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DÉLIRE

Dans les maladies localisées dans d'antres organes que l'appareil nerveux, et qni s'accompagnent d'un délire résultant d'une action réflexe, les phénomènes délirants sont un accident qni peut dépendre d'une douleur très-vive; ou bien le délire n'a pas de cause immédiate parfaitement déterminée, mais il pourrait être considéré, dans un certain nombre de maladies aiguës fébriles, comme l'effet d'une congestion cérébrale.

C'est surtout pour les maladies générales aiguës, comme les fièvres èruptives, la fièvre typhoïde de nos contrées et les autres pyrexies du cadre nosologique, typhus, fièvre jaune, fièvre puerpérale, etc., que cette explication principale du délire par la congestion cérébrale pourrait être admise {Voy. CONGESTIONS); je dis explication principale, car la congestion ne peut pas suftire dans beaucoup de circonstances pour motiver le délire, dans certains rhumatismes articulaires aigus, par exemple. Un simple délire tranquille, même lorsque le malade en a conscience, est, dans ce dernier cas, une complication souvent très-grave (Voy. RHUMATISME). Quoi qu'il en soit, c'est dans les affections générales aiguës, lorsqu'elles sont graves, que l'on voit le plus souvent éclater le délire symptomalique; et, dans ces différents cas, il peut être tellement prédominant que, si l'on n'examine pas attentivement le malade, on peut facilement croire à une lésion des centres nerveux. C'est ce qui avait trompé les anciens lorsqu'ils avaient créé la fièvre cérébrale.

En supposant qu'un délire observé comme signe prédominant ne puisse s'expliquer par l'existence des affections précédentes, il faudra se demander s'il n'y a pas une altération particulière du sang. Sans doute, cette manière de classer les maladies est tout artificielle, et je ne prétends pas dire qu'il n'y a pas altération du sang dans les maladies dont il a été question précédemment, comme dans les pyrexies et même dans les phlegmasies; mais dans les affections que je range ici en dernier lieu comme origines d'un délire symptomatique, l'altération du sang est rendue évidente par des particularités manifestes, telles que la diminution d'un ou de plusieurs de ses principes, l'absorption d'un poison rapide (empoisonnement) ou lent (intoxication). — Le délire peut, en effet, être la conséquence d'une diminution rapide et considérable de la proportion des globules du sang, comme on Je remarque dans certaines anémies. — Il se rencontre dans les empoisonnements par les narcotiques, les solanées vireuses et dans ceux où la douleur est excessive; dans les maladies virulentes aiguës, et entre autres dans la morve, où le délire alterne avec le coma. — Enfin, le délire est un «les symptômes les plus importants de certaines intoxications, puisqu'il constitue un mode particulier de manifestation de ces altérations du sang. Il est le phénomène séméiologique principal de Yalcoolisme chronique; Y intoxication saturnine, Yeryotisme, ont leur forme délirante, c'est-à-dire que le délire peut être leur manifestation principale aux yeux de l'observateur. 11 en est de même de Y intoxication paludéenne, dans laquelle la fièvre pernicieuse délirante est si importante à ne pas méconnaître.

Si, dans la recherche que je viens d'exposer, on en arrive h rejeter l'ensemble «le ces conditions du délire, il faut se poser la question d'un délire idiopalbique : d'une aliénation mentale.

On se gardera toujours de se hâter d'admettre l'existence de la folie, ceci soit dit pour les délires aigus ; car, pour ceux qui ont une marche chro)tique, il n'y a aucun doute sur l'existence de l'aliénation mentale, lorsque l'on constate Vapyrexie, l'absence de toute affection pouvant produire le délire comme symptôme, et lorsque la forme même «les troubles intellectuels met par ellemême sur la voit; du diagnostic, comme dans la lypémanie, certaines hallueina-

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