TOME 1er
voulut encore donner à sa doctrine une base plus solide, en rappelant la ll^e de conduite tenue par le cabinet de Washington lors des troubles qui avaient occasionné l'intervention étrangère en Espagne. „ Ainsi, dit-il, la politique que nous avons adoptée à l'égard de l\EIurope dès le commencement même des guerres qui ont si longtemps agité cette partie du globe, est toujours restée la même : elle consiste à ne ne jamais nous interposer dans les affaires intérieures d'aucune des puissances de l'ancien monde; à considérer le gouvernement de fait comme gouvernement légitime relativement à nous; à établir avec ce gouvernement des relations amicales et à les conserver par une politiaue franche, ferme et courageuse, en admettant sans distinction les justes réclamations de toutes les puissances et en ne souffrant les injures d'aucune. Mais lorsqu'il s'agit de notre continent, les choses changent tout à fait de face, car si les puissances alliées voulaient faire prévaloir leur système politique dans l'une ou l'autre partie de l'Amérique, elle ne le pourraient pas sans qull en résultât un danger imminent pour notre bonheur et notre tranquillité; aucune d'elles, d'ailleurs, ne peut croire que nos frères du Sud l'adopteraient de leur propre gré, si on les abandonnait à eux-mêmes. Il nous serait également impossible de demeurer spectateurs indifférents de cette intervention, sous quelque forme ou'elle eût lieu. Si nous envisageons la torce et les ressources de l'Espagne et des nouveaux gouvernements de FAimérique, ainsi aœ la distance qui les sépare, il est éviaent que l'Espagne ne pourra jamais parvenir à les soumettre. La véritable politique des Etats- Unis est toujours de laisser à elles-mêmes les parties conteniiantes, dans FespQir que les autres puissances suivront le même système.^
Les principes ainsi émis par le président Monroe n*ont jamais reçu une sanction expresse; si les Etats-Unis s'en sont souvent inspirés dans tel ou tel acte de leur politique étrangère^ ils ne les ont jamais rendus légalement obligatoires par un vote législatif formel : c'est ce qui a toujours empêché d'attribuer le caractère de loi aux maximes de Monroe et leur a fait conserver le simple titre de doctrine.
C'est bien gratuitement et en la détournant de son sens propre et naturel que l'on a représente cette doctrine comme impliauant un divorce complet et absolu entre le continent européen et le