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SECOURS DE ROUTE

les plus importants et les plus utiles de la préfecture de police.

3. Les ordonnances de police et les instructions sur les secours publics ont été renouvelées à plusieurs époques et ont subi les modifications que l'expérience et l'état de la science rendaient nécessaires. Ce service, longtemps régi, à Paris, par l'ordonnance de police du 17 juillet 1850 et par les instructions du conseil de salubrité des 19 avril et 6 septembre 1850, a vu ces instructions se renouveler en 1872 et en 1881. Nôtis nous bornons à reproduire ces dernières qui ont été rédigées par l'Académie de médecine.

Accidents et secours aux ouvriers mineurs. — L'instruction médicale qui régit encore la surveillance et la police des mines, en ce qui concerne les secours qui doivent être administrés aux ouvriers mineurs (n cas d'accident, date du 9 février 1813. M. le ministre des travaux publics avait pensé que les progrès accomplis depuis cette époque par la science médicale et par l'hygiène des mineurs rendaient nécessaire le remaniement de cette instruction, et il avait demandé à l'Académie de lui faire connaître les modifications et additions qu'il était désirable d'y apporter. M. le docteur Proust, au nom de la section d'hygiène | ublique et de médecine légale, donne lecture d'un rapport à ce si je'..

Après avoir, à la suite d'une enquête auprès de tous les médecins attachés aux diverses concessions exploitées en France, examiné très complètement les divers accidents auxquels sont exposés les ouvriers mineurs, l'auteur indique ce que doivent contenir les boites de secours et quel doit être l'état des médicaments mis à la disposition dans les mines et usines éloignées d'une officine pharmaceutique ; il termine ensuite par l'indication des princij aux moyens de secours qu'on doit conseiller dans les divers cas; ces moyens sont résumés sous la forme de l'instruction populaire suivante, « qu'il serait utile de répandre à un grand nombre d'exemplaires et d'afficher partout dans les galeries de mines, de tille façon que les ouvriers l'aient toujours à leur disposition » :

I. Secours aux asphyxies. — L'asphyxie est toujours facile à reconnaître ; il y a cessation subite de la respiration, des battements du cœur, du mouvement et de toutes les fonctions sensitives. Le visage se gonfle et se marque de taches rougeàtres ; les yeux deviennent saillants; les traits se décomposent et la face est souvent livide.

Quelle que soit la cause de l'asphyxie, l'indication générale à suivre est de fournir l'oxygène qui manque.

1° On soustraira l'asphyxié à l'action des gaz délétères; on le transportera en plein air ou dans un lieu bien aéré;

2° On lui projettera, avec force, de l'eau froide sur la figure;

3° On placera sous le niz un flacon d'ammoniaque;

4° On déshabillera l'asphyxié et on lui fera rapidement quelques aspersions d'i au froide sur tout le corps;

5° Immédiatement après, on fera des frictions longtemps continuées sur toute la surface du corps et notamment sous lrs clavicules ;

6o L'asphyxié étant courbé sur le dos, une personne, placée en avant de l'asphyxié et pour ainsi dire à cheval sur lui, élèvera et abaissera successivement ses bras.

Il faut continuer longtemps, très longtemps, l'emploi de ces moyens, autant que possible, jusqu'à l'arrivée du médecin. Souvent, dans des cas qui paraissent désespérés, on a pu, à force de persévérance, ranimer des asphyxiés. On entend un léger soupir qui se renouvelle au bout de quelques minutes, et la respiration, ainsi que la circulation, reprennent leur cours.

Aussitôt que le malade donne un premier signe de vie, on le place dans un lit chaud, on lui fait avaler quelques cuillerées d'eau mêlée avec de l'<au-de-vie ou du rhum, et on a soin d'aérer convenablement la chambre où il repose.

II. Secours aux brûlés. — 1<> Le pansement devra être fait dans la mine, ou tout au moins dans la chambre de la machine du puits ;

2° On enlèvera ce qui reste de vêtements, en 1rs coupant avec des ciseaux ;

3° On ne cherche pas à enlever la poudre de charbon qui recouvre le corps, elle n'est pas nuisible. Il n'en est pas de même de petits grains de charbons anguleux, de dimension variable. Ces grains devront être enlevés un à un, soit avec un cure-dents, soit avec un instrument analogue : une allumette taillée en pointe, par exemple. Cette espèce d'épluchement sera fait minutieusement ; un corps étranger de cette nature, de cette forme, que la pression d'un bandage enfonce dans la pi au enflammée, causerait des douleurs intolérables;

4° On ne lavera pas h s plaies ; on les enduira d'une couche d'huile d'olive ou d'amandes douces et on enveloppera le malade de coton ouaté ; on eu applique une triple ou quadruple

couche sur la poitrine, couche suffisamment large pour ccuvrir les flancs; on agit de même pour les bras, le dos, etc.. Le tout est assujetti par quelques tours de bande; il ne faut pas craindre de serrer fort : le coton se tasse.

