‹ Dictionnaire de l'architecture du Moyen âgeChapitre 94 sur 140 · Z NIC · texte numérisé non relu

Z NIC

— 6, 6, lifruF.i. — 1 , clef ik vaille. — 8 , [Xiint Jn jonction iWs liernes nLdes tjerceroiis, souveni orné d'une clef pendantes ou d'une rosace.

NICHE, f. Enfoncemenl pris dans l'épaisseur d'un mur pi dfîsliné à contenir une statue ou un tombeau.

Les niches à tombeaux sont fort anciennes; elles étaient souvent décorées de colonuettes et d'une riche arebivotte. Quant au» iiicheiià statues, formées d'abord d'uni! petite arcade (Voyiz la vignette de l'article Façade), ce n'est qu'à la Dn <1u \ll' siècle qu'elles ont commencé à s»! couronner d'un dais et it se ftamil

à leur partie inférieure d'un cul-de-lampe, disposition i|u'Mlf>a ont toujours gaiilée depuis. Lé^ niclies sont fort nombreuses dans

les monuments à ogives ; on en voit dans presque toutes les parties dos édifices.

NILtES, f. Petits pitons de fer rivés aux traverses des armatures de vitraux , et qui retiennent les panneaux au moyen de clavettes.

NIMBE , m. Ornement qui entoure la tête des images de Dieu ou de saints personnages. Il est ordinairement rond, mais quelquefois il présente une autre forme. Il est toujours croisé quand c'est celui d'une personne de la Sainte-Trinité ; du moins, il n'est que fort peu d'exceptions à cette règle.

NORMANDE. C'est un des noms qu^on donnait à l'architecture romane. Les Anglais nomment anglo-normand le style qui se montre chez eux depuis la conquête, en 1066, jusque vers le XIII* siècle, époque où l'adoption du système ogival fut générale dans la Grande-Bretagne.

NOYAU , m. Cylindre portant de fond, et soutenant d'un côlt» lesaboutsdes marches d'un escalier en limaçon, au milieu duquel il se trouve.

NU (d'un mur), m. Sa surface unie ; on se sert de cette expression par opposition aux parties saillantes ou ornées.

OBÉDIENCE. (Voyez Celles.)

OEIL, GOULUS, m. Fenêtre ronde qui était souvent percée dans le tympan du fronton des basiliques latines, et qu'on retrouve encore dans quelques édifices du XI* siècle. Ces ocult paraissent êtn^ les rudiments des roses magnifiques qui furent d'un usage général, à partir de l'adoption du style ogival.

OEIL DE VOLUTE. Petit cercle qui form<î son point central.

OEUVRE , /. Une mesure est dite dans œume, lorsque, prise

à l'intérieur d'un bâtiment , elle ne tient pas compte de Tépais-

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seur des murailles ; quand cette épaisseur est comptée, au contraire, la mesure est dite hors œuvre.

Reprendre en sous-ceuvre , c'est réparer des parties inférieures d'un édifice, sans toucher aux parties supéi'ieures. Ce genre de travail était souvent si habilement exécuté an moyen âge que dans beaucoup de cas on ne peut, voir les traces de soudure de la partie ancienne avec celle qui l'est moins.

OGIVE, f. Ce mot désigne maintenant l'arc aigu qui est formé de deux arcs de cercle d'un rayon égal , et qui se coupent (Voyez page 26) ; mais il désignait primitivement, et il désignait encore dans l'autre siècle , seulement les nervures diagonales d'une voûte d'arête, nervures qu'on appelait ordinairement croia; ou croisées d'ogives , quelle que fût la courbure de la voûte dont elles faisaient partie; c'est ce que de nombreux documents de diveijjes époques prouvent de la manière la plus claire.

