DÉVIATIONS. — DÉVIATIONS VERTÉBRALES
cas très-exceptionnels que l'on a vu la mort survenir par le fait d'une déviation de l'utérus.
D. Déviations vertébrales.
Je comprends sous ce titre les diverses courbures du rachis, auxquelles on a donné les noms de cyphoses (inflexions ou incurvations antérieures), de lordoses (inflexions postérieures), et de scolioses (inflexions latérales). Les points importants qu'elles oiïrent à examiner sous le rapport du diagnostic sont relatifs : i° aux conditions physiologiques et pathologiques dans lesquelles se montrent ces déviations, conditions si bien exposées par Bouvier dans ses Leçons cliniques sur les maladies de l'appareil locomoteur (1858); 2° aux conséquences de ces déformations au point de vue de la pathologie et de la séméiologie.
A. Cyphose. — La cyphose physiologique, appelée aussi voussure, dos voûté, et dépendant d'une faiblesse de la constitution et de positions habituelles vicieuses, ne doit pas être confondue avec les cyphoses d'origine pathologique. Celles-ci sont dues à une souffrance viscérale habituelle, même légère, au rachitisme chez les jeunes enfants, à des contractures des muscles de la partie antérieure du col ou du tronc, et an rhumatisme musculaire ou articulaire, qui agit tantôt a la manière des contractures, tantôt en déterminant des attitudes qui sont prises par le malade pour éviter la douleur produite par la contraction des muscles ou les mouvements des jointures du rachis.
Le plus souvent, il est facile de distinguer les cyphoses dont il vient d'être question, de celles produites par le mal vertébral ou mal de Pott. Dans la plupart des cas de mal de Pott, en effet, la saillie du rachis n'est pas uniforme, mais en pointe, au niveau d'une apophyse épineuse; celte saillie apparaît d'emblée, ou ri Von fait courber le malade en avant; de plus, lorsqu'on soulève un enfant aflecté de mal vertébral : en général il crie et s'agite, il y a peu ou pas de souplesse du tronc. Il y a habituellement de {'oppression, une douleur epigastrique, de la paralysie, des abcès par congestion. Cependant la confusion est quelquefois possible lorsque les signes les plus caractéristiques du mal de Pott font défaut.
La cyphose n'a sur les organes intra-thoraciques aucune influence pathologique qui mérite d'être mentionnée. Elle a seulement pour conséquences de raccourcir le tronc et de refouler le sternum en avant.
IL Lordose. — Cette incurvation du rachis en arrière s'observe principalement aux lombes, où elle n'est que l'exagération de la courbure naturelle de cette région. Comme déformation physiologique, elle résulte d'une disposition originelle ou d'un excès de contraction habituelle des muscles sacro-spinaux, comme on le voit che* les marchandes ambulantes chargées d'un éventaire, et temporairement pendant la grossesse ; cependant, lorsqu'elle s'est répétée, la lordose de la grossesse peut amener aussi une vraie difformité permanente.
La cause des lordoses symptomatiques cervicale, lombaire ou même dorsale, doit être cherchée dans des cicatrices vicieuses, des contractures aiguës, des paralysies, ou des courbures de compensation. La paralysie des muscles abdominaux, principaux fléchisseurs du rachis, produit indirectement une lordose lombaire très-remarquable avec ensellurc caractéristique (Ducbenne). Le même observateur a signalé aussi la lordose lombaire comme résultant de la paralysie des muscles sacro -lombaires. Dans ce dernier cas, la nécessité où se trouve le malade de tenir le haut du tronc en arrière pour éviter sa chute en avant, fait que la lordose a lieu sans ensellure, les fesses étant portées en avant avec le bassin.
La lordose franche a pour conséquence la saillie très-prononcée du ventre eu