CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE — 212 — CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE
ceux qui leur sont opposés, justifient les mesures prises, etc.; tes lettres, qui ont le plus souvent le même objet que les notes, dont elles ne diffèrent que par la forme, mais qui servent à un bien plus
frand nombre de fins, telles que demandas 'audience, de passe-ports, etc. (Voir ME- MOIRES, NOTES, LETTRES DIPLOMA- TIQUES).
Dans la seconde classe sont compris les rapports ou lettres officielles que le diplomate en fonction adresse au gouvernement dont il est agent, ainsi que celles qu'il en reçoit; et les dépêches, par lesquelles l'agent transmet ces rapports, ainsi que toutes les informations à sa portée. (Voir RAPPORTS, DEPECUES.)
La correspondance diplomatique embrasse aussi les relations officielles du ministère des afi^aires étrangères avec les membres du corps diplomatique et du corps consulaire, avec le chef de l'Etat, ses ministres et les fonctionnaires de tout rang; avec les chefs d'autres Etats et leurs ministres des affaires étrangères; enfin avec de simples particuliers.
On ne saurait établir des règles fixes pour la rédaction des différentes pièces que nous venons de mentionner. Que l'écrivain s'exprime à la première ou à la troisième personne, qu'il emploie certaines locutions propres au ^enre de composition qu'il rédige, certaines formules convenues plutôt que d'autres, le fond reste invariablement le même, c'està-dire que dans tous les cas il s'agit de transmettre les communications d'un
Ï gouvernement à un autre; c'est donc là e but qu'il ne faut pas perdre de vue et qu'on doit s'attacher a atteindre le plus exactement possible.
Néanmoins, comme il y a des rapports de supériorité, d'égalité ou d'infériorité à ménager, des principes usuels de courtoisie à observer, certaines formes sont presque indispensables.
Pour exprimer la considération dans la forme ae la correspondance épistolaire, plusieurs points existent dont on a à tenir compte, savoir l'inscription, le traitement, la courtoisie, la souscription, la date, la réclame, et la suscription.
L'inscription sert à désigner le titre de la personne à laquelle on écrit, si elle en a un, comme Sire, Monseigneur, Monsieur le ministre. Monsieur le comte, etc. ; et simplement Monsieur, s'il n'y a aucune qualité à ajouter. Elle se met en vedette, c est-à-dire détachée du corps de la lettre; en ligne, c'est-à-dire au commencement de la première ligne; dans la
ligne, c'est-à-dire placée après quelques mots commençant la lettre.
L'inscription en vedette est la seule forme respectueuse : elle a toujours lieu ainsi dans la correspondance ordinaire.
Lorsqu'un chef d'Etat écrit à d'autres chefs d'Etat, l'inscription est toujours en ligne : ^uand il écrit à des princes nonsouverains ou à des personnages importants, l'inscription est souvent dans la ligne.
Le traitement consiste à donner à la personne à laquelle on écrit la qualité qui convient à son rang, à sa dignité, à sa naissance : ainsi on donne la Majesté aux empereurs et aux rois, V Altesse aux princes, la Sainteté au Pape, VEminence aux cardinaux, V Excellence à de hauts fonctionnaires, etc.
La courtoisie est le compliment, contenant l'expression des assurances de considération, de respect, d'attachement, de reconnaissance, etc., qui se met à Iti fin des lettres. Il n'y a pas de formule absolue sur ce point.
La souscription, c'est la signature.
Quand on place la souscription au-dessous de la formule : Votre très-humble et obéissant serviteur, on dit qu'on écrit en dépêche; la souscription en dépêche a lieu dans les circonstances d'apparat, ou lorsqu'on s'adresse à des personnes auxquelles les convenances hiérarchiques ou sociales ne permettent pas d'écrire autrement.
Lorsqu'on place la souscription au-dessous de la formule : Veuillez agréer rassurance de ma considération, ou d'une autre formule analogue, ou lorsqu'on adresse un simple avis sans signature, à la troisième personne, on dit qu'on écrit en biUet. La souscription en billet a lieu dans la correspondance courante.
La date est renonciation indiquant le temps et le lieu où la lettre a été écrite. Elle peut se placer au haut de la lettre, ou bien à la nn, vis-à-vis de la signature ; dans cette dernière position elle marque plus do déférence.
On appelle réclame l'indication, placée au bas de la première page, du nom et de la qualité de la personne à laquelle on écrit. Elle a pour but de faire éviter les méprises dans les expéditions.
La suscrîption est lénonciatîon de l'adresse : c'est la reproduction de la réclame sur l'enveloppe de la lettre :
elle doit être conforme à la réclame pour les titres et les qualités.
La correspondance diplomatique doit demeurer confidentielle et secrète, tout au moins entre les mains des ministres