CHAP. V. — INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE
39. La loi du 9 août 1876 a rétabli, à Paris, l’Institut national agronomique sur de larges bases en vue de donner l’enseignement scientifique de r agriculture et de créer un personnel en état d’imprimer une nouvelle et puissante impulsion à l’agi iculture française. L'enseignement, qui doit être confié aux maîtres les plus compétents, comprend : la technologie agricole, la zoologie, l’agriculture générale, le génie et l’économie rurales, la viticulture, la sylviculture, la physique et la chimie, la zootechnie, la mécanique, la minéralogie, la législation, etc. Des laboratoires spéciaux pour recherches scientifiques installés à l’Institut et une ferme d’application à Joinville complètent cet ensemble de haut enseignement.
De 1877 à 1889, l’Institut a été installé dans une partie des bâtiments du Conservatoire des Arts et Métiers. Mais un crédit de 800,000 fr. voté en 1888 a permis d’élever sur l’emplacement de l’ancienne École de phaïunacie un vaste bâtiment avec annexes où les élèves de première année ont été installés à la fin de 1889. Ceux de deuxième année l’ont été en octobre 1890, et l’inauguration officielle de riiistitut national agronomique a eu lieu le 2 novembre suivant par M. le Président de la République.
40. Le personnel enseignant compte : 21 professeurs, 7 maîtres de conférences, 4 chefs de travaux et 17 répétiteurs. Les dépenses sont à la charge de l’État.
41. Les élèves, au nombre de 120 environ, sont en majorité Français. Ils sont tous externes. On compte en outre 25 auditeurs libres. En 1890 la nouvelle installation a permis de recevoir 75 •élèves, ce qui portera pour la première fois le nombre total des élèves à 150 en 1891. Le prix de l'externat est de 500 fr. L’admission a lieu au concours. Les candidats doivent justitier qu’ils ont 17 ans révolus au mois de janvier de l’année où ils se piésentent. La durée des études est de 2 ans après lesquels est fait, pour les élèves diplômés, le stage d’application d’un an. L’État accorde avec rémission des frais d’études 4 bourses de 1,000 fr. et 2 demi-bourses par chaque année, plus 10 rémissions de frais d’études seulement, ainsi que deux indemnités pour stage de 1,200 fr. Enfin deux bourses de voyages de 2,400 fr. chacune sont attribuées aux deux élèves sortis les premiers, pour leur permettre d’achever à l’étranger leurs études agricoles.
42. Les élèves de l’Institut national agronomique étaient régis, jusqu’en 1 889, par les lois de
1872 et 1873 relatives au service militaire, mais la loi du 15 juillet 1889 sur le recrutement de l'armée [art. 23) ne les soumet qu’à un an de présence sous les drapeaux dans les conditions suivantes, déterminées par le décret du 15 juillet 1889 : s’ils sont compris dans les 60 élèves français classés à la sortie en tête de la liste de mérite, pourvu qu’ils aient obtenu, pour l’ensemble de leurs études, 70 p. 100 au moins du total maximum des points.
43. En dehors de ceux qui se consacrent directement à l’agriculture, soit comme propriétaires, soit comme chefs d’exploitation de gi*ands domaines en France ou à l’etranger, les élèves de l’Institut peuvent devenir fonctionnaires supérieurs de renseignement agricole, inspecteurs, professeurs départementaux ou directeurs d’écoles pratiques, directeurs de stations agronomiques. L’industrie privée en emploie également un certain nombre pour diriger les laboratoires des distilleries et des féculeries. Enfin, le décret du janvier 1888 a ouvert un nouveau et important débouché aux élèves diplômés de l’Institut agronomique. On sait qu’aux termes de cette décision, 10 places leur sont données chaque année à l’École forestière nationale. En effet, le décret du 9 janvier 1888 stipule que dorénavant les élèves de ladite école se recruteront parmi les élèves de l’Institut, au nombre de 10, 2 places restant réservées à deux élèves de l’École polytechnique. Le programme de l’École forestière a été pour cette raison légèrement modifié.