‹ Dictionnaire de l'architecture du Moyen âgeChapitre 15 sur 140 · U ARC · texte numérisé non relu

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les monuments d'architecture chrétienne. Ce n'est que dans un

Art ouircp'kxe.

petit nombre d'édifices du XI» etdu XII* siècle qu'on le rencontre, et il est toujours très-peu caractérisé, A ce sujet nous préviendrons nos lecteurs contre une illusion d'optique qui se reproduit souvent, et a pour résultat de faire paraitre comme ayant la forme d'un fer à cheval, des arcs en plein cintre qui sont seulement exhaussés. Nous croyons que cette illusion a trompé beaucoup de monde, et le peu de courbure que présentent audessous de rhorizontale passant par leur centre, tous les arcs proposés pour spécimens, nous " confirme encore dans notre opinion. Dans quelques cas aussi, la forme en fera cheval des arcs peut n'être que le résultat de la poussée. (Voyez Potissée.)

L'Arc surhaiissé, formé d'une demi-ellipse coupée suivant son petit axe. II apparaît dans quelques voûtes du XIl® siècle, mais il semble a'avoir été employé qu'accidentellement.

\ri- fturhiiUiiKé.

On a souvent appelé Arc surhaussé celui que nous désignons sous le nom iVArc exhaussé, afin d'éviter une confusion fâcheuse.

V!Arc surbaissé ou en anse de panier^ formé d'une demi-ellipse coupée suivant son grand axe * .

Arc ■urbai**é.

Très-rare pendant la période romane, oùiip'apparaitque dans les cryptes *, il est au contraire devenu extrêmement commun dans la seconde partie du XV* siècle. Affecté plus particulièrement aux portes, il a été encore plus employé dans les constructions civiles que dans les édifices religieux, où pourtant on le trouve souvent, mais presque jamais dans les fenêtres.

L'Ogive, arc en tiers point, arc gothique, ou arc pointu. Elle est formée de deux arcs de cercle d'un rayon égal, et qui se coupent. *

Dans l'archéologie chrétienne, il n'est pas de question plus controversée que celle de la naissance de l'ogive ; il faut dire qu'il n'en est pas de plus intéressante. On comprend que dans un ouvrage de la nature de celui-ci, il nous est impossible d'entrer dans dès détails à ce sujet, sur lequel il serait aisé de compiler un gros livre. Ne voulant pas sortir du cadre que nous nous sommes donné, nous nous bornerons à dire que la date exacte et le lieu ^e la première apparition de Togive dans l'architecture occidentale sont encore un mystère dont le voile ne fait que commencer à se soulever ; que l'ogive et le style dont elle est le

1 Sous le nom d'arcs turbaittét, on peut aussi comprendre tous ceui qui,, formés d'une courbe composée, ont pour hauteur moins de la moitié de leur largeur. De même on peut appeler surhaussés , tous ceux qui, égalemeni formés d'une courbe composée, ont pour hauteur plus de la moitié de leur largeur.

* M. Emmanuel Woillez dit qu'en .Picardie les voûtes romanes sont surbaissées. (Voyez Éludes nrrhéologiques sur les monuments religieux de //% Picardie, page 38.)

type ont pris naissance dans le nord-ouest de l'Europe , assez probablement en Fiance ; qu*il est à croire que c'est aux associations de constructeur libres qu*on en est redevable; enfin qu*il n'est pas en Occident d'ogive de date bien authentique, qui soit antérieure à la première moitié du Xll*^ siècle *.

11 existe six sortes d'ogives. L'ogive aiguë (1), l'ogive équilatérale (2) , l'ogive obtuse (5) , l'ogive lancéolée (4) , Togive mousse (5), et l'ogive à contre-courbe (6).

Uif'ferentvi «oriet il'o(rtves.

LOgive aigué, dont la largeur est moindre quç le rayon qui sert à ia décrire. Les antiquaires français ont adopté, pour la dé-

* Si Popinion que nous venons d*émeUre nous était eiclusivement personnelle, ce serait aussi peu de chose qu'il est possible de l'imaginer, et dés lors nous nous fussions abstenu de la formuler, car, inGniment peu confiant en nous-méme, quel que soit le zélé a\ec lequel nous cherchons toujours, nous serions loin de croire que nous n'avons pu trouver que la vérité. Mais cette opinion que nous soutenons, et que nous n'avons adoptée, au reste, qu'après nn examen sérieux de toutes les autres, a pour elle l'autorité de plus d'uo nom très- distingué. Il nous suffit, pour le prouver, de citer celui de M. Ludovic Vitet, qui, le premier, a eu l'honneur de la proclamer en France. Nous disons honneur^ parce qu'il nous semble qu'il y en a véritablement eu à projeter enfin la lumière sur une question aussi obscure et aussi importante.

