DENTS, DENTITION
lions, etc. {Voy. Folie). On pont aussi s'appuyer sur des données analogues pour distinguer le délire aigu symptomatique du délire aigu de la folie ; mais je dois rappeler que la fièvre peut accompagner ce dernier, et que. ce n'est parfois que la longue durée des troubles délirants qui peut alors éclairer sur leur véritable nature. Le délire des hystériques est une véritable folie momentanée, de même que le délire lixe observé quelquefois clans la convalescence de la fièvre typhoïde, et quelquefois dans le rhumatisme articulaire, où il est alors différent de celui que j'ai rappelé (plus haut à propos de cette même maladie (Mesnet, Arch. de méd., 1850, t. VII).
Si la signification du délire est une question ardue dans un grand nombre de cas, au point de vue du diagnostic proprement dit, sa signification pronostique n'est pas moins difficile à établir. Cette difficulté provient assez souvent de l'incertitude même de la condition organique qui produit le délire. La gravité ou la bénignité du pronostic, en effet, résultent uniquement de la condition pathologique qui suscile le délire, soit que cette condition constitue la maladie principale, soit qu'elle résulte d'une complication accidentelle. Par lui-même, le délire n'offre de danger qu'en raison des accidents que peut provoquer l'agitation du malade; ce qui le prouve, c'est qu'il n'est pas rare de voir des aliénés en perpétuel état de délire pendant des mois et des années, sans que leur santé générale paraisse en souffrir, et même, dans certains cas de folie incurable, avec une amélioration sensible des fonctions de nutrition.
DELIRIUM TREMENS. — Voy. Alcoolisme (p. 'M).
DÉMANGEAISONS. — Voy. Prurit.
DÉMENCE. — Voy. Folie.
DENTS, DENTITION. — Les dents sont le siège de signes ou de lésions que le médecin ne doit pas perdre de vue, comme les grincements de dénis, qui surviennent quelquefois pendant le sommeil en santé, mais qui peuvent aussi résulter de véritables convulsions (trismus), les douleurs névralgiques parfois périodiques dont la tête est le siège, et qui cessent après l'avulsion d'une dent cariée. Les dents participent aussi à la manifestation d'autres maladies. Elles peuvent être sèches, fuligineuses (état typhoïde), recouvertes d'une sorte de boue grisâtre (stomatite mercurielle), devenir mobiles dans leurs alvéoles et enfin tomber, comme on l'observe dans cette dernière affection, dans le scorbut, la gangrène de la bouche, la glycosurie, Yostéomakicie. D'une manière générale, mais non absolue, on peut admettre que des dents saines, fermes, d'un blanc mat et opaque, sont l'indice d'une bonne constitution, et au contraire que des dents facilement envahies parla carie, d'un blanc bleuâtre et comme opalin, annoncent une constitution débile. Ces derniers signes sont assez communs chez les scrofuleux et les rachitiques.
Mais un des points les plus importants que soulève l'étude des dents est celui de la dentition.
La première dentition, dont j'ai seulement à m'occuper, apparaît à un Age très-variable; ou peut, en résumant toutes les observations prises à ce sujel, fixer entre six et neuf mois, et pour préciser encore davantage, à l'âge de six mois et demi, l'époque à laquelle la première dent fait le plus généralement son apparition (Trousseau, Clin, méd., 02e leçon). Les dénis, suivant Trousseau, sortent par groupes a des temps et dans un ordre assez bien déterminés. Il admet cinq groupes successifs, qui comprennent : 1° les deux incisives médianes inférieures; 2° les incisives supérieures (les médianes d'abord); ;t° les deux incisives latérales inférieures, et les quatre premières molaires; 4" les quatre canines; .V les quatre secondes molaires, Ces vingt dents ont une évolu-
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lion totale de deux ans à deux ans et demi, des intervalles de repos existant entre chaque groupe.
