PÉCULAT
i1 ■ la morue et nom du ou des navires français qui Pool péchée ; il doit attester, en outre, la
bonne qualité de la morue. (I). 23 déè. 1 85 1 ,
art s.)
27 Tout armateur qui expédie des ports de Fi'uiuv un chargement de morue pour wno desti- Dttioo susceptible de primes, est tenu de déclarer a la douane du lieu d'expédition :
1° Le nom du navire, ceux du capitaine et de l'expéditeur ;
2° La destination ;
S ' La quantité de morue a embarquer;
i° La saison de pêche dont elle provient et le lieu où elle a été seehee.
Cette déclaration doit être accompagnée d'un certifical attestant que la morue est de bonne qualité et bien conditionnée.
28. L'administration dos douanes, après avoir lait constater le poids brut de la morue, délivre a l'armateur une expédition de sa déclaration qui doit accompagner le chargement. (Même décret, art. 9.)
29. Lorsque les morues de pèche française sont arrivées à leur destination, les directeurs des douanes, dans les colonies et dans les possessions françaises, et les agents consulaires de France dans les pays étrangers, procèdent à la reconnaissante et a la vérification des chargements.
Quelle (pie soit la provenance, la morne doit être reconnue en totalité, pesée avec soin et les poids brut et net indiqués en kilogrammes. Son et al de conservation et sa bonne qualité sont, en outre, scrupuleusement vérifiés, et il doit être formellement constaté, à moins de perdre tout droit à la prime, qu'elle est propre à la consommation alimentaire. (Même 3:, art. 12.)
30. La liquidation des primes est faite par le ministre du commerce {art. 18).
PÉCULAT. Vol de déni ers publics. (Votj. Fonctionnaire, nd 73.)
PÉDAGOGIE. La pédagogie a pour objet l'éducation des enfants. Les Grecs, à qui nous devons le mot, distinguaient le paidononw, maître commun à un certain nombre d'enfants, du pédagogue, maître spécial à un enfant ou à une famille. C'est à peu près la différence que nos lois établissent entre l'instituteur public et l'instituteur privé. Le nom de pédagogue a seul survécu chez 1 s Romains, et. après eux, chez les peuples modernes. Il était au xvie siècle, en France, le titre attaché aux directeurs des collèges.
« Les collèges s'enflans d'escoliers, dit Étienne « Fasquier dans ses Jîecherches de la Finance, « on fut contraint d'y faire des classes et y avoir « divers précepteurs pour enseigner les enfans, se- « Ion le plus ou le moins de leurs capacitez : ceux- « ci furent appelez Regens, d'un mot emprunté au « concile général tenu dans Home en l'église Saintc Jean-de-Latran... Depuis cet ordre ainsi étably, « parce que les Regens dévoient estre passez " maislres ès-arîs, celuy auquel le fondateur du « collège avoit donné le nom de maistre, pour « avoir l'œil dessus tous les escoliers boursiers, « fut tantost appelé Magistér pœdagogus, tantost « Principalis pœdagogus... Et comme le temps « seul donne la vogue aux paroles, aussi est « seulement demeuré le mot de Régent et au
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« principal gouverneur celui de Priucipal senle- « ment . Et ainsi que les affaires des collèges vont. « il y a trois sortes de maistres : le surintendant <« de tous les autres, que nous appelions Princi- « pal, les Hegens qui enseignent aux classes, et « les autres qui, sans faire lectures publiques. « tiennent chambres à louage du Principal que « Ton nomme pédagogues, parce qu'ils ont la « charge et gouvernement sur quelques enfants « de maisons. »
Restreint à ce sens, le mot de pédagogue ne se maintint pas en honneur ; il servait le plus souvent à caractériser un pédantisme hautain et morose. La Fontaine, qui n'aimait pas les enfants, n'est pas plus tendre au pédagogue. Molière le tourne en ridicule. Rollin s'abstient d'en parler. Jean-Jacques Rousseau le prend à partie sans ménagement. De nos jours le nom a repris faveur. C'est la pédagogie qui a réhabilité le pédagogue.
