‹ Dictionnaire de l'administration française (volume 2)Chapitre 1342 sur 2791 · Les arbres de limite et les arbres à réserver · texte numérisé non relu

Les arbres de limite et les arbres à réserver

sont marqués du marteau de l’Etat, savoir : les arbres de limite, à la hauteur d’un mètre ; les baliveaux de l’âge à la patte ; les modernes, de deux marques à la racine, sur deux blanchis rapprochés l’un de l’autre; les anciens, d’une seule marque à la racine. 10. régi., art. 79; Cire. 26 nov. 1823, 91.)

Les baliveaux de l’âge peuvent être désignés par un simple griffage ou toute autre marque autorisée par l’administration, lorsqu’ils sont trop faibles pour recevoir l’empreinte du marteau de l’Etat. [O. régi., art. 79.)

68. Dans les futaies, qui s’exploitent ordinairement par volume, les coupes sont presque toutes marquées en délivrance. Telles sont celles qui sont connues sous la dénomination de coupes de régénération. Comme, dans les coupes de cette nature, le nombre des- sujets à conserver est ordinairement plus grand que celui des sujets à exploiter, la marque en délivrance est plus commode et plus expéditive que l’autre. Chacun des arbres abandonnés, destinés à l’exploitation, est frappé du marteau de l'État sur deux points, au corps et à la racine, de manière que, la marque à la racine subsistant après Eabatage, on puisse constater que tous les arbres coupés l’ont été régulièrement (O. régi., art. 80 ; Circ.2^)nov. 1823, ar^. 9 1 ). Il y a des coupes dans lesquelles les sujets à réserver se distinguent des autres par des caractères naturels bien tranchés, tels que l'essence, l’âge, etc. On peut alors se di.spenser d’employer le marteau pour la désignation des bois à exploiter ou à respecter. Ainsi, par exemple, dans les coupes definitives où les bois à couper consistent en gros arbres, tandis que ceux à réserver se composent de très jeunes brins, on peut se Imruer à prescrire la réserve de tous les sujets dont la grosseur n’atteindrait pas une mesure déterminée.

69. La marque des coupes de nettoiement ou d’éclaircie se fait tantôt en réserve, tantôt en délivrance, suivant l’état de consistance du peuplement. Cependant la marque en réserve étant de i'ègle générale, l’autre doit être autorisée spécialement par l’administration. Les peuplements nettoyés ou éclaircis au marteau sont, d’ailleurs, bien anrement (fans un état satisfaisant. Si la marque s’est faite en réserve, ils sont tinp clairs; si elle s’est faite en .délivrance, ils sont trop serrés. Dans

les deux cas, l’espacement ménagé entre les sujets laissés sur pied est ordinairement très iri éguliei-. La longueur de l’opération et la fatigue qu’elle occasionne aux agents et aux gardes, le grand nombre des tiges parmi lesquelles il faut faii'e un choix, la difficulté de prévoir l’etfet que produira renlèvenient de tel ou tel arbre, expliquent ces résultats. Nous dirons plus tard comment on les prévient.

Pour l’exactitude et la régularité des balivages et des martelages, les marques doivent être, dans chaque coupe, appliquées du même côté et autant que pos.sible au nord. (C7/-c. 26noy. 1 823, art. 91 . )

70. Les agents consignent les résultats de leurs opérations sur des calepins spéciaux. Ils contrôlent leurs notes et ils dressent ensuite des procès-verbaux de balivage et de martelage, indiquant le nombre et 1 espèce des arbres qui ont été marqués en délivrance ou en réserve (O. régi., art. 81). Ces actes doivent être rédigés sur les lieux et envoyés dans le délai de huit joui-s au conservateur. {Id.)

71 . Estimation. Eu même temps qu’ils procèdent au martelage d’une coupe, les agents fout toutes les opérations nécessaires pour en déterminer la valeur. Une circulaire du 9 mai 1840 a réglé la marche à suivre dans ces opérations. En voici le résumé :

72. L’estimation des produits en matière s’effectue, soit au moyen du dénombrement et du cubage individuel de tous les arbres compris dans le périmètre de coupe, soit au moyeu de places d'essai, c’est-à-dire en appliquant à la masse les résultats du dénombrement et du cubage sur certaines parties du peuplement, choisies comme types. La première méthode est employée dans les coupes où les arbres à abattre sont peu nombreux et volumineux ; la seconde, dans les coupes où les bois abandonnés à l’exploitation se composent d'un grand nombre de sujets de petites dimensions, comme dans les taillis. Les deux méthodes sont employées simultanément, lorsqu’il y a à estimer dans la même coupe de gros arbres et un sous-bois.

73. Les aibres à évaluer sont classés, pour chaque essence, d’après leur circonférence mesurée à 1 mètre du sol. La différence entre deux classes consécutives ne doit pas dépasser 0^,25. Ou détermine ensuite la hauteur moyenne afférente à chaque classe et on cube les ai'bres, soit comme cylindres, et, dans ce cas, on établit préalablement par des expériences la circonférence moyenne que comporte une circonférence donnée à 1 mètre du sol, soit comme cônes, sauf à obtenir le volume réel, en multipliant le résultat obtenu par un facteur de conversion, qui est également fourni par des expériences. La portion de chaque arbre ou classe d’arbres qui est pi'opre au service, à l’industrie, au cbaufl'age ou au charbon, est, ainsi que le volume des branchages, apprécié enfin à vue d’œil, ou, ce qui est infiniment préféi-able, au moyen de données recueillies en at)attant et en débitant un certain nombre d’arbres pris comme types.

74. L’estimation eu argent est établie d’après le prix commercial des divers produits, et, pour que les agents ne se trompent pas dans cette opération délicate, il est nécessaire qu'ils se tiennent exactement au courant des mouvements industriels susceptibles de faire varier le prix des bois, et

des manœuvres que les marchands pourraient tenter dans le but de dissimuler ce prix.

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