Ces particularités sont importantes à connaître pour l'étude des accidents de la première dentition. Il est essentiel aussi de savoir que le racïntis retarde ou arrête manifestement l'évolution dentaire, et que la tuberculisation , selon Trousseau, auquel j'emprunte ces détails, a des effets opposés. Quoi qu'il en soit, une première remarque à faire à propos des accidents de la dentition, c'est qu'ils sont d'autant plus à craindre qu'on approche de l'évolution du quatrième groupe, c'est-à-dire de l'évolution des canines. Cela tient à la longueur de leurs racines et à l'évolution préalable des incisives et des premières molaires, entre lesquelles elles doivent se placer, dans des intervalles souvent trop étroits par suite du développement incomplet des mâchoires. — Aux accidents locaux de la première dentition se rapportent l'augmentation de la sécrétion salivaire, la rougeur consécutive des joues, le prurit des gencives, le mâchonnement, rarement une hémorrhagie légère (Billard), la stomatite, quelquefois des aphthes. La fluxion inflammatoire des gencives s'accompagne souvent d'un gonflement, constaté surtout au niveau des incisives supérieures, et qui est attribué fréquemment à tort, selon Trousseau, à la sortie prochaine de la dent. La fièvre, les éruptions diverses d'érythème ou de strophulus, l'insomnie, les réveils en sursaut, les frayeurs, les convulsions, les vomissements, la diarrhée, parfois la toux, sont les symptômes réflexes qui ont été observés. — Les maladies qui surviennent à l'époque de la dentition n'acquièrent pas, dans tous les cas, une plus grande gravité par le fait d'une évolution dentaire incomplète ou difficile, et une maladie aiguë antérieure n'apporte souvent aucun obstacle à celte évolution.
Avec de l'attention, il sera facile de ne pas confondre les convulsions résultant d'une dentition difficile avec celles d'une méningite.
DÉPÉRISSEMENT. — Voy. Amaigrissement.
DÉPLACEMENT. — J'ai signalé à propos de chaque organe les déplacements qu'il peut subir par le fait des maladies {Voy. aussi Déviations et Dilatations).
DERM ALGIE. — Une douleur plus ou moins vive de la peau, sans que les tissus cutanés présentent une altération matérielle, constitue la dermalgie. Le docteur Jolly, sous le nom de névralgies cutanées (Dict. de méd. en 15 vol., 1834), a particulièrement insisté sur ces douleurs superficielles; mais le travail de Beau, paru en 1841 dans les Archives, est le plus important qui ait été publié sur ce sujet. Cependant beaucoup de points restent obscurs dans l'étude de la dermalgie, dont les rapports avec les névralgies proprement dites n'ont pas été suffisamment recherchés, ainsi que Valleix l'a fait remarquer.
1° Caractères. — La dermalgie peut siéger dans tous les points de la peau de la tète, du tronc ou des membres, suivant Beau; rarement générale ou multiple, elle est limitée le plus ordinairement à une étendue qui varie de deux à dix centimètres carrés. La douleur, qui en constitue le symptôme essentiel, est spontanée ou provoquée. La douleur spontanée est elle-même fixe ou intermittente, comme dans les névralgies des troncs nerveux, et, sauf la direction des élancements, qui ne suivent pas le trajet connu des branches nerveuses, les caractères de la douleur fixe ou continue et de la douleur intermittente, ont la plus grande analogie de part et d'autre. On peut s'en convaincre en rapprochant la description que nous avons donnée ailleurs des douleurs de la névralgie, de celle des douleurs de la dermalgie telle que Beau l'a tracée. La douleur
DÉVIATIONS. — . DÉVIATIONS UTERINES. 270
provoqué oftVe ceci ilo remarquable dans la dermalgie que le plus léger contact, celui des vêtements, des doigts, même celui de la barbe d'une plume, est insupportable au malade, même si 1'épiderme est très-épais, comme au talon, par exemple; et si la partie est recouverte de poils ou de cheveux, il suffit de passer la main sur eux à distance de la peau, pour que celle-ci subisse une impression douloureuse; souvent la douleur est au contraire diminuée par une forte pression (Beau). Dans certains cas rares, il se joint à la douleur un mouvement fébrile manifeste; mais le plus souvent la dermalgie est apyrétique, elle dure un jour A deux semaines, disparait graduellement, et peut quelquefois gagner de proche en proche comme l'érysipèle ambulant; enfin les récidives sont fréquentes.
2* Conditions pathologique* et sign ificat ion. — L'important, une fois la dermalgie reconnue, est de remonter à sa cause et d'établir si elle est idiopathique ou symplomatique; mais avant tout il faut savoir si la dermalgie idiopathique existe réellement, et si elle n'est pas un simple signe d'une névralgie ordinaire des nerfs qui se distribuent à la région où siège la dermalgie. Pour cela, il faut rechercher s'il existe des points douloureux caractéristiques (Voy. Névralgies).
Les maladies qui donnent lieu à la dermalgie symplomatique sont, d'après Beau : Y intoxication saturnine, la myélite, qui fait apparaître les douleurs cutanées sur les membres inférieurs; Yhtjstérie, la syphilis et le rhumatisme {Voy. Hyper estiiésie).
DESQUAMATION. — Voy. Squames.
DÉVIATIONS. — Les seules déviations d'organe qui nécessitent un exposé particulier sont les déviations utérines et vertébrales; les autres ont été rappelées à propos des organes qui en peuvent être le siège.