CHAP. I. — NOTIONS HISTORIQUES
2. Jusqu'au règne de Henri IV, le gouvernement royal n'a pas participé activement à la construction" et à l'entretien des grandes voies de communication. Sully, qui joignit à toutes ses charges celle de grand voyer, y fit consacrer des sommes annuelles qui montèrent jusqu'à 3 millions de livres. Colbert reprit ces traditions. Pour le seconder dans cette tâche, il avait institué dans les provinces des architectes ou ingénieurs avec le titre d'ingénieurs du roi. Quelques-uns d'entre eux avaient été pris parmi les ingénieurs militaires. L'ouvrage le plus remarquable de cette époque est le canal du Midi ou des Deux-Mers construit par Riquet, et pour lequel le Trésor royal et les États de Languedoc ont alloué des subvention5 considérables.
3. Après les guerres désastreuses qui avaient marqué la fin du règne de Louis XIV et qui
avaient épuisé le pays, le Hégcnt adopta le projet de couvrir le territoire du royaume d'un réseau de routes d'une étendue de 12 000 lieues. Pour rexécution de ce vaste plan, il institua, en 1716, l'administration des ponts et chaussées consistant dans un corps hiérarchique d'ingénieurs, ayant deux chefs à sa tête, l'intendant des ponts et chaussées pour les questions financières et administratives, et le premier ingénieur de France pour la partie technique, placés l'un et l'autre sous l'autorité du contrôleur général des finances.
4. Dans le cours de plus de cinquante ans, les belles routes qui sillonnent encore la France dans toute son étendue, furent exécutées par les soins des intendants de Trudaine père et fils, et sous la direction del'ingénieur Péronnet. C'est sans contredit le monument le plus remarquable du règne de Louis XV et celui dont on s'est , le moins occupé dans l'histoire du temps.
5. En 1747, l'École des ponts et chaussées fut fondée et placée sous la direction du même ingénieur Péronnet, qui a fourni dans ces fonctions une longue carrière. Les États de Languedoc et de Bretagne établirent des écoles analogues à celles de Paris.
6. L'Assemblée constituante, par deux lois du 10 janvier et du 18 août 1791, a maintenu le corps des ponts et chaussées, avec sa hiérarchie et une seule école, celle de Paris.
7. Sous le premier Empire, ce corps a reçu une nouvelle organisation en vertu du décret du 7 fructidor de Tan XII (25 août 1804). L'École des ponts et chaussées a été aussi réorganisée à cette époque.
8. L'organisation actuelle du corps des ingénieurs des ponts et chaussées a été établie par un décret en date du 13 octobre 1 S5 1 dont quelques dispositions ont été modifiées par des actes postérieurs, ainsi qu'on le verra plus loin. Divers projets de réforme soumis aux Chambres depuis 1881 n'ont pas abouti.
L'organisation de l'école, instituée pour recruter ie corps, réglée par un décret du 13 octobre 1851 , a été remaniée par un décret du 18 juillet 1890.
9. Les services auxquels sont employés les ingénieurs des ponts et chaussées ont été rattachés successivement à divers ministères.
Les travaux publics ont été d'abord rattachés à l'intérieur et plus tard au commerce seul ou au commerce et à l'agriculture. Depuis 1869, ils ont fait l'objet d'un ministère spécial.
10. Pendant la plus grande partie du xixe siècle, un directeur ou directeur général des ponts et chaussées a presque toujours été placé auprès du ministre. Ce titre ne se retrouve plus dans l'organisation actuelle du ministère des travaux publics.
CHAP. II. — ADMINISTRATION CENTRALE, INSPECTEURS GÉNÉRAUX ET CONSEIL GÉNÉRAL.
11. Le corps des ingénieurs des ponts et chaussées se compose : 1° d'inspecteurs généraux de lre et de 2e classe ; 2° d'ingénieurs en chef ; 3° d'ingénieurs ordinaires. Viennent ensuite les ingénieurs auxiliaires, les sous-ingénieurs, les conducteurs et les agents inférieurs du service.