V. L’ENSEIGNEMENT MUSICAL. LES THÉÂTRES
EEAUX-ARTS, 2-5.
2. Aperçu historique. Jusqu’à la Révolution, radraiuistration des beaux-arts est tout entière dans le domaine de la couronne. Si Charles IX crée à l’intention de Primatice la surintendance des bâtiments du roi, ce n’est là qu’un titre honorifique pour un artiste favori et il faut attendre jusqu’à Colbert pour rencontrer un premier essai de centralisation du service des beaux-arts lors de la fondation, en 1664, de cette surintendance des bâtiments du roi, arts et manufactures à laquelle la Constituante mettra fin le l.T juin 1791. Les beaux-arts successivement attribués au comité de l’instruction publique et par deux fois au ministère de l’intérieur de 1792 à 1804, sont partagés, quand la monarchie est rétablie, entre ce dernier département et la couronne qui garde les musées, les palais et les manufactures. De 1804 à 1870, sous les quatre règnes qui remplissent ce grand espace de temps, le service demeure fractionné et fonctionne sans unité, passant d’un ministère à l’autre, prenant tour à tour la forme d’un bureau, d’une division, d’une surintendance, d’un ministère même, jusqu’à ce que la troisième République le reverse au département de l’instruction publique. A part le court intervalle du ministère des arts (14 novembre 1881-30 janvier 1882), ce rattachement peut être tenu pour définitif.
3. Situation actuelle de l’administration centrale. — Un directeur nommé par le Président de la République, sur la proposition du ministre de l’instruction publique, est placé à la tête de l’administration des beaux-arts, qui se compose, selon le règlement d’administration publique du 5 avril 1887, de quatre bureaux, savoir : 1° bureau des travaux d’art, expositions et manufactures 5 2° bureau de l’enseignement, des musées et souscriptions ; 3° bureau des monuments historiques ; 4° bureau des théâtres.
4. Inspecteurs. Conseil supérieur des beauxarts. — Chacun de ces services fonctionne sous le contrôle d’inspecteurs et avec la garantie de comités spéciaux qui seront successivement signalés. La plupart de ces comités n’étaient à l’origine que des sous-commissions émanant d’un grand conseil institué le 22 mai 1874 auprès de la direction des beaux-arts sous le nom de conseil supérieur des beaux-arts. Ce conseil, après s’être réuni tous les mois, puis tous les trois mois, n’est plus guère convoqué maintenant que pour décerner le prix du salon et les bourses de voyage. Il faut cependant retenir comme son œuvre propre la diffusion de l’enseignement du dessin et les règlements nouveaux des expositions d'État.
5. En résumé l’administration des beaux-arts exerce actuellement une triple action :
Elle conserve le passé en veillant à l’état de nos monuments, à la garde de nos richesses, au maintien de nos anciennes industries nationales (monuments historiques, musées, manufactures nationales) ;
Elle contribue aux progrès du présent, en aidant par des moyens divers tous ceux qui font honneur à l’art contemporain (expositions, commandes et acquisitions, congrès, missions, publications, théâtres) ;
Elle s’efforce d’assurer Vavenir par la diffusion de renseignement (enseignement du dessin, enseignement musical).
CHAP. II. — LES MONUMENTS HISTORIQUES, MUSÉES, MANUFACTURES NATIONALES.
6. Les monuments historiques leurs commissions et leurs musées. — Le soin de veiller à la destinée de nos anciens édifices est confié à une Commission, dite des monuments historiques, instituée par arrêté du 29 septembre 1837. Cette commission a dans ses attributions le classement des monuments (c’est-à-dire le placement de leur conservation sous l’autorité de l’Etat), leur restauration et leur entretien ; les travaux dont les monuments peuvent être l’objet sont exécutés par les architectes de la commission sous le contrôle d’inspecteurs généraux. La commission liquide les dépenses, préside aux acquisitions et aux expropriations. Les plans de restauration (8,000 environ) constituent les archives de la Commission des monuments historiques dont dépendent encore le musée de Cluny et le musée de sculpture comparée du Trocadéro.
7. Musée de Cluny. — Fondé en 1843 par l’acquisition de la collection du Sommerard, le musée de Cluny est composé en majeure partie d’objets appartenant au moyen âge et à la Renaissance, bien que l’établissement ne reste pas fermé aux œuvres relativement modernes. Les divisions suivantes, qui sont celles du catalogue, donneront l’idée de la richesse et de la portée du musée de Cluny, qui est un véritable musée d’art industriel : sculptures ; ameublement civil et religieux ^ peintures ; peinture sur verre ; céramique ; émaillerie ; verrerie ; orfèvrerie ; horlogerie ; armurerie ; serrurerie ; chaudronnerie ; tapisserie 5 tissus 5 carrosserie ; instruments de musique ; instruments de précision ; ustensiles d’intérieur ; monnaies et médailles ; objets de fouilles.
Musée de sculpture comparée du Trocadéro, — Décidé le 4 juillet 1879, le musée de sculpture comparée a été ouvert le 28 mai 1882. Son titre vient de l’idée qui avait présidé à sa création et qui tendait à établir, au moyen d’exemples, les relations entre les sculptures appartenant à diverses époques de la civilisation. Mais dans la suite on a donné à ce musée le caractère exclusivement national et ses éléments empruntés à l’architecture et à la statuaire françaises de toutes les époques démontrent excellemment les diverses phases et les développements successifs de notre génie à travers les âges.
8. Musées nationaux . — Les musées nationaux ont leur origine dans les anciennes collections royales commencées dès le xv® siècle par les rois de France, mais leur existence administrative est récente, car le Louvre a été ouvert pai* la Convention nationale le 23 juillet 1793. C’est le gouvernement consulaire qui a ouvert le musée du Luxembourg ou musée d’œuvres d’artistes vivants (18 janvier 1802). C’est le gouvernement de Juillet qui a ouvert le musée historique et national de Versailles (10 juin 1837 1. Enfin le second empire a créé, par un décret du 8 mai 1867, le musée des antiquités celtiques