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CHAP. VI. — CHAIRES DEPARTEMENTALES D’AGRICULTURE

44. Dans le but de faciliter la diffusion des connaissances agricoles, il a créé des chaires départementales d’agriculture, dont les titulaires faisaient à la fois un cours aux élèves des écoles normales primaires des départements, et des conférences aux cultivateurs dans les campagnes.

Ce genre d’enseignement répondait à un besoin ressenti depuis longtemps. La loi du 15 mars 1850 avait institué, dans quelques écoles normales, pépinières des futurs instituteurs communaux, des cours de culture horticole et maraîchère. Mais ce n’est qu’en 1867 qu’un décret du 12 février établit une commission chargée d’étudier les mesures nécessaires pour développer les connaissances agricoles dans les écoles normales primaires et aussi dans les écoles communales. Les résultats obtenus furent incomplets. Ce n’est qu’en 1874 qu’une commission spéciale réglementa , pour la première fois , les attributions des chaires départementales d’agriculture telles que nous les avons définies plus haut. Elles s’élevaient déjà au nombre de 30 en 1879. Une sanction manquait toutefois à leur développement, c’était la sanction législative.

45. Cette lacune a été comblée par la loi du 16 juin 1879 dont l’art. 1®*^ rendait obligatoire, dans un délai maximum de 6 ans, l’établissement dans chaque département d’une chaire d’agriculture. Cette loi a pour but de constituer définitivement en France et en Algérie renseignement départemental et aussi communal de l’agriculture, en créant, à l’aide des cours de l’école normale et des conférences (où pouvaient se rcndie

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les instituteurs de toute origine), de véritables moniteurs chargés d’enseigner à leur tour l'agriculture à leurs éléves. Les conseils départementaux de l’instruction publique pouvaient, d’ailleurs, aux termes de la loi de 1879, décider l’obligation de l’enseignement agricole dans les écoles primaires de leur département lorsque les chaires d’agriculture comptaient trois ans de fonctionnement, ftiais la loi du 28 mars 1882 sur l’enseignement primaire obligatoire est venue apporter une véritable sanction en classant les éléments des sciences naturelles, physiques, mathématiques, dans leurs applications à l’agriculture, au nombre des connaissances obligatoires.

46. A l’heure actuelle, on compte 84 chaires départementales dont 3 en Algérie. Les titulaires .sont nommés à la suite d’un concours. Ils adressent chaque année à l’administration un compte rendu de leurs conférences et un projet du programme de leurs cours à l’école normale.

CHAP. vu. — CHAMPS DE DÉMONSTRATION ET D’EXPÉRIENCES.

47. Depuis longtemps, un certain nombre de directeurs de stations agronomiques, dont on ne parlera ici que pour mémoire [voy. Stations agronomiques) et de professeurs départementaux d’agriculture avaient créé à coté de leur laboratoire ou dans des parcelles mises à leur disposition des champs d’expériences destinés à l’étude et à la recherche des améliorations de toute sorte à apporter à la culture, quelquefois douteuses et inconnues. De là certains insuccès dont la portée s’exagérait chez les cultivateurs qui en étaient témoins. Les champs de démonstration institués depuis quelques années, et dont le rôle et le fonctionnement ont été définis par la circulaire du 24 décembre 1885, ont pour but de remédier à cet inconvénient en vulgarisant seulement les résultats acquis et les faits scientifiquement constatés. C’est un exemple et une véritable leçon de choses pour le cultivateur. Leur succès a été considérable, conseils généraux, municipaux, particuliers, contribuèrent à ces cours d’enseignement pratique. Un crédit de 100,000 fr. est inscrit à cet effet au budget du ministère de l’agriculture.

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