‹ Dictionnaire de l'architecture du Moyen âgeChapitre 36 sur 140 · GHA · texte numérisé non relu

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Des fleurs de chardon en métal formaient quelquefois l'amortissement des toils des tourelles appartenant aux constructions civiles de la même époque.

CHARNIER , m. Sorte de petit bâtiment annexé à un cimetière et souvent adossé à Téglise, qui sert à recevoir les ossements que les fossoyeurs trouveut dans leurs fouilles.

On a aussi appelé charnier une espèce de galerie vitrée et réservée, située au rez -de-chaussée d'une église paroissiale.

CHASSE, f. Ce mot vient du latin capsa; il signifie effectivement un coffre destiné à contenir les ossements d'un saint.

Les plus anciennes châsses ont la forme d'une boîte oblongue dont le couvercle imite un petit toit à deux rampants. Elles offrent, sur chacune de leurs faces, des panneaux de cuivre doré, presque toujours ornés de figures émaillées, et souvent repoussées. Le faîtage du petit toit est aussi très-fréquemment orné d'une crête à jour et garnie de perles en verre de différentes couleurs, quelquefois même de pierreries.

A partir du XIII® siècle les châsses furent souvent construites de manière à simuler de petites églises ; c'était, dit-on , d'après cette maxime, que les saints ayant été le temple du Saint-Esprit - pendant leur existence, il méritaient, après leur mort, que leurs ossements fussent enfermés dans la maison véritable de Dieu. Les châsses de l'époque ogivale sont communément des morceaux irorfévrerie très- remarquables.

CHATEAU, m. (Voyez relativement aux châteaux, les articles Donjon, Bayle, Enceinte , Tour , Courtine , Fossé , Kchauguette , Guette, Barbacane , Hourd , Lantcrnon, Oubliettes, Basse-Cour , Meurtrière^ Créneau, Mâchicoulis, Fenêtre, Herse, etc.)

CHAUFFOIR, m. C'était, dans les couvents, une salle garnie d'une grande cheminée , et dans laquelle les moines se réunissaient pour se chauffer.

CHAUX , /*. La chaux, ce produit si utile, est le résultat de la calcination d'une espèce de pierre particulière, qu'on expose, à cet effet, pendant un temps [)lus ou moins long, à un feu très-violent qui la transforme en une matière friable, d'un blanc fauve, et qui a la singulière faculté de faire effervescence avec l'eau ,

o/esl-à-dire de faire bouillonner celle-ci, en dégageant de la chaleur. Cette opération se nomme l'extinction de la chaux ; elle en augmente beaucoup le volume, et la change en une pâte graisse €t blanche; la chaux est alors propre à être employée, ce qu'on fait en la mêlant avec environ deux tiers de sable , si l'on veut obtenir du mortier ordinaire, ou avec des tuileaux, de la pouzzolane, etc., si Ton veut obtenir du mortier à ciment.

On distingue deux sortes de chaux ; la chaux maigre qui foisonne peu, c'est-à-dire dont le volume n'augmente pas beaucoup; la chaux grasse^ au contraire, /bûonnc considérablement, mais elle ne vaut rien pour les constructions hydrauliques.

CHEF , m. (Blason.) Bande horizontale qui occupe le tiers supérieur de l'écu.

CHEMIN DE RONDE, m. On s'est servi de cette expression (Corn,) pour désigner un passage étroit, et quelquefois couvert, qui permettait de circuler le long des remparts. Dans un grand nombre de châteaux, ces chemins de ronde n'existent pas, ou du moins ils sont d'une étroitesse telle, qu'on a supposé que pendant les sièges , des constructions plus commodes en charpente devaient suppléera leur peu de largeur. (Voyez Hourd.)

