‹ Dictionnaire de l'administration française (volume 2)Chapitre 2421 sur 2791 · Il paraît que ces dispositions eurent pour · texte numérisé non relu

Il paraît que ces dispositions eurent pour

résultat do con.stituer immédiatement un certain approvisionnement de réserve dans un grand nombre de localités ; car. le 30 .septembre de la même année, il fut décidé par un décret que les citoyens qui auraient besoin d’une avance de grains pour leur subsistance seulement, pourraient se présenter devant la municipalité du lieu de leur résidence, qui, après s’être assurée de la réalité de ces besoins et du degré de la solvabilité de ceux qui demanderaient l’avance, leur délivrerait un bon pour se présenter au grenier public de l'arrondissement, où la quantité de grains spécifiés sur le bon leur serait délivrée à crédit.

42. Quoi qu’il eu soit, ce .système de greniers d’abondance fut promptement abandonné; mais, en l’an VI, on reprit l’idée d’avoir à Paris ou dans les environs un dépôt permanent de 25,000 à 30,000 sacs de farine. En l’an VIII, l’acquéreur des anciens moulins et magasins de Corbeil fut chargé de ce service, mais son traité ne dura que deux ans, et ne fut pas renouvelé.

43. La récolte de 1801 avant été mauvaise, le Gouvernement fit faire par plusieurs négociants et banquiers des achats importants de grains et de farine. Les quantités achetées, évaluées eu grains, s’élevèrent à 573,000 quintauxmétriques environ.

44. Sur les grains achetés, il restait, à la fin de l’an XI (1803), environ 245,000 quintauxmétriques à la di.sposition du Gouvernement. Par ordre du premier Consul, 150,000 quintaux métriques, représentant à peu près 62,000 sacs de farine, en furent distraits pour être tenus constamment en réserve dans les magasins de l’État et renouvelés au besoin. C’est l’origine de la réserve de Paris, qui a subsisté Jusque vers 1830.

45. Dans les années 1806 et 1807, la réserve fut portée successivement à 250,000 quintaux métriques. Mais, après la mauvaise récolte de 1811, cette ressource fut bientôt épuisée.

46. En 1813, on s’occupa de rétablir la réserve sur la base de 250,000 quintaux métriques. Ce chiffre n’avait pas encore été atteint, lorsque survinrent les désastres de 1814 et de 1815. et, pendant la disette de 1816 et 1817, on eut recours à de nouveaux achats. Les quantités qui restaient disponibles au commencement de 1818, s'élevaient à 50,000 quintaux métriques de grains environ.

47. Aux termes d’une ordonnance royale du 3 décembre 1817, cet approvisionnement devait être porté progressivement à 260,000 quintaux métriques. Au mois d'octobre 1828, il se composait de 146,000 quintaux métriques de blé et de 25,000 sacs de farine, représentant à peu près 200,000 quintaux métriques de blé.

48. Cependant les idées de l’administration sur l’utilité des approvisionnements de réserve, formés par l'État ou par les villes, s’étaient profondément modifiées. On n’attaqua pas d’abord l’existence de l’institution elle-même ; mais, comme, pendant les disettes de 1812 et de 1816 et 181 7, on avait plusieurs fois vendu des blés et farines provenant de la réserve de Paris à un prix inférieur au cours de la halle, on fit remarquer qu’une semblable combinaison tendrait à paralyser les opérations du commerce, tandis qu’on devrait en encourager le développement, surtout dans les temps de crise; car, loin d’y suppléer complète-

ment, radministration ne peut se flatter de le faire que pour une très fail)le portion et avec des sacrifices énormes.

49. Une fois engagé dans cet ordre d'idées, on ne devait pas tarder à s’apercevoir qu’il ne su disait pas, pour rassurer le commerce, de déclarer que désormais l’autorité ne ferait plus vendre de grains ou de farines au-dessous du cours. On fut bientôt amené à reconnaître que, tant qu’il existerait un approvisionnement de réserve que le Gouvernement ])ourrait faire jeter sur la place, soit en totalité, soit en partie, le commerce se tiendrait nécessairement en défiance, lors même qu’il aurait la conviction que l’autorité saurait résister aux eiitraîneuients du moment, et ne ferait jamais vendre de marchandises au-dessous du cours.

50. De plus, on fit observer que la formation, la conservation, la gestion d’un approvisionnement de 250,000 quintaux métriques de blé étaient un extrême embarras et occasionnaient une dépense énorme, et qu’il serait bien préférable d’affecter les sommes que la réserve coûtait chaque année à la formation et à l’accroissement d’un fonds destiné aux secours publics dans les temps de pénurie.

51 . La question était encore en suspens, lorsque la mauvaise récolte de 1828 vint en précipiter la solution. Le prix du pain s’étant élevé à 40 cent, le kilogramme, le conseil municipal vota la mise en consommation de la réserve. Nous avons dit tout à l’heure qu’elle se composait alors de 146,000 quintaux métriques de blé et de 25,000 sacs de farine. L’écoulement de cet approvisionnement commença vers la fin d’octobre 1828, et fut achevé vers le mois de juillet 1829.

52. Après la révolution de 1830, on eut un moment le projet de reconstituer encore une fois cette réserve ; mais le conseil municipal de l’aris se refusa formellement à faire les fonds nécessaires et depuis cette époque il n’a plus été question de la rétablir.

53. Les magasins connus sous le nom de greniers d’abondance, et dont Napoléon P*" avait ordonné la construction, dans la pensée d’y placer la réserve qui était disséminée dans les environs de Paris, ont été affectés pendant longtemps au dépôt de l’approvisionnement que les boulangers de Paris étaient tenus de placer dans un grenier public. Ces maga.sins servaient en outre à recevoir les farines qui étaient envoyées aux facteurs et qui n’étaient pas immédiatement vendues, mais cette organisation fut supprimée par le décret du 22 juin 1863. {Vog. Boulangerie.) CHAP. IV. — DES MESURES PRISES EN TEMPS DE DISETTE

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