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École professionnelle supérieure, 101 à

CHAP. IX. SERVICE INTERNATIONAL, 106 à 113.

CHAP. I. — HISTORIQUE

1. La télégraphie a des origines très anciennes. Dans la forme primitive que les peuples de l’antiquité lui avait donnée, l’échange des signaux avait lieu au moyen de grands feux allumés sur les hauteurs. Les Grecs, les Carthaginois et les Uomains ont perfectionné ces procédés qui faisaient partie de l’art militaire; mais, malgré la rapidité relative avec laquelle ils étaient parvenus à correspondre, la télégraphie est restée, entre leurs mains et bien longtemps après eux, un instrument rudimentaire d’une application très bornée.

Il faut venir jusqu’au xvii® siècle pour trouver les traces de tentatives de progrès dans les procédés de correspondance à longue distance, encore ces tentatives restent-elles sans réalisation pratique. C’est seulement en 1792 que Claude Ghappe invente enfin la télégraphie aérienne qui a existé jusqu’au milieu du xix® siècle et qui, tout imparfaite qu’elle nous paraisse aujourd’hui, a rendu d’immenses services.

2. Après un demi-siècle d’existence, l’invention de Claude Ghappe a dû disparaître à son tour devant l’électricité. L’application de ce nouvel agent à la télégraphie est l’une des plus surprenantes conquêtes de la science. 11 y a seulement cinquante ans que cette découverte est faite ; elle a immédiatement transformé la télégraphie et en a fait un instrument nouveau qui oftre une célérité prodigieuse à l’échange de la pensée humaine. Aujourd’hui, les perfectionnements apportés dans l’outillage télégraphique permettent, en quelques instants, de correspondre d’un bout du monde à l’autre; les continents sont franchis sans difficultés ; les mers elles-mêmes n’arrêtent plus, elles ont reçu dans leurs profondeurs plus de 220,000 kilomètres de câbles sous-marins et un immense réseau relie entre eux tous les points du globe.

La télégraphie devient, à l’heure actuelle, dans chaque pays, une nécessité nationale et sociale, et le développement qu’elle reçoit est l’un des indices qui marquent le mieux le degré de civilisation d’une nation. La France est l’un des pays qui possèdent l’organisation et le matériel télégraphiques les plus perfectionnés ; elle vient au premier rang des nations européennes pour la télégraphie électrique, comme elle y avait été pour la télégraphie aérienne par l’invention de Claude Ghappe.

CHAP. n. — MONOPOLE TÉLÉGRAPHIQUE.

3. Le monopole télégraphique repose en France sur les dispositions légales suivantes :

1*^ La loi du 2 mai 1837, portant : « Quiconque transmettra, sans autojâsation, des signaux d’un lieu à un autre soit à l’aide de machines télégral)hiques, soit par tout autre moyen, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 1,000 fr. à 10,000 fr. L’art. 4G3 du Code pénal est applicable aux dispositions de la présente loi. Le Tribunal ordonnera la desti-uclion des postes, dos machines ou moyens de transmission. »

Portalis a indiqué la portée de cette loi en émettant, au cours des discussions dont elle a été l’objet, l’avis que « s’il appai’aît un mode nouveau « de communiquer les idées à de grandes dis- « tances, avec une célérité inaccoutumée, l’État « doit s’en approprier l’usage à tout prix, peu « importe quelle est la nature de cet instrument » .

2“ Le décret du 27 décembre 1851, portant : « Art. 1®"^. — ■ Aucune ligne télégraphique ne peut être établie ou employée à la transmission des correspondances que par le Gouvernement ou avec son autorisation. Quiconque transmettra sans autorisation des signaux d’un lieu à un autre soit à l’aide de machines télégraphiques, soit par tout autre moyen, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 1,000 fr. à 10,000 fr. En cas de condamnation, le Gouvernement pourra ordonner la destruction des appareils et machines télégraphiques. »

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