CHAP. III. — APPROVISIONNEMENTS DE RÉSERVE
26. L'idée de placer en réserve, dans les temps d'abondance, l'excédent de la production des blés sur les besoins de la consommation, pour compenser l'insuffisance de la récolte dans les années de disette, a été mise fréquemment en pratique sous l'ancien régime.
La Convention nationale, reprenant la même idée, rendit, le 9 août 1793, un décret portant qu'il serait formé un grenier d'abondance dans chaque district, et que la Trésorerie nationale tiendrait une somme de 100 millions à la disposition du Conseil exécutif pour l'achat des grains.
Ce système fut promptement abandonné; mais, en 1801, la récolte ayant été mauvaise, le Gouvernement fit faire par plusieurs négociants et banquiers des achats importants de grains et de farine. Ce fut l'origine de la réserve de Paris.
27. Sous la Restauration, l'utilité des approvisionnements de réserve fut fortement contestée. On fit remarquer que cette institution, loin d'encourager le développement du commerce en teuips de crise, tendait à le paralyser. On ajoutait que la formation, la conservation, la gestion d'un approvisionnement important, étaient un extrême embarras et occasionnaient une dépense énorme, et qu'il serait bien préférable d'affecter les sommes que la réserve coûtait chaque année à la formation et à l'accroissement d'un fonds destiné aux secours publics dans les temps de pénurie.
28. La question était encore en suspens, lorsque la mauvaise récolte de 1828 vint en précipiter la
solution Le prix du pain s'étant élevé à 40 cent, le kilogramme, le conseil municipal vota la mise en consommation de la réserve, alors de 1 46000 quintaux L'écoulement de cet approvisionnement commença vers la fin d'octobre 1828 et fut achevé vers le mois de juillet 1829.
29 \près la révolution de 1830, on eut un moment le projet de reconstituer encore line fois cette réserve; mais le conseil municipal de Paris se refusa formellement à taire les tonds nécessaires et depuis cette époque il u'a pins été question de la rétablir.