'observe à la suite d'une opéra lion grave tant de la lesiu" , (délire nerveusaeDupuvtren).