CHEMINÉE , /. La signification de ce mot est complexe, car il désigne en même temps l'ensemble d'une chose, et les deux parties principales qui la forment. Ainsi tout le monde nomme cheminées , ces constructions qui s'^élèvent- au-dessus des toits et contiennent les tuyaux par où s'échappe la fumée * ; tout le monde nomme également de la même façon le foyer, et le diambranle qui l'encadre ; mais dans cette dernière partie d'une cheminée, il y a plusieurs choses à distinguer :

Uâtre, L, c'est le sol de la cheminée. Le contre-cœur y N, c'est !e fond de la cheminée, la partie garnie d'une plaque de fer, ordinairement armoriée dans les anciens hôtels ou châteaux. Le chambranle^ V, plutôt appelé manteau. Enfin, la hotte, E, ou nais-

1 On donne le nom de souche de rheminée à la réunion de plasiears tuyaux.

sance du tuyau , qui commence immédiatement an-dessus du manteau.

CIteininée «lu Xlle ■îp)-|k.

A l'intérieur des appartements, les cheminées du moyen âge présentent une très-grande ressemblance avec celles qu'on voit encore, en grand nombre, dans les vieilles auberges de province, L'âtre est au niveau du sol, le manteau est très-élevé, et la hotte fait saillie sur les murs avoisinants , mais est en retrait sur le manteati. Ce n*est guère que par les moulures que les cheminées des diverses époques se distinguent entre elles, car la disposition générale est à peu près toujours la même.

Extérieurement et pendant la période romane, les souches de cheminées, souvent construites en briques, sont le plus ordinairementde forme circulaire, et exhaussées sur un socle. Cependant on en voit aussi à cette époque qui forment comme une petite tourelle polygonale et garnie de colonnettes sur les angles. Cet arrangement est fréquent dans les monuments ogivaux. Au XV1« siècle, les cheminées atteignent une hauteur si considérable, qu'elles paraissent quelquefois écraser de leur poids Tédifice qu'elles surmontent. Celte grande hauteur était au reste la conséquence forcée de l'élévation prodigieuse des combles en usage alors.

CHEMISE , f. Mur d'enceinte fortifié. Ensemble des murs de soutènement d'un rempart continu.

CHENEAU, m. Canal ordinairement en plomb, destiné à recevoir les eaux d'un comble , et à les conduire dans les tuyaux par lesquels elles doivent s'écouler.

CHEVET, m. KKtri^milé orientale il'une église, surtout considérée extèrieuremeiil. Ce mol vient du latin caput, et on explique cette étymolt^ie en disant que le chevel d'une ^lise, eu forme de croii liitine, correspond à celle partie de l'instrumenl dji supplice de JAsus, sur iafiuelle il appuya sa lête. (Voyez Apside.)

CHEVRON,' m. Moulure romane formée d'un tore qui décrit une suile d'angles ou de zigzags, ce qui l'a fait aussi appeler de ce dernier nom.

Au XI* siècle et au XII', il n'est pas d'ornemenl plus commun dans le nord-ouest de la France et en Angleterre. On le retrouve quelquefoisau commencement du XIII° siècle, mais on ne le voii plus, de même que les autres moulures romanes', dans tous les monumenls oâ le style ogival se montre définitivement caractérisé.

Lorsqu'il y a plusieurs rangs de chevrons serrés les uns contre les autres, on les appelle chevrons muiliplei, ou lores guivri*. ■ Com„ n. 1.)

Lorsqu'ils sont disposés de manière ik ce que leurs nnglossoionl opposas, el qu'ils forment ;iinsi des lossnges. on tes nomme

chtvront cotttTe chtvronnés, sigzai/s contre zxqzaques ou enfin torts contre -cAeut'ORn^s. [C'oni. n 2 )

Les chevron» en charpente sont des pièces de boia posées en travers des pannes, c'est-à-dire dans le mËme sens que les arbalétriers. (Voyee ces mots el Comble.)

Le chevron, en blason, est une pièce qui a la forme d'un V renversé. C'est lui qui a donné son nom à la mouture.

CHEVRONNÉ (To>b). C'est le nom donné au chevron par le Comité des Arts. — On peut dire aussi une archivolte chevronnée pour indiquer que cette archivolte est garnie de chevrons.

Pdf chevronné. (Voyez Fût.)

CHOEUR, m. Partie d'une église qui S'étend depuis le transsept jusqu'à l'apside.

