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DÉVIATION» UTÉRINES

sous l'influence d'un effort musculaire quelconque, d'une chute, du cahot d'une voiture, et s' annonçant quelquefois par une douleur plus ou moins vive de tiraillement ou de craquement dans le bassin. C'est ce que prouvent encore : la cessation immédiate des accidents par le simple redressement de l'utérus reconnu dévié, qui a lieu quelquefois; la persistance des accidents de la déviation produite par les tumeurs péri-utérhies et les brides cicatricielles (trèsbien décrites par Rokilansky et Virchow, et que l'on ne reconnaît pendant la vie qu'à la résistance opposée par l'organe à son redressement); l'enclavement de l'utérus dévié, développé par une grossesse peu avancée, et donnant lieu à des symptômes graves (douleur excessive, rétention des urines et des fèces, inflammation locale, métro-péritonite), symptômes tantôt suivis de mort, tantôt cessant avec le redressement de l'organe à l'aide du levier obstétrical (Bleynie). Les faits de cette espèce (Voy. Gaz. hebdom. de méd.,185(>) autorisent à considérer aussi comme réellement pathologiques les déviations attribuées à l'augmentation de poids et de volume de l'utérus atteint i\e congestion ou d'inflammation, et favorisées par la laxité des ligaments de l'utérus et par la trop grande amplitude du vagin.

Mais si les déviations pathologiques accidentelles sont manifestes et reeonnaissables à leurs causes ou à leurs signes paticuliers chez un certain nombre de femmes, comment, en l'absence de ces causes ou de ces signes, reconnaître que l'on n'a pas affaire à des déviations congénitales ou physiologiques? S'il est aujourd'hui un fait incontestable et reconnu par une foule d'observateurs, c'est certainement l'existence de l'antéflexion de l'utérus comme condition anatomique normale chez le fœtus et le nouveau-né. Mais, avec les progrès de l'Age, que devient cette déviation physiologique congénitale, si commune à la naissance qu'on la rencontre sur la plupart des cadavres d'enfants nouveau-nés? que deviennent aussi les cas bien plus rares, mais bien constatés aussi, d'an téversion, de latéroversion, ou de latéroflexion, et enfin de rétroversion congénitales? C'est ce qui a été recherché par Aran à l'aide de trente-sept examens cadavériques (façons sur les maladies de l'utérus, 4800). Or, il résulte de ces faits : que l'antéflexion paraît être l'apanage de la jeunesse, surtout de la virginité, et que par conséquent on doit la considérer comme étant congénitale, du moins dans la plupart des cas; que cette anléflexion disparaît probablement après l'âge de vingt-sept ans environ; que les autres déviations se remarquent indifféremment à tous les âges, ce qui doit faire admettre qu'elles sont habituellement accidentelles, et enfin que la rétrollexion et la rétroversion non produites par des adhérences se rencontrent principalement, sinon toujours, chez des femmes qui ont eu des enfants.

Ces données précises sont très-importantes pour le diagnostic. Aran a fait en outre remarquer que l'utérus offre souvent, à partir de la vie intra-utérine, des inclinaisons latérales avec ou sans flexion du corps de l'organe, inclinaisons et inflexions qui sont, sinon produites, au moins entretenues par le raccourcissement du cordon sus- pubien correspondant à l'inflexion et à l'inclinaison. L'auteur conclut que l'on doit considérer comme physiologiques les arUéflexions, les obliquités et peut-être aussi les latéro flexions de l'utérus. De son côté, Valleix, qui admettait les déviations congénitales, considérait comme telles celles qu'il rencontrait chez les vierges, ou bien chez les femmes qui n'avaient pas eu d'enfants et très-peu de rapprochements sexuels.

Hesle à savoir, comme le dit lui-même Aran à propos des variétés de déviations congénitales qu'il a signalées, si la prolongation de ces déviations, et surtout de l'anléflexion au-delà de l'époque de la vie à laquelle elle constitue

DÉVIATIONS. — déviations utérin Ks. i&C>

presque un état normal, ne pourrait pas donner lieu à des accidents pathologiques, s'opposer à la sortie du sang menstruel, devenir une cause de stérilité. La chose lui parait possible, probable même, mais elle serait extrêmement rare. Il faudra donc tenir compte de la nature congénitale de la déviation, sans oublier que Valleix, consulté pour des faits de déviations qu'il a considérées comme congénitales, a fait évidemment disparaître les accidents par le traitement dirigé contre le déplacement seul, traitement dont au reste le mode importe ici fort peu en vue du résultat.

On a signalé comme complications des déviations les difficultés de V accouchement, la fréquence de la stérilité, Yavortement(1), et enfin Y engorgement de l'utérus, qui a été considéré tour à tour comme unique cause des accidents attribués aux déviations (E. Goupil), comme une complication insignifiante ou comme une complication très-importante des déviations utérines. Enfin, dans un cas exceptionnel de rétroversion, Grenser a vu le fond de l'utérus venir faire saillie hors de la vulve, par une rupture delà paroi postérieure du vagin.

Parmi ces diverses complications, nous signalerons Y engorgement utérin, dont on a singulièrement exagéré l'importance. Cela résulte d'un fait bien significatif : c'est que Valleix a vu disparaître les accidents locaux dès que l'utérus •-tait maintenu redressé, malgré l'engorgement persistant. Valleix admettait que l'engorgement seul, ou que la déviation seule, ne pouvait pas, dans la grande majorité des cas, produire les symptômes propres aux déplacements, tandis que leur réunion les déterminait presque à coup sûr (Guide du médecin praticien, 5e édit., t. V).

Ce que je viens de dire de l'engorgement, je pourrais le dire à certains égards <iu prolapsus de la matrice qui accompagne fréquemment les déviations, et auquel on a attribué aussi a tort les symptômes observés. On voit combien l'interprétation pratique des déviations utérines se complique, et combien sont nombreuses les difficultés d'un diagnostic complet. Cela paraîtra plus évident encore si je rappelle que certains observateurs ont attribué les améliorations ou lw guérisons des accidents observés, obtenues par le redressement momentané de l'utérus au moyen de la sonde, à un état névralgique de l'organe, qui céderait alors sous l'influence du contact irritant du cathéter porté jusqu'au fond de la cavité utérine.

Pronostic. — Le pronostic des déviations utérines n'est pas grave. Il arrive même quelquefois que des déviations très-prononcées, mais sans complications, ne donnent lieu à aucun trouble fonctionnel. Mais que l'on se rappelle la longue série de symptômes sérieux que les déviations peuvent provoquer, que. auvent il en résulte, pour les femmes qui en sont atteintes, l'impossibilité de aiarcher facilement et de vaquer à leurs occupations pendant un temps parfois indéfini, si Ton ne s'occupe sérieusement de les traiter, et on ne les considérera ^s comme des lésions insignifiantes. La grossesse et l'accouchement ont une mfluenee réelle sur le pronostic des déviations utérines. La rétroversion avec nclavement dans le cours de la grossesse est suivie de mort si elle n'est pas rwluite. Valleix croyait plutôt à une influence nuisible des grossesses, et n'admettait comme exceptions à cette règle générale que de simples améliorations, («pendant d'autres observateurs ont constaté des guérisons complètes après ne nouvelle grossesse. Il résulte des faits de guérison observés, que les déviations eu avant guérissent moins facilement que les autres. Quant aux déviations qui s'accompagnent d'adhérences péritonéales, dont l'existence est constatée par le cathétérisine, on doit regarder ces faits comme incurables, et éviter avec -mi l'emploi de tout moyen mécanique de redressement. Ce n'est que dans des

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