III. Soins à donner dans le cas de fracture. — Il faut se préoccuper surtout d'obtenir l'immobilité, afin de calmer la e'o ileur et d'empêcher les fragments osseux de déchirer les tissus. On ne devra pas exercer de traction, dans le but d'obtenir la réduction des fractures avant l'arrivée du médecin ; et il ne faudra j as non plus dépouiller le membre atteint des vêtements qui le recouvrent, tout souillés qu'ils soient.

On appliquera des attelles sur le membre fracturé, en l'enveloppant presque entièrement ; elles seront maintenues par quelques tours de bandes.

S'il s'agit de fractures de l'avaut-bras ou du bras, on emploiera, après l'application de l'attelle brisér>, un bandage fait avec un grand mouchoir, plié en fichu, dont les deux bouts extrêmes sont noués autour du cou. On forme ainsi une anse où le mrmbre est appuyé et soutenu.

Pour les fractures de la colonne vertébrale, du bassin, des cuisses, des jambes, on placera l'appareil Riembault, qui est une sorte de gouttière Bonnet, montée sur un brancard.

IV. Secours à donner-en cas de plaie. — Le pansement sera le même que pour les brûlures ; on enveloppe la plaie d'une couche épaisse de coton pour la soustraire à tous les contacts, notamment à l'action de l'air.

V. Secours à donner en cas d'hémorrhagie. — Si la j laie qui donne du sang siège à la tète, au cœur, sur le tronc, l'un des assistants appliquera les doigts sur la plaie qu'il comprimera jusqu'à l'arrivée du médecin; s'il est fatigué, il se fera remplacer par un autre, mais la compression ne doit pas cesser d'être exercée.

Si la plaie siège aux membres, on établit une compression à l'aide du tube en caoutchouc d'Esmarch. On enroule deux ou trois fois la partie supérieure du membre avec ce tube en serrant fortement et on crochette. Le sang s'arrête immédiatement, si la compression est suffisante; sinon on l'augmente. Il n'est pas nécessaire de dépouiller le blessé de ses vêtements.

On peut alors faire remonter au jour le blessé, mais avec les plus grandes précautions et en lui maintenant la tète déclive. Pour cela, on le place sur le brancard, comme s'il avait une cuisse ou une jambe cassée.

Ce projet d'instruction médicale est approuvé par l'Académie, qui en décide le renvoi à M. le ministre des travaux publics. (J. off. 19 mars 1881.)

SECOURS DE ROUTE. La loi du 13 juin 1790 {art. 7) accorde un secours de 15 centimes par lieue aux indigents voyageant à pied; ce secours leur était alloué successivement par les municipalités, de dix lieues en dix lieues et devait leur être remboursé par le Trésor public [art. 13). Lorsque les indigents ne peuvent pas faire la route à pied, l'administration leur fournit des moyens de transport. Aujourd'hui, ce transport a lieu généralement par chemin de fer ; par conséquent, les secours ne peuvent plus être payés d'étape en étape, ni calculés sur la distance parcourue. L'autorité qui a dressé la réquisition de transport remet donc au voyageur la somme de secours nécessaire pour tout le trajet. Mais le transport est payé directement aux compagnies par le payeur. Le remboursement s'effectue par les départements traversés et proportionnellement à la longueur des parcours dans chaque département. {Cire. min. int. 8 déc. 18G5, 22 mars 18G6, 1er mai 1867; Bull. o/f. 1865, p. 684 ; 1866, p. 172; 1867, p. 14 t.)

En principe, les secours de route ne peuvent être accordés qu'à trois personnes d'une même famille, mais ce nombre peut être dépassé pour les familles allant s'établir en Algérie, lin ce cas, les familles devraient être munies d'une autorisation du préfet, sur la présentation de laquelle le receveur communal du gîte d'étape pourrait payer (sous le titre d'avance au département) le secours .alloué au voyageur indigent. [Voij. aussi Passeport.)

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