‹ Dictionnaire de l'administration française (volume 2)Chapitre 1194 sur 2791 · VIII. COURS DIVERS · texte numérisé non relu

VIII. COURS DIVERS

CHAP. I. — INTRODUCTION

1 . L’enseignement agricole est relativement nouveau en France j son organisation date de 1848. Cependant, il est juste de mentionner que l’initiative privée avait précédé l’action gouvernementale dans cette voie. Dès 1818, un homme vénéré par les agriculteurs, Mathieu de Dombasle, avait fondé à Roville le premier établissement d’instruction agricole qu’ait possédé la France. Cet exemple fut bientôt suivi, et d’autres institutions, inspirées par l’école de Roville, ne tardèrent pas à s’élever. Elles constituaient un enseignement d’un ordre élevé, destiné aux propriétaires ruraux, aux chefs d’exploitations agricoles ou régisseurs de grands domaines. Le personnel inférieur de l’agriculture trouva, de son côté, dans les fermes-écoles, l’instruction pratique qui lui était nécessaire. L’État vint en aide à ces divers établissements au moyen de subventions qui étaient applicables aux frais de renseignement et à l’entretien d’un plus ou moins grand nombre d’élèves boursiers.

A la veille de la présentation de la loi du 3 octobre 1848, qui a donné une existence légale à l’enseignement profe.ssionnel de l’agriculture, on comptait en France 25 fermes-écoles et 2 instituts, ceux de Grignon et de Grand-Jouan :

2. L’enseignement professionnel de l’agriculture, tel que l’organisait la loi du 3 octobre 1848, se divisait en trois degrés de plus en plus élevés ; il comprenait:

Au premier degré, les fermes-écoles ;

Au deuxième degré, les écoles régionales ;

Au troisième degré, un institut national agronomique, qui devait être en quelque sorte l’École normale supérieure de l’agiiculture.

3. Un décret du 14 septembre 1852, en supprimant l’Institut national agronomique, n’avait plus laissé subsister que les fermes-écoles et les éeoles régionales.

Cette situation persista jusqu’au lendemain des événements de 1870-1871, époque à partir de laquelle les efforts de l’adminii-tration se multiplièrent pour organiser d’une façon plus large et plus rationnelle l’enseignement agricole.

C’est ainsi qu’en dehors d’un arrêté du 29 janvier 1874 qui créa à Versailles une École nationale d’horticulture, les lois des 3 juillet 1875 et 16 juin 1879 organisèrent pour la première fois les écoles pratiques d’agriculture et les chaires départementales d’agriculture, tandis que la loi du 9 août 1876 rouvrait les poites de

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iMnstitnt national agronomique, rétabli sur les bases les plus sérieuses. Kn outre, la loi du 28 mars 1882 rendait obligatoire renseignement agricole dans les écoles primaires 5 d’autre part, un airélé du II août 1885 instituait un comité chargé de diriger et de coordonner les travaux des stalions agronomiques [votj. ce mot), à côté desquelles avaient été créés des champs d’expériences et de démonstration dont le rôle respectif a été défini par la circulaire du 24 décembre 1885.

En résumé, à l’heure actuelle, l’enseignement agricole proprement dit est divisé en quatre degrés.

Au premier degré, les fermes-écoles ou écoles d’apprentissage agricole, dont le nombre diminue et (jui tendent de plus en plus à se transformer, soit en écoles pratiques, d’un degré supérieur, soit en écoles d’apprenlissage plus spéciales, fromagerie-école, viticulture-école, horticultureécole, etc., suivant la production de la région. En tout, 30.

Au second degré, les écoles pratiques d’agriculture, dont l’instruction commence à être théorique quoique toujours pratique (23).

Au troisième degré, les écoles nationales (anciennes régionales), au nombre de 3, où le temps est partagé entre la théorie et la pratique.

Au quatrième degré, l’Institut national agronomique, qui constitue le couronnement du système.

A titre auxiliaire et comme moyen de diffusion de renseignement agricole, il faut placer au premier rang les chaires départementales d’agriculture et les champs de démonstration, puis une série de cours divers d’agriculture ou de chimie agricole dans quelques facultés, lycées, collèges et écoles primaires supérieures.

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