Frézier, qui paraît avoir, le premier, confondu sous un mém nom l'arc aigu et la nervure diagonale , a donné du mot ogivF==une étymologie fort absurde, mnis qui à pourtant été adoptée ré — cemment par des archéologues de mérite : « Ogive ou augive ^ « dit-il, dans son Traité de la coupe des pierres^ signifie, chez I « père Derand, les voûtes gothiques en tiers-point. Ce mot, sui — « vant ma conjecture, vient de l'allemand aug, qui signifie l'ceil — « parce que les arcs des cercles des cintres des voûtes gothique « font des angles curvilignes, semblables à ceux des coins d « Tœil , quoique dans une position différente. » L'étymologie d Frézier n'est pas, comme on voit , sérieusement discutable ; un autre, fondée nous ne savons trop sur quoi, et qui fait veni^ ogive d^auge, nVstpas plus satisfaisante.

La dérivation très-probable du mot o^«ve est celle qu'a proposée M. Lassus *. Nous transcrivons le passage où cet archéologue établit son opinion, à laquelle des remarques faites par M de La Croix sur le patois des départements de l'Est * sont venues donner la plus grande vraisemblance. « Convenons d'abord d'un

1 Ànnalet arehéologiqueg^ t. II, p. 43.

s Id., p. 116.

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« fait qui résulte évidemment de toOt ce qui précède , c'est que « le mot ogive avait pour but unique de distinguer la voûte croi- « sée simple , à pénélAtions anguleuses , c'est-à-dire la voMe « romaine et romane , de la voûte croisée à nervures saillantes « qui appartient exclusivement, n'en déplaise à M. Qiiatremère « de Quincy , à l'architecture gothique. Ainsi , le mot ogive ou « augive, appliqué à une voûte, indique que les arêtes sont aug- « mentées, renforcées, doublées, ou plutôt remplacées par des « corps saillants, véritables soutiens de la voûte. Or, si l'on cher- « che Tétyraologie du mot ogive ou augive dans ce sens, voici ce « que Ton trouve d'abord dans le lexique de la langue des troua badours, par Raynouard, tom. II :

« Aager, v. lat-, augere, augmenter, aceroflre. »

« Puis , dans le tom. IV, de Ducange, au mol ogis, on lit la citation suivante :

Rex regum mundi venerabilis iiie Philippus, Calholicee fidei calidus defensor et ogis.

(c Quant au nom par lequel on désignait ce que nous appelons « aujourd'hui l'ogive, c'est-à-dire l'arc aigu , voici un texte cu- « deux que je dois à l'obligeance de M. H. Dusevel , d'Amiens , « membre de nos comités historiques. Rien ne semble plus « précis :

« Item II crois d'augives pour faire les voûtes sus et une

« arche entre II crois augiveres, etc »

« Ici arche exprime l'arc-doubleau qui a la forme aiguë. Dans o le manuscrit des archives du royaume, déjà cité. Tare aigu est « appelé arc empoitiez, »

OGIVAL. C'est l'expression la plus convenable pour désigner le style de cette magnifique architecture dont Tarp pointu est le type.

L'architecture ogivale est la plus majestueuse , la plus élégante,

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en un mol la plus belle de toutes El en vérité^ cela est si évident pour quiconque est sans préjugé d'école ou s'est défionillé de ceux qu*il avait, qu'on a peine à comprendre comment une pareille vériié n'a pas été proclamée plus tôt; comment le goût el la raison ont pu être assez sacrifiés pour que pendant trois siMes cette architecture bâtarde qui n'est ni grecque ni romaine, ait peu jouir dil privilège d'être la seule employée ; comment surtout , aujourd'hui qu'on connaît en France les monuments du moyen âge, et que conséquemment on peut apprécier les beautés, de tous genres qu'ils renferment, et que, d'un autre côté, la nullité, les inconvénients et souvent le ridicule des pastiches antiques sont des faits patents pour tout le monde , on se demande , disons-nous , comment la réaction est si timide , comment on tâtonne avec mollesse, au lieu de construire franchement dans le style ogival S ainsi qu'on le fait déjà dans les pays avoisinants.

