‹ Dictionnaire de l'administration française (volume 2)Chapitre 1519 sur 2791 · CHAP. II. — MOYENS DE COMBATTRE ET DE PRÉVENIR LES INONDATIONS · texte numérisé non relu

CHAP. II. — MOYENS DE COMBATTRE ET DE PRÉVENIR LES INONDATIONS

2. Sans prétendre formuler ici un ensemble do règles techniques pour combattre, prévenir ou restreindre le tléau des inondations, — ce qui sortirait de notre sujet et de notre compétence, — il est indispensable, pour la détermination même des règles de droit applicables aux mesures que les populations sont amenées à prendre pour la défense de leurs personnes et de leurs biens,

d’indiquer quels sont les moyens généraux que les habitants des portions du territoire menacées par les inondations peuvent utilement employer pour se protéger du tléau.

3. Ces moyens sont de deux sortes. Les moyens de l’ordre le plus élémentaire, ceux qui se présentent les premiers à l’esprit des riverains des torrents et des fleuves sujets k débordement, consistent à se protéger directement, en opposant une barrière k l’invasion des eaux \ k chercher un abri dans la construction de digues qui les maintiennent dans leur lit habituel et les empêchent de pénétrer dans les territoires habités et cultivés. L’expérience, celte rude éducatrice, apprend k la longue, aux populations riveraines des cours d’eau, combien les moyens directs de défense sont précaires et inetficaces. Contenues dans des digues, les eaux s’élèvent successivement au fur et k mesure qu’on rehausse ces digues, jusqu’au moment où elles les surmontent et les brisent.

4. Le second ordre de moyens auxquels peuvent recourir les populations consiste k re.stituer k la nature tous les agents employés par elle pour arriver k une distribution régulière des eaux apportées par les pluies et k reconstituer son œu\Te, Ik où elle a été dérangée par la maladresse et l’action déréglée des hommes.

Dans les parties supérieures du lit des torrents, au sommet et le long des flancs de la montagne, il importe de retarder par tous les moyens possibles le rassemblement, puis l’écoulement des eaux, d’en diviser et d’en diminuer la masse, d’en emmagasiner la plus grande partie, d'empêcher que le reste ne se charge des débris du sol, soit par l’érosion superficielle, soit par l’affouillement dans les lits qu’elle s'est choisis ou qu’on lui a tracés. La nature fournira d’ailleurs elle-même les principaux outils : « l’herbe et le « bois, la pelouse et la forêt qui, agissant comme « écrans, comme réservoirs, comme drains, « comme cuirasses, précieux outils qui s’entre- « tiennent et se réparent eux-mêmes, s'accrois- « sent selon les besoins et ne demandent qu'k « être ménagés et aidés, pour enrichir, par sur- « croît, ceux qui s’en servent avec sagesse. » (Faré, Rapport à la commission supérieure pour V aménagement des eaux.)

Dans les vallées secondaires et dans les vallées principales, les intéressés doivent s’appliquer k restituer k la rivière et au fleuve le champ nécessaire k répanouissenient de la masse des eaux. 11 faut un lit majeur suflisant pour contenir cette masse au moment où elle coule avec son ampleur niaxima. Si les conditions du milieu, si la distribution antérieure du sol de la vallée, ne permettent pas de constituer ou de restituer au fleuA’e un lit majeur capable de contenir le débit maximum des eaux, il faut, comme pour les parties supérieures du bassin, emmagasiner une partie des crues, en retarder l’arrivée dans les principaux émissaires, de façon k éviter la coïncidence de l’alllux des eaux de crues de chacun d'eux. Les réservoirs dans certains cas, les déversoirs surtout dans les vallées endiguées, la substitution de digues submersibles aux digues insubmcr.sibles, en même temps qu’une bonne police

des eaux, sont les moyens dont ractlon a étéjusqirici considérée comme la plus clTicace.

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