Dans les anciennes basiliques, il y avait, en avant de l'autel, un espace fermé par une enceinte , qu'on appelait chirur parce qu'il était le lieu où se tenait la troupe de chantres {cœtus conenfium cltricorura) qui exécutaient les chours,- mais comme cet espace n'était qu'un arrangement intérieur, sans influencesur le plan de l'édifice, on doit dire que dans les ^lises primitives il n'eiistait pas de chœur, au moins architecturalement parlant, car la tribune touchait immédiatement au trannsepl ou à la nef même ,

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quand celui-ci n'exislail pas. (Voyez BasiliquK.) An XI' sik-h encore, tes chœurs étaient Ton courts et souvent ne consislaieril qu'en une seule travée ; ils ne cessèrent pas de s'allonger dans les deux siècles suivants jusqu'il ce qu'ils alleignissent en longueur environ la moitié de celle de la nef, ce qui est à peu prèsia proportion qu'ils présentent le pins souvent, (Voyez É'^lfoe.)

Dans les églises romanes, le (oit du chœur est souvuiil moins élevé que celui de la nef- Cela ne se voit jamais dans les ^iSfS ogivales, où. par contre, le sol du chœur est souvent exhaussé ; c'était, au re^te, loin d'èlre une disposition générale, car si on en rencontre d'asstz nouihreux exemples, on voit aussi quelque- * fois l'inverse avoir lien.

Dans les églises collégiales , c'est dans le chœur que se pinçaient les chanoint'S ; aussi est-ce lA que se trouvent les sI.iIIpsqui leur servaient de sièges. Le chœur a toujours été réservé esclusivemenlau clergé; de nos jours l'accès en est encore généralement Inlerdit an public.

Dans les monastères de femmes , on appelait ekieur une salle attenante à l'église, mais qui en élait séprtrée par un grillage. Les religieuses y entendaient la messe

CHOU (Feuillbs de). Elles sont exirémemenl communes dans les monunienls du XV' siècle, où on les voit souvent servant de crochets ou remplissant cet espace ayant la forme d'un triangle curviligne qui se Uouve entre l'exlradosd'un arc surbaissé et l'intrados de l'arc en accolade qui le surmonte et se fond avec lui. La feuille de chou frisé a été aussi très-fréquemment imitée , mais moins que l'antre néanmoins; en voici un spécimen

CHRÉTIENNE (Abchitectcre) . Cette expression commence à êlre d'un emploi générai pour désigner les différents styles arcbi-

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tectoniques quisesont succédé en Occident, pendant toute la durée du moyeu âge, c'est-à-dire du V" siècle au XVI'. Sans être d'une justesse incontestable', elle est néanmoins une des meilleures possible. C'est M. Britton. le célèbre archéologue qui a mis au jour tant de magnifiques travnni sur les monuments anglais, qui l'a employée le premier. « Comme terme générique pour n désigner l'architecture du moyen âge, c'est-S-dire les difîé- « reuls genres ou styles qui furent inventés et adoptés pour les a monuments religieux, après l'établissement du christianisme, H je crois, dit'il, que le nom iVarckitectwe chrétienne sera nonseulement k l'ahri des objections, mais encore convenable, « précis etcorrect*. «■

CIBOIRE, >9. (ciborium.) C'était une sorte de dOme, quelquefois de pierre, mais plus souvent de bois ou de métal, qui, porté par des colonnes fréquemment torses, couvrait le maltre-autel des anciennes basiliques, à la façon du propitiatoire placé audessus de l'arcbe d'alliance des juifs. Ans ciboires était suspendue une colombe d'argent ou une tour d'ivoire qui contenait les hosties, et ils étaient garnis de rideaux qu'on tirait an moment du sacrifice, pour en dérober la vue aux fidèles.

Il n'y avait ordinairement qu un seul ciboire, mais il était

I M. wilson a dit «vec liesacaap de niiand, t|ae l'ircbileelurc ogi ■«!« mérittriil mleai le lilre de calholiqoe que cf lui de chrétienne. Vojei Pugin't tpeeimciM ii{ gotMe aTchiteelurt. — InlToductory remaria, p«g. XI.

• Ankitietwal aitli^%Uiei of Gnat-Britain, page ït, l. V.

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