Manufactures nationales. Voy. ce mot
GHAP. m. — LES EXPOSITIONS, COMMANDES, SOUS*
CRIPTIONS, PUBLICATIONS.
13. Expositions et prix du salon. — Après avoir été organisées d’abord par l’Académie des beaux-arts, puis par l’État, après avoir ététantôt annuelles, puis bisannuelles, les expositions connues sous le nom de Salon (le premier eut lieu en 1669) ont cessé depuis 1881 d’être faites sous le contrôle de l’État pour être administrées par les artistes eux-mêmes réunis en une et ensuite en deux sociétés. A côté de la Société des artistes français créée en 1881, s’est fondée en 1890 la Société nationale des beaux-arts et deux salons ont été simultanément ouverts en mai 1890. Chacune des deux sociétés se divise en quatre sections : peinture, sculpture, architecture et gravure, et leur organisation ne diffère que par la composition des jurys et la nature des récompenses. Dans l’une et l’autre, un comité dresse le règlement du salon et la réception des ouvrages. Comme la distribution des récompenses incombe aux jurys élus par les artistes et correspondant à chacune des sections. L’État n’intervient plus dans les salons que pour l’attribution du prix du salon et les bourses de voyage.
Le prix du salon est décerné à l’artiste français âgé de moins de trente-deux ans, qui paraît, par la qualité de son œuvre, le plus propre à profiter d’un séjour de deux années à l’étranger. Cet artiste reçoit 5,000 fr. par année d’absence, tandis qu’une somme de 4 ,000 fr. , une seule fois donnée, est accordée sous le nom de bourse de voyage à huit artistes, à charge pour eux de passer une année à l’étranger.
Si l’État s’est désintéressé de la direction des expositions annuelles, l’administration des beauxarts a du moins conservé l’organisation des expositions triennales, universelles ou internationales. Enlin, elle accorde encore son aide aux expositions de province en leur allouant des subventions ou en leur prêtant des ouvrages importants appartenant à l’État.
14. Commandes , acquisitions et décoration d’édifices publics. — Une partie importante du budget des beaux-arts est consacrée aux commandes et acquisitions d’œuvres d’art qui sont décidées par le ministre sur la proposition et avec l’avis du directeur des beaux-arts. Les acquisitions d’ouvrages destinés aux musées sont faites à l’exposition annuelle des artistes vivants par les soins d’un comité, dit Comité des travaux d’art, constitué par arrêté du 10 février 1882 et composé d’inspecteurs des beaux-arts, de fonctionnaires et d’artistes. Les ouvrages acquis sont répartis entre le musée du Luxembourg et les musées des départements.
Le comité des travaux d’art a encore pour mission de recevoir les projets des travaux destinés à la décoration des édifices publics et de surveiller l’exécution desdits travaux, de faire un choix parmi les copies des musées du Louvre et du Luxembourg dont l’achat est demandé, d’accorder ou de refuser, sur le vu des maquettes, la participation subventionnelle de l’État à l’érection des statues et monuments.
Les inspecteurs des beaux-arts demeurent chargés de l’examen des tableaux, statues, gravures en médaille ou en taille-douce commandés par l’administration des beaux-arts sans destination déterminée. Le rapport des inspecteurs est nécessaire au paiement qui se fait par acomptes, d’après le degré d’avancement.
Les commandes ou acquisitions entraînent pour l’État le droit exclusif de faire ou de laisser reproduire par tous les moyens qui lui conviendront les ouvrages commandés ou acquis par lui. Aucune répétition d’une œuvre commandée ou acquise par l’État ne peut être faite sans l’autorisation expresse de l’administration.
Enfin les inspecteurs des beaux-arts guident encore l’administration pour les distributions des encouragements, des secours annuels ou éventuels alloués aux artistes nécessiteux ou infirmes et à leur famille.
15. Souscriptions. — L’État ne s’intéresse pas seulement aux artistes, mais encore aux écrivains d’art et aux compositeurs, soit qu’il leur confie des missions, soit qu’il souscrive à un certain nombre d’exemplaires de leurs ouvrages parus ou il paraître. Les demandes de souscriptions adressées au ministre sont soumises à une commission dite Commission des souscriptions aux publications d’art qui émet un avis consultatif ii leur sujet. Les ouvrages acquis sont répartis entre les bibliothèques de Paris et des départements.
16. Inventaire des richesses d’art et compte rendu des réunions annuelles des sociétés des beaux-arts. L’État a entrepris en 1874 la publication de V Inventaire des richesses d'art do la France avec le concours et sous la garantie d’une commission spéciale. Uans cet inventaire se trou-
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veront passés en revue les monuments civils et religieux de Paris et de la province, ainsi que les richesses qu’ils contiennent.
Après l’heureuse innovation de l’adjonction des sociétés savantes des beaux-arts des départements (14 août 1876) aux sociétés savantes qui se réunissent annuellement en congrès à la Sorbonne, un comité, dit Comité des sociétés des beauxarts des départements, a été créé. Son rôle consiste dans l’examen des travaux envoyés par les délégués des sociétés, l’admission de ces travaux, la lecture en séance publique et par suite leur insertion dans le volume de comptes rendus annuellement publié.