Voici en quels termes le savant archéologue s'exprime, dans un rapport adressé par lui au Ministre de l'intérieur, en 1 831 : « Quant à un autre style d'architecture, qu'on est peut-être plus accoutumé à entendre appeler ortenta/, le style à ogive (improprement û'M gothique) , j'essaierai aussi de démontrer qu'il n'est rien moins qu'oriental, et qu'au contraire il est essentiellement indigène, et n'a eu d'autre patrie que les contrées d'Occident qui l'ont vu fleurir, c'est encore un admirable chapitre dans nos annales, que l'histoire de cette nouvelle architecture I Son origine, sa formation, ses progrès, c'est l'origine, ia formation, les progrés de presque toute l'Europe moderne, du XII^ au XVI^ siècle, depuis Louis VII jusqu'à Louis XII. Elle est née dans les mêmes cir-

t Rapport à' M. le Ministre de l'iiitërieur, sur les moDuinetits, les bibliothèc|ue*, les arcliires et les muiicc» des <iëp<iriumentN rie l'Oise, de l'Aisne, »(<., p. i3 et t'i.

signer, le nom de lancette qui lui a été donné en Angleterre, à cause de sa ressemblance avec Tinstrument de chirurgie ainsi appelé. La lancette est de toutes les .ogives, la plus forte; elle a été peu employée dans les portes, qu'elles eût rendues trop étroites ; elle a été réservée pour les fenêtres. Elle est un des caractères principaux de l'architecture ogivale primaire. Peu commune au XIV® et au XV« siècle, elle se voit assez souvent dans les arcades des églises bâties au commencement du XVI®.

L'Ogive obtuse, dont la largeur est plus grande que le rayon qui sert à la décrire. C'est la moins gracieuse. Elle est rare au XIII* siècle, et commune au XV«.

L'Ogive équUatér aie ^ dans laquelle on peut inscrire un triangle à côtés égauy. On la retrouve à toutes les époques, et c'est celle à laquelle s'applique plus particulièrement le nom d'arc en tiers point. On dit qu'elle est plus faible que les deux autres.

constances, elle s*est développée d'après les mêmes lois que tout ce qui esl né, que tout ce qui s'*est développé alors en Occident, langues* peuples, états, institutions; elle préside au réveil du moyen âge, comme Tarchitectare à plein cintre assiste à son sommeil. Son principe est dans Témancipation, dans la liberté, dans Tesprit d'association et de commune, dans des sentiments tout indigènes et tout nationaux ; elle est bourgeoise, et de plus elle est française, anglaise, teutonique, etc. ; Tautre, au contraire, est exotique, et sacerdotale ; elle nattdu dogme etnon du sol, de la foi et non des mœurs; elle régne par droit de conquête ecclésiastique ; elle n'a i.*iutre principe, d'autres racinesque l'Église et les canons. Aussi les architectes, qui sont-ils ? Ici, des moines, rien que des moines ou des gens d'église ; là, des laïques, des franc s -maçon s. »

Aux personnes qui désirent étudier la question de l'origine du style ogival, nous indiquerons comme renfermant la liste des principales hypothèses imaginées^ àcesujet, le cinquième volume des Architectural antiquilies ofGreat Britain, parJ. Brilton, et le deuxième volume de V Histoire de l'Architecture j par m. D. Ramée. Elles trouveront de plus, dans ce dernier ouvrage, une longue dissertation, pleine d'intérêt, sur la naissance et remploi de l'arc pointu. Nous avouerons avec franchise que l'auteur, qui appuie et développe le système de ' M. Vitet, nous parait avoir fait sur la naissance de l'ogive et du plein cintre qu'on rencontre dans tant de monuments, une supposition qu'il est difficile d'admettre tant que la justesse n'en sera pas prouvée par des documents d'une authenticité incontestable ; mais son travail n'en doit pas moins être placé en première ligne parmi ceux qui traitent de la question. Il en est en effet fort peu qui offrent aussi bien les moyens de la résoudre, et nous en dirons tout autant de celui qu'il a fait sur l'impropriété du mot byzantin, appliqué au style des monuments romans , impropriété qu'il démontre poremploircment, jusqu'à l'évidence. •

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