‹ Dictionnaire de l'administration française (volume 2)Chapitre 821 sur 2791 · CONSEUV. DES ARTS ET MET · texte numérisé non relu

CONSEUV. DES ARTS ET MET

CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS. 1. Cet établissement comprend un musée de machines, d’instruments et de produits industriels et agricoles, une bibliothèque d’ouvrages technologiques et scientitiques, et des cours de sciences appliquées aux arts*. Recueillir les chefs-d’œuvre de l'industrie, en répandre la connaissance dans les classes ouvrières, éclairer du tlambeau de la science la pratique journalière des ateliers, propager le bon goût dans la fabrication, tel est le rôle assigné au Conservatoire.

2. Descautes avait conçu l’idie et tracé le plan d’une institution dans laquelle se retrouvent la plupart de ces attributions. Ce grand penseur proposait de former pour chaque corps de métier une collection d’appareils et d’outils à leur usage et d’instituer auprès de chaque collection un professeur chargé d’exposer aux artisans la théorie des. procédés qu’ils avaient journellement à mettre en pratique. Cette idée qui aurait pu s’accorder avec les vues de Colbert pour le développement de l’industrie nationale, resta néanmoins dans l’oubli jusqu’à ce qu’une loi du 19 vendémiaire an lll vînt la réaliser.

3. Les événements politiques avaient mis l’État en possession de diflerents dépôts de machines et instruments qu’on résolut de réunir dans un établissement public. Les uns provenaient de la collection que le célèbre Vaücanson avait formée à l’hôtel de Mortagne et léguée à l’État ,* d’autres avaient été recueillis par l’Académie des sciences depuis plus d’un siècle et déposés au Louvre où ils se détérioraient ; le reste comprenait, entre autres objets précieux, la galerie des arts mécaniques de la maison d’Orléans. Mais en fondant le Conservatoire, la loi de l’an III ne lui assigna point de local 5 ce ne fut qu’en l’an Y1 que^ le prieuré de Saint-Martin-des-Champs fut aflecté à celte destination, par une loi du 22 prairial et l’installation s’opéra l’année suivante. Sous l’Empiie, les collections s enrichirent du cabinet d’horlogerie que Ferdinand Berthoud légua au Conservatoire, et du cabinet de physique de Charles, dont l’État lit l’acquisition. Depuis lors le musée s’est considérablement accru, tant par des achats de modèles et par des dessins de nouveaux produits du génie industriel, que par la libéralité d’un grand nombre de Français et d’étiangeis qui, à 1 occasion des expositions universelles, ont tenu à honneur de contribuer à développer ces richesses. La collection qui se composait de 495 objets ou séries d’objets au moment de l’installation du musée dans les bâtiments du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, comprend aujourd'hui, près de 12,000 numéros, l.éon Foucault a légué au Conservatoire son célèbre pendule et divers appareils de son invention. Le muséeest évalué à 3,100,000 fr. Les appareils destinés à déterminer la résistance des matériaux de construction sont utilisés pour les essais que les entrepreneurs et les architectes ont besoin de faire.

4. La bibliothèque, riche de près de 30,000 volumes, lenfeime un choix d’ouvrages technologiques et scientitiques, fi-ançais et étrangers. Elle

1. L école de dessin qui était annexée au Conservatoire d'puis 1806 a été supprimée par un décret du 3 déiviubre 187*.

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