Nul, en effet, ne conteste aujourd'hui qu'il y ait une science pédagogique. Historiquement, on en recueille à Verni les éléments épars chez les philosophes et chez les moralistes, chez les hommes et chez les femmes, d'Aristote à Kant, de Montaigne à Pestalozzi, de Mme de Maintenon à Miss Edgeworth. Philosophiquement, on en discute les principes. C'est une opinion bien établie que la pédagogie a des règles pour tous les âges ; qu'elle embrasse l'ensemble de la culture humaine, culture physique, culture intellectuelle, culture morale; que, prise à ses sources hautes et considérée dans ses effets précis, elle n'est autre chose qu'une application de la psychologie. Aux termes de la définition antique, le pédagogue était surtout chargé de veiller à la tenue de l'enfant et de le garder des mauvaises rencontres. Cette vigilance, dans la pensée de Rollin. comprend tous les devoirs de tutelle intellectuelle et morale dont le père se décharge. Mais Rollin lui-même donne des conseils plutôt qu'il n'impose des préceptes. C'est le fruit de son expérience qu'il offre; à peine se sent-il le droit de le recommander. Pédagogue excellent, on ne saurait dire qu'il a fixé les règles de la pédagogie. Le Traité des Études est un trésor de remarques judicieuses; il n'a rien d'un code. Rollin se défend même de lui donner ce caractère. La pédagogie moderne a la prétention de former un corps d'idées directrices qu'elle emprunte à la psychologie proprement dite, à la morale, à l'hygiène. Elle est devenue un enseignement dont tous les enseignements doivent s'inspirer, qui les domine, les éclaire et les discipline. Elle a ses chaires dans les écoles normales et les facultés. Par les droits qu'on lui reconnaît, par l'autorité qu'elle exerce ou qu'on lui demande d'exercer, elle est, en quelque sorte, ce que voulait être la théologie au Moyen Age, la maîtresse de l'école et la lumière de la vie, magistra sc/tolœ, lux vitss.
Est-elle une science au sens absolu du mot ? S'il faut entendre par là qu'elle a sa base au plus profond de l'être dont elle est chargée de régler ia vie, qu'elle se compose d'une suite d'observations qui, reliées les unes aux autres, permettent d'en déduire une doctrine et d'en tirer des lois ; que tel système est préférable à tel autre parce qu'il fait plus équitablement la part de tous les
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besoins de la jeunesse , la dénomination est exacte. On ne refuse pas le nom de science aux études expérimentales qui, par des analyses bien conduites, aboutissent à des synthèses justifiées. Bien plus, on peut dire que, de toutes les études expérimentales, il n'en est point qui se prête mieux à une coordination de principes que celle qui repose sur la connaissance des conditions éternelles et universelles de la vie physique, intellectuelle et morale de l'humanité. Ce qui a pu faire dénier parfois le nom de science à la pédagogie, c'est que, telle qu'on l'établissait, elle n'avait pour fondement qu'une observation tronquée par ignorance ou volontairement incomplète, et qu'elle sacrifiait soit l'intelligence au caractère, soit le caractère à l'intelligence, soit la santé du corps au développement de l'esprit. Du jour où l'instituteur éclairé a embrassé dans leur ensemble inséparable, dans leur unité vivante, toutes les forées de l'enfant, tons les éléments nécessaires à sa croissance régulière et saine, l'œuvre de l'éducation a pris rang parmi celles auxquelles la science peut appliquer ses règles de précision. S'ensuit-il qu'il y ait lieu d'y introduire une rigueur mathématique ? Si l'appellation de science n'était acceptable qu'à cette condition, nous serions plus tenté d'en répudier que d'en rechercher le patronage. La pédagogie est une science, mais une science morale, c'est-à-dire une science qui doit considérer, sous peine de se rendre inefficace, tout ce qui peut venir à rencontre des iois générales. On n'agit point sur une intelligence comme sur une matière qui offre partout et toujours les mêmes conditions d'existence souple on incoercible. Il faut avoir égard à la constitution de l'individu qui a sa vie propre ; il faut compter avec les défaillances ou les résistances de la volonté lihre et dont cette liberté, sujette à l'erreur, mais susceptible de redressement, fait la force comme la dignité. Malheur à la science qui, par une rigidité systématique, en briserait le ressort ! Son devoir est de s'ajuster aux nécessités particulières créées par l'inévitable influence des milieux ou par la fatalité physiologique de l'hérédité. La pédagogie contemporaine n'est digne de la confiance que l'opinion lui témoigne chaque jour davantage que parce que ses doctrines intelligentes et libérales reconnaissent parmi les lois communes toutes les diversités de la nature, parce qu'elle rassemble, en les corrigeant ou en les tempérant les uns par les autres, les systèmes de Rabelais et de Montaigne, de Locke et de Rousseau.
