‹ Dictionnaire de l'architecture du Moyen âgeChapitre 14 sur 140 · ARA · texte numérisé non relu

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une apside à l'ouesl, opposée 4 celle qui se trouve iiaLiirpllement placée à l'orienl. On appelle la première conln-aptide.

L'apside est généralement la partie la plus ornée des églises.

APSIOIOLES, f. Cbapelles apsidates.

ftPSiS GRADATA. Nom lalin du siège ou trAne <]u'occupail l'éïêque dans les anciennes basiliques chrétiennes. On l'appelait apsis, parce qu'il l'iait situéau fond de l'église, et gradata, parce qu'on y parvenait par des degrés. Plus lard on l'a désigné sous les noms d'exedra el de auhrdra ; c'esl de ce dernier mot qu'est venu celui de cathédrale.

Tout riiémicycle a aussi parfois élédésignédu nom d'apsis grad<^. (Voyez Basilique.)

AQUEDUC, m. Construction souterraine ou non. Tonnant un canal, ou soutenant un tuyau destiné à amener l'eau d'un endroit éloigné.

ARABESQUES, f. Ornements sculptés ou peints, formés d'un assemblage capricieux et fantastique de tiges, de feuillages, de fleurs, de fruits et de figures de toute espèce.

ARC i9

Dans les raonuments romans, les arabesques sont fort communes, particulièrement dans le Midi et au XIP siècle, où elles sont souvent d'un goût exquis , d'une variété prodigieuse et d'une exécution fort remarquable.

Il est singulier qu'au XIIP et au XIV« siècle, les arabesques, les enroulements et généralement tous les dessins courants, dont on tirait un si admirable parti dans les peintures des manuscrits, aient presque entièrement disparu dans l'ornementation sculptée des édifices de toute nature. On ne les retrouve plus que dans les bord uTes des vitraux et les ferrures des portes; mais elles reparaissent à l'époque de la renaissance et atteignent au* plus haut degré de perfection. Il est impossible, en effet, d'imaginer rien de plus léger, de plus gracieux, déplus finement exécuté, que celles qu'on voit en si grand nombre dans presque toutes les constructions de cette époque. La passion qu'on avait alors pour ce genre d'ornement était si grande, qu'on en couvrait jusqu'aux meubles et aux armes.

ARBALÉTRIER, m. Les arbalétriers sont les pièces princi* pales d'une ferme de comble; ils sont placés obliquement suivant le rampant du toit. C'est sur eux que portent les pannes. (Voyez Comble.)

Il y a des arbalétriers courbes. Ils sont communs au moyen âge. •

ARBALÉTRIÈRE, f. (Arbalestina, arbalesteria). Meurtrière en forme de croix. (Voyez Meurtrière.)

ARC, m. On appelle de ce nom, en architecture, une construction pratiquée dans l'épaisseur d'un mur, et formée de briques, ou plus fréquemment de pierres taillées en coin, de façon à ce que, placées à côté les unes des autres, elles se serrent mutuellement et se soutiennent ainsi par leur propre poids. Un arc a pour génératrice une ligne quelquefois droite, mais le plus souvent courbe. 11 a pour but ordinaire de couvrir une ouverture telle qu'une porte ou une fenêtre, mais il sert aussi à décharger ou à relier les différentes parties de la muraille où il se

trouve.

L'invention de l'arc ou des voûtes, ces deux expressions sont

presque synonymes \ remonte à une haute antiquité ; elle est de beaucoup^ antérieure à rexistence des Romains, à qui on Va longtemps attribuée. Des rudiments de voûte se voient dans des monuments égyptiens qui ont plus dé quatre mille ans d'existence, et des voûtes appareillées en claveaux se trouvent dans d*autres élevés quinze cents ans avant Tère chrétienne.

Presque toutes les formes d'arcs ont été employées pendant la durée du moyen âge ; mais deux types principaux ont l'un après l'autre dominé : le plein cintre d'abord, l'ogive ensuite. Cette circonstance a permis d'établir les deux grandes divisions généralement admises aujourd'hui, et qu'on désigne sous le nom de période romane et de période ogivale *.

Voici la nomenclature de toutes les espèces d'arcs qui on t été employés en France entre le. V* et le XVP siècle. Nous nous sommes efforcé de la faire aussi complète que possible ; nous avons l'espoir qu'on ne pourra nous y signaler d'omission.

La Plate-bande, ou arc droit. C'est la réunion de plusieurs claveaux destinés à remplacer un linteau d'une seule pièce ; l'intrados qu'ils forment est horizontal.

Le$ plates-bandes sont extrêmement rares au moyen âge, parce que les baies carrées étaient contraires au génie architectural de l'époque. On ne retrouve en effet qu'un petit nombre de ces dernières. Ce n'est guère que dans les fenêtres des châteaux et aux portes pratiquées dans les portails, qu'on en rencontre ; et encore, dans l'immense majorité des cas, elles ne sont point couronnées par de véritables plates-bandes, mais bien par des linteaux d'une seule pièce et portant des deux bouts. Presque toujours, dans les portails, ces linteaux, surmontés d'arcs en dé- • charge, ne supportent que les pierres peu épaisses sur lesquelles sont sculptés les bas- reliefs du tympan de l'arcade; dans les fenêtres des châteaux, c'est l'étroitesse des baies qui assure la solidité des linteaux.

