‹ Dictionnaire de droit administratif et de droit public (volume 2)Chapitre 174 sur 184 · ÉPICTÈTE, II · texte numérisé non relu

ÉPICTÈTE, II

Nous ne devons pas, ajoute-t-il, vouloir aux autres hommes ce que nous ne voulons pas pour nous-mêmes. Or, nul ne veut être esclave ; pourquoi donc se servir des autres comme d'esclaves (5)?

Les jurisconsultes romains qui, la plupart, étaient nourris des doctrines du Portique, s'accordaient avec les philosophes pour condamner le principe même de l'tssclavage. Ce sentiment de réprobation s'est manifesté ouvertement au ni* siècle, époque la plus brillante de la jurisprudence classique, l'n esprit nouveau s'était introduit dans les lois, et la rigueur de l'ancien jui civile faisait place aux conceptions plus humaines du jus gcntium. Ulpien, qui tlorissait vers l'an 2rjO, enseignait, sans ambages, que par le droit naturel tous les hommes naissent libres, qu'en droit naturel tous les hommes sont égaux (l)ig., liv. I, tit. I, fr. 4, et llv. L, tit. XVII, fr. 32).

Il y a donc eu. depuis le temps où vivait Aristote jusqu'aux stoïciens, un courant d'idées constamment favorable au développement du principe de l'égalité. Mais c« mouvement ne pouvait aboutir à une réforme sociale tant que l'empire romain restait debout. Il n'a fallu rien moins que l'invasion des races germaniques pour transformer les conditions économiques du travail, pour habituer le monde romain à l'idée de l'égalité civile de tous les hommes, et pour introduire enfin cette idée dans les mœurs et dans les lois.

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