‹ Dictionnaire de l'administration française (volume 2)Chapitre 312 sur 2791 · DE LA PEINTURE, ETC · texte numérisé non relu

DE LA PEINTURE, ETC

17. École nationale et spéciale des beauxarts. L’ancienne académie de peinture et de sculpture fondée en 1648 et celle d’architecture fondée en 1671 ont été remplacées, en tant qu’établissenients d’enseignement, par l’Ecole nationale et spéciale des beaux-arts auprès de laquelle fonctionne un conseil dit Conseil supérieur de l’école des beaux-arts . Elle comprend trois ordres d’enseignement différents : 1® un enseignement oral se rapportant aux diverses branches de l'art 5 2“ l’école proprement dite comprenant la section de peinture avec la gravure en taille-douce, la section de sculpture avec la gravure en médailles et en pierres fines et la section d’architecture 5 3*^ un enseignement spécial qui se donne dans les ateliers au nombre de onze, trois pour chacun des arts de peinture, sculpture, architecture, un pour chacun des arts de la gravure associés à la peinture et à la sculpture dans l’école proprement dite.

L’école contient en outre une bibliothèque pour les études des élèves et des collections comprenant un musée de moulage de toutes les époques, un musée de copies, les objets d’art légués à l’école et les ouvrages qui ont obtenu soit le grand prix de Rome, soit les prix qui résultent de fondations particulières.

18. Prix de Rome. L’émulation est un des caractères prédominants du système d’éducation de l’école. Les plus importants concours sont ceux pour l’obtention du prix de Rome qui ouvre les portes de l’Académie de France à Rome à des artistes de l’école ou du dehors, et les dispense de tout service militaire. 11 s’obtient à la suite d’une série d’épreuves auxquelles peuvent prendre part tous les Français âgés de moins de trente et un ans. L’Académie des beaux-arts réunie dans son entier décide à quel concurrent doit être décerné chacun des prix de Rome pour la peinture, la sculpture, l’architecture, la gravure en médailles et en taille-douce. Les lauréats se rendent alors à l’Académie de France à Rome, laquelle est placée sous l’autorité d’un directeur. Ils y demeurent pensionnaires pendant quatre années, logés dans un palais et entretenus aux frais de l’État. Us sont soumis, durant ce laps de temps, à l’envoi de travaux annuels qui sont déférés à l’examen de l’Académie et jugés par elle dans un rapport inséré au Journal officiel.

L’École d’Athènes, fondée en I8i6 parle gouvernement français dans un but principabMiicut

philologique et archéologique, a une section dite des beaux-arts composée des élèves-architectes de l’Académie de France k Rome qui viennent passer en Grèce leur quatrième année d’études.

19. Écoles des beaux-arts des départements. Ces établissements ont reçu un développement considérable. En 1880, le Parlement assurait par le vote d’un crédit spécial l’organisation de renseignement du dessin dans les départements en aidant k la création d’écoles des beaux-arts. Un conseil de perfectionnement de l’ enseignement des arts du dessin fut institué en 1881 avec la mission de se prononcer sur les programmes, le choix des méthodes et des modèles et sur l’organisation des sessions normales de préparation au certilicat d’aptitude de l’enseignement du dessin. Un corps de 10 inspecteurs, repartis en 10 circonscriptions, est chargé de tenir la main k ce que le programme élaboré par le conseil de perfectionnement soit rigoureusement appliqué dans tous les établissements où s’enseigne le dessin. Ils rendent compte des besoins de ces établissements. Cette fois encore le droit d’inspection a été acquis par l’Etat en échange de la subvention par lui allouée et qui généralement ne dépasse pas le tiers du budget total de chaque école. Les écoles des beaux-arts de province prennent le titre éCÉcoles nationales quand l’administration et le personnel enseignant appartiennent k l’État ; telles les écoles de Lyon, Dijon, Alger, Bourges; le titre d’/îco/es régionales quand l’État n’intervient que pour régulariser les propositions des maires en ce qui concerne le personnel enseignant, directeur et professeurs ; telles les écoles de Rennes, Rouen, Montpellier, Nancy, Tours, Clermont-Ferrand, Amiens, Saint-Étienne ; enfin le titre ééÉcoles municipales quand l’influence de l’État est moindre encore ; telles les écoles de Toulouse, Poitiers, Caen, Angers, Avignon, Grenoble, Bordeaux, le Havre, Lille, Douai, Valenciennes.

