Des établissements d'enseignement. En
raison même de la variété des races qui peuplent la Tunisie, il existe une grande diversité dans les établissements d'enseignement que le protectorat a maintenus ou créés.
V enseignement primaire, qui comporte l'étude de la langue française, a été tout d'abord la préoccupation dominante et presque exclusive de la direction de l'enseignement : un très grand nombre d'écoles (écoles primaires élémentaires, écoles maternelles, écoles professionnelles) ont été fondées. ( Voy. infra, n° 45.)
L'enseignement secondaire comprend quatre établissements principaux : le lycée ; l'école secondaire de jeunes tilles, dont le programme est conforme à celui des institutions similaires de la métropole f une école normale connue sous le nom de collège Alaoui, qui est la pépinière des instituteurs de la Tunisie; le collège Sadiki, administré par un personnel français mais qui ne reçoit que des élèves musulmans.
L'enseignement supérieur est représenté par une chaire publique de langue arabe, des conférences faites par des professeurs du lycée sur des sujets littéraires, historiques et scientifiques, et des cours de droit récemment ouverts sous le patronage de la direction de l'enseignement et qui portent sur les matières du programme de licence.
L'enseignement musulman est donné à un degré tout à fait élémentaire dans les écoles coraniques ou kouttabs : le moueddeb apprend à lire et à écrire le Coran sans l'expliquer ni le commenter1 ; rarement le maître enseigne quelques éléments de grammaire ; quant aux sciences, elles sont totalement ignorées. Au sortir du kouttab, les Arabes peuvent recevoir dans les mosquées des notions de théologie, d'interprétation du Coran, de droit, de grammaire, d'histoire, de littérature, etc. : l'enseignement des mosquées comprend ainsi les trois degrés : primaire , secondaire et supérieur.
Les écoles de Y Alliance israêlite méritent de faire l'objet d'une mention spéciale à raison des services qu'elles rendent à la diffusion de la langue française et de l'influence civilisatrice qu'elles exercent sur la nombreuse population des juifs indigènes de ce pays. L'Alliance a, en outre, fondé à Djedeida une école d'agriculture dont les programmes sont conçus dans un sens essentiellement pratique et qui a en vue d'orienter vers les travaux de la campagne une race jusqu'alors ignorante de l'industrie agricole.
Il existe, enfin, dans la Régence, des écoles italiennes : écoles primaires et lycée, dont la fondation est antérieure au protectorat : le protocole annexé à la convention consulaire et d'établissement du 28 septembre 1896 [art. 3) reconnaît le maintien de ces écoles tout en retirant à l'Italie la faculté d'eu établir de nouvelles.