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LE DEUXIÈME CONCILE DE NICÉE

32. Au vnie siècle de notre ère, l'empire byzantin était dévoré par la plaie du monachisme. Des légions de dévots désertaient les travaux de l'agriculture, le service des armées, les labeurs de l'industrie, pour prendre l'habit de moine. L'État devenait un vaste monastère; la population diminuait rapidement, et le fisc voyait ses recettes décroître chaque année par la diminution du travail et par les immunités accordées aux églises et aux couvents (1).

Une réforme radicale était nécessaire.

Elle fut accomplie par Léon III et par ses successeurs, les empereurs iconoclastes. On promulgua deux Codes, un Code rural et un Gode civil, dont le texte a été retrouvé, il y a quarante ans, par Edouard Zacharise.

L'instruction publique fut enlevée au clergé, le servage aboli, la tolérance religieuse proclamée dans la mesure de ce qui était alors possible (2).

Un Concile, qui fut convoqué à Constantinople en l'an 754 par l'empereur Constantin Gopronyme, condamna, malgré l'opposition de la Cour de Rome, le culte des images, interdit l'usage des reliques et réduisit le nombre des couvents.

33. L'impératrice Irène restaura le culte des icônes et, pour sanctionner sa réconciliation avec Rome, elle assembla à Nicée, en 787, un Concile auquel assistèrent les légats du pape Adrien Ier et qui est le VIIe Concile œcuménique d'après les Latins.

Ce synode rejeta, dans sa sixième séance, le synode iconoclaste de 754*, en donnant pour motif qu'il n'avait pas eu le Pape de Rome pour coopérateur (ovx i<jyz o-uvspyov tov t&jv R&>p.ai6>v 7ra7rav) (3).

La constitution de l'Église demeurait donc, au vme siècle, telle qu'elle était dans les siècles précédents. Le pouvoir de statuer sur les grandes questions qui intéressaient la

(1) Voy. l'article Propriété ecclésiastique.

(2) Paparrigopoulo, Histoire de la civilisation hellénique, chap. IV, Paris, 1878, Hachette; Burnoup, la Civilisation hellénique {Revue des Deux Mondes, 1er mai 1878).

(8) Hardouin, Collection des Conciles, IV, 327.

chrétienté était exercé par l'assemblée plénière des évoques réunis sur l'ordre de l'empereur de Byzance. Mais comme les Conciles célébrés en Orient se composaient uniquement de prélats orientaux, leurs décisions ne liaient l'Église universelle que quand le patriarche de Rome y avait adhéré en ratifiant les votes émis par ses légats. Enfin les décisions conciliaires devaient, pour acquérir force de loi, recevoir la sanction de l'empereur, considéré comme l'évêque extérieur ou chef temporel de l'Église.

C'est par la coopération de ces trois facteurs que s'exerçait la souveraineté ecclésiastique.

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