1 Un auteur anglais, Henry Wollon, a dit qu'un arc n'était qu'une voûlo peu profonde, et qu'une voûte n'était qu'un arc de grande profondeur.

s La période romane a été subdivisée en période latine et période romane proprement dite. (Voyez Clastificalion et Latin.)

11 n'est pâs inutile de remarquer que dans les cheminées antérieures au XlIP siècle^ la partie horizontale du manteau est assez souvent formée par une véritable plate-bande, dont les claveaux sont à crossettes simples ou doubles. Le dessin que voici en est un exemple.

Plale-baadr.

Généralement la coupe des voussoirs des plates-bandes ro mânes est compliquée.

L'Arc angulaire ou brtsé^ formé de deux parties droites, inclinées comme les côtés obliques d'un triangle isocèle.

N. I, Am «uguldirr. >'. a. An- eu mitre.

Cette forme, toute primitive et empreinte d'une sorte de cachet barbare, appartient à toutes les époqueside la période romane. Elle est assez commune en Auvergne; c*est un des traits caractéristiques de Tarchitécture anglo-saxonne *.

L'arc angulaire a été nommé aussi arc en fronton et arc en mitre [Corn). Mais la justesse de cette dernière dénomination est contestable ; il est cependant un cas où on peut l'employer avec un

i M. Balissier le nie (Êlémentt d'Archéologie, p. 420), parce que celle forme se retrouve aussi dans l'arcbileelure de différents peuples étrangers aux Anglo-Saxons ; mais il nous semble que cela ne prouve absolument rien* De ce que l'ogive existe dans des monuments égyptiens, résulte-t-il qu'elle ne soit pas le type particulier du style généralement adopté pendant troia

certain à propos, c'est celui où on la fera servir pour désigner un arc angulaire exhaussé par deux parties droites, ainsi qu'on en voit aux étages supérieurs du clocher de Saint-Saturnin, à Toulouse, qui fut bâti, dit-on, à la fin du Xl« siècle (N^ 2 du dessin qui précède).

Leplein cintre , formé d*un demi cercle (voyez la dernière vignette de cet article, page 32); c'est, comme nous l'avons déjà dit, le type de l'architecliire romane. Legs évidentdes constructeurs romains, il a régné presque sans concurrence jusqu'au XII* siècle, où, mêlé pendant un certain temps avec l'ogive, il a fini par être remplacé par elle, et a disparu presque entièrement, au moins dans le nord-ouest de la France et en Angleterre. Dans !e Midi et l'Est, le style ogival a été en relard, et cette circonstance sut!îrait, seule, pour prouver très-clairement que ce n'est pas dans ces deux régions qu'il a pris naissance.

On peut désigner sous le nom de plein cintre exhaussé, celui dont le centre est situé au-dessus des impostes qui reçoivent sa retombée. Le plein cintre exhaussé, qui est beaucoup plus élé- • gant que le plein cintre ordinaire, est celui qui fut employé le plas souvent dans le XII* siècle. ^Dans le chœur de quelques églises de l'Auvergne et du Bourbonnais, il est remarquable par son élancement, qui est,du reste, d'un fort bon efifet. L'agencement des arcs dont nous parlons prouve que l'on connaissait alors un moyen fort simple de donner la même hauteur à des arcs de différente largeur, et cela, sans changer la nature de leur qourbe ; il détruit donc complètement l'hypothèse souvent reproduite de Whittington, qui, citant le chœur de Saint-Gormaindes-Prés, soutient que « l'arc pointu a été employé accidentelle-

siècles dans le noid-ouesl de l'Europe? Évidemment non. — Ainsi que la plupart des archéologues anglais, nous sommes très-convaincu qu'il a existé un style anglo-saxon, qui est peu connu , parce que ses monuments sont presque tous disparus, mais qui est distinct de tous les autres; et nous croyons que l'arc angulaire et les colonnes renflées et annotées le caractérisaient surtout. Au reste, si l'existence de l'architecture anglo-saxonne a été un «sujet de contesiation, une vexala queslio^ )> comme dit M. Bloxam, elle est aujourd'hui prouvée par trop d'aulorilés pour ^Irc révoquée en doute.

« ment et par nécessité, avant de devenir un objet de goût, ^j»

N. I, Ploiii cintre e)iU<iu»»é. M. a, Pleiu «.inire brisé.

On appelle Arc plein cintre brisé (Corn.), une Ogive très-obtuse, dont les points de centre sont si rapprochés, que la pointe en est peu sensible. Ces sortes d'arcs sont les plus anciens rudiments d'ogives qui existent en France.

Pour désigner les arcs elliptiques, que nous appelons surhaussés ou surbaissés, on s'est souvent servi de l'expression p^in cintre surhaussé ou surbaissé ; mais cela est aussi peu rationnel que de dire un cercle carré ou un carré triangulaire. Du moment qu'un arc n'est plus formé d'un demi-cercle, il est évident que ce n'est plus un plein cintre.

L'Arc bombé ou en segment de cercle, qui a son centre au-dessous de sa naissance. Il est peu commun, et est ordinairement couronné d'un autre arc de forme difiPérente. Nous en connaissons des exemples dans les deux styles.

Arc bombé.

VArc en fer à cheval ou outrepassé, formé de plus de la moitié d'un cercle, tliîet arc, tout oriental, est excessivement rare dans

1 Historical turvey of Ihe ecclesiaslieal antiquitiet of France f p. 410- London, I8H.

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