20. Vulgarisation de renseignement du dessin. Une des tâches que l’État semble s’être proposées depuis 1870 est la diffusion et la vulgarisation de l’enseignement du dessin qui, depuis 1879, est devenu obligatoire pour tous les établissements dépendant du ministère de l’instruction publique. (Lycées, collèges de garçons et de filles, écoles primaires et écoles spéciales du Gouvernement.)

21. École des arts décoratifs de Paris et des départements. L’école qui porte aujourd’hui le titre à'École des arts décoratifs a été fondée en 1765 par Bachelier et a porté successivement le nom éé École gratuite de dessin, d’École spéciale de dessin et de mathématiques appliqués aux arts industriels. De 1878 k 1884, des cours d’anatomie, de perspective pratique, de législation industrielle et de législation du bâtiment, de reproductions industrielles, d’histoire générale et d’histoire des industries du dessin, d’architecture ont été ajoutés aux cours fondamentaux de niathématiqucs, de dessin, de sculpture et d’architecture. Mais aucune innovation n’a été plus opportune que l’infroduction de l’application dans les divers ordres de l’enseignement. Avec le but d’aider au développement des indus-

BEAUX-ARÏS, 22-26.

tries locales, des écoles d’art industriel ont été créées k Limoges,^ k Aubusson, k Nice, k Roubaix k Calais, k Saint-Etienne. Les deux premières sont placées sous l’autorité du directeur de l’école des arts décoratifs de Paris.

22. Ecole nationale de dessin des jeunes filles. Après avoir reçu des encouragements de l’Etat, un cours gratuit de des.sin fondé en 1803 par M*"® Frère de Montizon fut subventionné par l’État, puis prit la désignation d' École gratuite de dessin pour les jeunes filles et dans la suite celle tV École nationale de dessinpour les jeunes fuies. On y enseigne le dessin industriel, la gravure sur cuivre, la gravure sur bois, la peinture sur faïence, la peinture k l’huile, la sculpture, le dessin linéaire et la géométrie élémentaire, l’histoire de l’art, l’anatomie.

23. Écoles diverses. Le dessin est encore enseigné dans des écoles nombreuses qui relèvent de la ville de Paris ou du Gouvernement, comme le Conservatoire des arts et manufactures, les écoles d’arts et métiers, l’école centrale des arts et manufactures, l’école libre d’architecture, etc.

CHAP. V. — L’ENSEIGNEMENT MüSICAL. LES THÉÂTRES.

24. Enseignement de la musique. L’enseignement de la musique se donne dans les lycées et collèges ainsi qu’au Conservatoire et dans les écoles spéciales des départements subventionnées par l’État et soumises au contrôle d’inspecteurs du ministère de l’instruction publique et des beaux-arts, telles les écoles d’Avignon, de Dijon, de Lille, de Lyon, du Havre, de Nancy, de Rennes, de Toulouse qui portent le titre de succursales du Conservatoire national de Paris.

Pour le Conservatoire national de musique et de déclamation, voy. ce mot.

25. Théâtres nationaux. — On appelle théâtres nationaux {voy. Théâtres) les théâtres subventionnés par l’État, c’est-k-dire la Comédie- Française, rOdéon, l’Opéra ou Académie nationale de musique et l’Opéra-Comique. L’État leur fournit le local et inscrit chaque année pour eux une subvention au budget. Ces théâtres doivent être pour le drame et pour la musique des sortes d’écoles nationales supérieures professionnelles et pratiques k la fois. Un fonctionnaire spécial, sous le titre de Commissaire du Gouvernement près les théâtres subventionnés , surveille l’exécution du cahier des charges et raccomplissement des obligations en échange desquelles les subventions sont accordées. Chaque théâtre a k sa tête un directeur acceptant l’exploitation k ses risques et périls, k l’exception de la Comédie-Française qui est régie par un administi-ateur assisté d’un comité de sociétaires. Le décret de Moscou (15 oct. 1812) et deux autres décrets du 27 avril 1850 et du 19 novembre 1859 ont réglé les situations respectives de l’administrateur de la Comédie-Française et du comité.

26. Subventions et encouragements à Part musical. L’État accorde des encouragements aux concerts populaires , k Vécole de musique religieuse fondée par Niedermeyer et aux Sociétés musicales de Paris ou des départements. Un fonds d’indemnités annuelles et de secours éventuels est mis k la disposition du ministère de l’instruction publique et des beaux-arts pour être ré-

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