De là vient que, dans certaine école, on incline à l'envisager moins comme une science que comme un art. La vérité est qu'il n'est pas de science morale qui, dans ses applications, puisse se passer du concours de l'art. J'ajoute qu'ici ce concours est une absolue condilion de succès. Le danger sans doute est qu'on prenne des expédients pour une méthode et qu'on confonde l'art avec les artifices. Mais où la science est solide et intelligente, l'art ne peut être que sérieux et sincère. Ce n'est point un (aient commun, certes, que de s'établir dans la conscience de l'enfant, de s'en rendre maître en la ménageanl, de la guider sans la contraindre.
Il n'est pas donné à tous, même aux plus savants, de faire judicieusement la part de l'autorité utile et la part de la liberté nécessaire d'aider à l'essor de la sensibilité et de l'imagination, — en dehors desquelles il n'y a pas d'existence morale complète, — sans que la raison, suivant le mot de Mme de Maintenon, cesse jamais d'avoir raison. Le progrès de l'âge modifie les difficultés ; il ne les diminue point. Elles s'accroissent au contraire avec la force des passions. On a toujours plus ou moins de prise sur l'enfant qui ne résiste point ou qui cède vite. L'adolescent, qui sent sa volonté s'affermir et qui n'ignore pas que c'est l'instrument qu'une bonne éducation travaille à forger en lui, a ses retranchements, ses lignes de défense. Il ne se laisse prendre que par ceux qui ont trouvé l'accès , et il n' y faut rien moins qu'une grande dextérité de conduite et toute la souplesse d'une main délicate. Notre pédagogie féminine excelle en ce genre de direction. Je ne crois pas qu'il en existe de plus riche, de plus pénétrante dans ses moyens d'action : on y sent la mère avec toute son expérience et tout son cœur. Cette supériorité de vues naturelles et d'habileté instinctive est la raison dont s'autorisent ceux qui seraient disposés à n'attacher à la science en pédagogie qu'une importance secondaire. C'est là proprement, en effet, ce qu'on appelle le don. Mais si le don est indispensable dans toute fonction où l'éducation est intéressée, il ne se suffît pas à lui-même. Ce que la nature a préparé a besoin d'être approfondi, confirmé, complété par la science. Les ressources de l'art le plus actif et le plus ingénieux s'épuisent si la méditation des principes ne le soutient, si l'étude des faits psychologiques ne le renouvelle.
L'union de la doctrine et de l'expérience, voilà donc ce qui constitue la pédagogie. Elle n'est féconde qu'à ce prix. Les uns peuvent l'étudier dans ses principes, les autres la suivre dans le détail des applications ; c'est ainsi que l'œuvre s'enrichit et possède aujourd'hui, dans tous les pays, dans le nôtre non moins qu'ailleurs, ce que les Allemands appellent une littérature. Mais ceux qui font profession d'appliquer à l'éducation le fruit de l'œuvre commune sont tenus à la fois et d'avoir réfléchi aux fins de la pédagogie et d'en avoir observé les moyens. L'enseignement primaire n'est décidément entré chez nous dans la voie du progrès que depuis que l'idée pédagogique y a été introduite avec l'élévation de vues et la sûreté d'impulsion qu'elle comporte. C'est l'idée pédagogique qui a transformé en ces derniers temps notre enseignement supérieur. Elle commence à renouveler aussi notre enseignement secondaire en faisant pénétrer de mieux en mieux dans la direction du développement physique, intellectuel et moral de la jeunesse l'esprit d'harmonie et de mesure qui est le fond de toute éducation, en même temps que l'habitude de la vie intérieure et de l'action personnelle qui en est l'âme. Les écoles des Jésuites, de l'Oratoire, de Port-Royal, n'ont place dans l'histoire que parce qu'elles avaient crée une pédagogie. Ce qui a manqué à l'Université avant Rollin et le président Rolland, c'est d'avoir la sienne. La pédagogie ainsi comprise est le point de départ et le