Cela a d'autant plus lieu d'étonner qu'en ce moment l'archi- • tecture classique est, Dieu merci, morte à jamais. C'est bien encore, il est vrai, la seule qu'on enseigne aux élèves; mais à peine sontrils hors de la portée de la férule magistrale , que, peu soucieux du Vignole et de ses règles pédantesques et absurdes, ils cherchent à faire du nouveau. Ce nouveau n'est pas toujours très-heureux , il faut le dire , mais il peut le devenir et nous espérons qu'il le deviendra, parce qu'il semble qu'on s'achemine vers les véritables sources de l'art architectural en Occident, et cela en passant par le même chemin qui a servi à s'en éloigner : dans quel style sont t)âties la plupart des maisons où les artistes ont eu la faculté de suivre leurs inspirations? dans le style de la renaissance ; eh bien ! qu'on fasse encore un pas en arrière , et l'on sera arrivé !

Et qu'on ne dise pas que c'est là quelque chose de fâcheux,

1 C*est, en effet, seulement dans quelques églises qu'on a de nouveaufait usage de rarcbiteclure ogivale ; aucun grand édifice civil, comme la Maison des Communes de Londres, n'esl encore venu lui donner la consécration dèni elle a besoin aux yeux des masses. l\ n'appartient donc qu*au gouvernement, qui veille au reste avec une louable sollicitude sur tes monuments du moyen âge, d'amener ce résultai si désirable.

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j>arce que cVst suivre une manlie rétrograde : d'aboni ceux qui copient les Grecs et les Romains n*ont pas le droit de tenir ce langage ; et d'un autre côlé, qui peut nier que lorsqu'on est tombé dans une ornière et qu'on ne peut passer oulre, plutôt que d'y rester, il ne vaille mieux revenir sur ses pas ?

Il faut donc revenir aussi à l'architecture ogivale, puisqu'on ne peut faire mieux , puisqu'on n'a seulement pas osé essayer d'arriver à ce résultat : on sait qu'il n'y a pas eu jusqu'à présent l'ombre d'un essai raisonnable pour créer un nouveau style. On ne doit pas même mentiormer à ce sujet les prétendus ordres français, déplorables modifications d'ordres qui n'en admettent guère.

Il ne faut pasdire davantageque le retour à l'architecture ogivale est une tentative décourageante parce qu'elle tend à prouver que l'art ne peut plus progresser, car persorine ne soutient que cette architectiire tte peut admettre de modifications heureuses ; mais on affirme seulement qu'elle est a préférer à toute autre, et cela, alors même qu'elle ne serait susceptible d'aucune amélioration, ce qui. après tout, ne prouverait qu'une vérité bien connue, c'est-à-dire qu'il est des limites que l'esprit humain ne parait pas pouvoir franchir; malgré tous les progrès des sciences et des arts en général, maçonne-t-on aujourd'hui beaucoup plus solidement que du temps d«'S Komains, et taille-t-on beaucoup mieux le marbre que du temps de Phidias?

Il n'est pas d'objection réelle, sérieuse, à faire contre l'architecture ogivale: on n'en a jamais nié la variété et la hardiesse; on reconnaît aussi assez généralen)ent le charme qu'elle possède ; le seul reproche à lui adresser qu'on trouve grave, c'est qu'elle manque d'ordres, en d'autres termes de proportions fixes ; nous le disons, c'est là un de ses grands avantages !

Quel est, en effet, le résultat de ces règles immuables qui régissent l'architecture antique , et que les modernes se sont , comme à plaisir, ingénié à rendre encore plus strictes? C'est d'abord la plus fatigante monotonie, monotonie que, avec la meilleure volonté du monde, on ne peut faire passer pour une beauté, car il serait trop aisé de pousser à l'absurde le raisonne-

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