‹ Dictionnaire de droit administratif et de droit publicChapitre 78 sur 158 · T. III · texte numérisé non relu

T. III

Allemagne un immense retentissement et déterminèrent un véritable schisme.

L'empereur Joseph II s'éprit des idées de Febronius et introduisit dans ses États une quantité de réformes qui avaient pour objet de les soustraire complètement à la juridiction papale et de constituer une Église nationale autrichienne.

Citons la plus importante de ces réformes. Joseph II, voulant façonner un clergé dévoué à ses innovations, créa en 1786 un séminaire général à Louvain et un séminaire filial à Luxembourg. Tous les jeunes clercs aspirant à la prêtrise devaient désormais étudier la théologie dans l'un de ces deux établissements. Les séminaires épiscopaux furent supprimés en ce sens qu'il n'était plus désormais permis d'y enseigner la théologie.

Ce projet ne reçut qu'un commencement d'exécution et fut balayé, comme la plupart des innovations de Joseph II, par la révolution brabançonne.

Le roi des Pays-Bas le reprit en sousœuvre, et décida, par son arrêté du 14 juin 1825, qu'il serait créé, dans l'une des Universités du royaume, un collège philosophique pour les jeunes gens du culte catholique romain qui se destinaient à l'État ecclésiastique.

La révolution de 1830 a fait avorter ce nouveau projet, et aujourd'hui l'éducation des clercs se fait dans des séminaires qui sont dirigés exclusivement par les évêques, sous l'autorité delà Cour de Rome.

61. Les traditions jansénistes se sont maintenues en France pendant tout le xvme siècle. Elles ont inspiré le décret que l'Assemblée constituante rendit,, le 12 juillet 1790, sous le nom de constitution civile du clergé, et qui avait pour objet de restaurer l'ancienne discipline de l'Église chrétienne.

Les points fondamentaux de cette réforme étaient :

A. La circonscription des diocèses par l'autorité civile, sans la participation du Pape;

B. L'élection des évêques et des curés;

C. L'institution canonique des évêques par les métropolitains, à l'exclusion du Pape.

Cette tentative maladroite, qui ne tenait aucun compte des faits accomplis et des changements qu'avait opérés dans l'Église l'action lente du temps, échoua complètement et eut pour résultat de précipiter la

ruine de l'ancienne Église gallicane. Voyez l'article Liberté de conscience, n° 73.

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