ALBUM
forme oblongue, dont les feuillets reçoivent des pensées, des poésies, des croquis, des dessins, etc. Ce sont généralement les amis de
la famille ou des connaissances qui remplissent les albums, qui restent comme souvenir dans les familles ; du reste, en Allemagne l'al-
leWO/UO^ ûu^. ccU-z-
Fig. 12. — Portrait de Cliarles-Quint^.(bas-relief en albâtre).
bum porte le titre significatif de stammbuch (livre de souche ou de famille). Il a fait son apparition en France dans les premières années du xixe siècle. Les artistes dessinateurs ont souvent sur eux des albums, plus modes-
tes que ceux de famille, mais qui ont beaucoup plus de prix, car ils leur servent à prendre des vues, des dessins, des croquis. Dans le langage de la curiosité, on désigne sous ce terme de nombreux feuillets de dessins, de musique, de
ALCARAZAS. — ALENÇON (point d').
croquis, réunis sous une même couverture. Les albums de la Chine ou clu Japon ont souvent une grande valeur, suivant la beauté du travail qu'ils renferment.
ALCARAZAS, ALCARAZOS ou ALCA- RAZAS. — Vase originaire de l'Egypte, où
Fig. 13. — Alcarazas de Valence (1er type).
il a rendu et rend encore de grands services , et importé en Espagne par les Arabes. De là il a pénétré en Italie et en France. Ce vase
Fig. 14. — Alcarazas de Valence (2e type).
est en terre très poreuse ; aussi est-il employé dans les pays chauds à rafraîchir l'eau. On hâte et on active le refroidissement en recou-
vrant les alcarazas d'un linge grossier de laine très imbibé d'eau et en suspendant l'alcarazas, au bout d'une corde, au nord et dans un courant d'air. Le drap mouillé et le courant d'air favorisent l'évaporation de l'eau et par conséquent son refroidissement. Tel est le genre d'alcarazas que nous nommons en
Fig. 15. — Alcarazas de Valence (3e type).
France vases hydrocérames (de uSwp, eau, et xépa^oç, terre à potier). — En Chine, on fait des alcarazas en porcelaine émaillée qui ont généralement un teton d'écoulement sur la panse. En Italie, mais surtout en Espagne et dans la Perse , il existe également des alcarazas en poterie richement émaillée qui servent à la décoration des appartements; tels sont ceux que représentent nos figures 13, 14 et 15. Ce sont des alcarazas de Valence (Espagne) conservés à la manufacture nationale de Sèvres. — En général, nous venons de le voir, les alcarazas sont faits en terre cuite non vernie ; cependant, dans certains pays, on utilise des poteries vernies, analogues à celles que montrent nos figures. Du reste, en été l'eau se conserve toujours beaucoup plus fraîche dans la poterie même vernie que dans des vases de métal.
ALDINES (Éditions). — Voy. Livre.
ALENÇON (Point d'). — Genre de dentelle (fig. 16) qui se fabrique à Alençon et qui réunit la richesse des dessins à la perfection du travail et à la reproduction des plus beaux motifs ; pour toutes ces qualités cette merveille d'art a été surnommée la reine des dentelles.
ALERION. — ALGERIENNE.
Voy. Dentelles, où le lecteur trouvera une superbe barbe ou cravate en dentelle d'Alençon du xviii6 siècle.
Historique. — On doit à Colbert l'importation de cette belle industrie en France. C'est en 1665 que le ministre de. Louis XIV installa dans son château de Lourai des ouvriers vénitiens; dix ans plus tard, des lettres patentes fixèrent le siège de la • fabrication à Alençon ; mais, malgré les privilèges accordés aux fabricants , l'industrie était languissante et partant ne progressait guère, parce qu'elle était écrasée par la concurrence des produits étrangers ; aussi un édit royal en date de 1684 prohiba l'entrée en France des dentelles de Flandre , de Gênes et de Venise. A partir de
Fig. 16. — Point cl' Alençon.
cette prohibition, l'industrie prit un grand essor, et les fabriques un grand accroissement ; mais cette prospérité ne fut pas de longue durée, car, sous Louis XVI, Marie-Antoinette mit à la mode des dentelles beaucoup plus légères, moins riches et par conséquent d'une moindre valeur, ce qui ruina complètement le point d' Alençon. Sous le premier empire cependant, ce genre de dentelle reprit quelque faveur, et depuis les dames ne l'ont jamais abandonné, puisque de nos jours la fabrication fournit encore au commerce une assez grande quantité de ce beau produit de l'industrie française.
Fabrication. — Le point d' Alençon se fabrique entièrement à l'aiguille et sur un parchemin doublé d'une toile ; de là son extrême solidité. L'ouvrière (nous n'osons dire la den-
DICT. DE L'ART
tellière, car aujourd'hui une machine porte ce nom) exécute des morceaux d'environ 0m,25 ; puis ces petites pièces sont réunies bout à bout au moyen d'une couture imperceptible et forment une coupe ou pièce qui mesure ordinairement 25 mètres de longueur. Le fil de lin employé pour la fabrication est filé à la main et, bien que retors, il est d'une extrême finesse et sans nœuds. C'est à la bonne et belle qualité de son fil que le point d' Alençon doit sa beauté et sa grande réputation. La majeure partie des fils employés à la fabrication du point d' Alençon est tirée du département de la Somme, surtout des environs de Nouvion.
ALERION. — Ce terme de blason (dérivé du latin aqidlario, diminutif à'aquila, aigle) sert à désigner de petits aigles sans pattes, aux ailes étendues, qui dans l'héraldique indiquent une victoire remportée sur l'étranger. Les maisons de Lorraine et de Montmorency avaient des alérions dans leurs armoiries.
ALFA. — Cette graminée persistante, de la tribu des plialaridèes , croît par touffes dans les terrains rocheux des hauts plateaux du tuf de l'époque quaternaire. On emploie la feuille de l'alfa, qui affecte la forme' du jonc, à fabriquer des objets de sparterie, nattes, paillassons, cordes, ainsi qu'à faire des chapeaux, des corbeilles, des paniers ; enfin , dans ces dernières années , les Anglais ont utilisé l'alfa pour faire de la pâte à papier. — L'usage de l'alfa remonte à une haute antiquité, puisque les Phéniciens envoyaient leurs vaisseaux en Espagne pour charger de l'alfa. Les Espagnols sont restés maîtres dans l'emploi de cette graminée; aussi ont-ils fondé de nombreux établissements en Algérie, où l'alfa croît naturellement et où la culture le rend encore plus productif. Après eux, les Arabes ont également travaillé l'alfa, qu'ils nomment lialfa.
ALGÉRIENNE. — Étoffe d'ameublement très épaisse qui se fabrique à Alger et dans toute l'Algérie ; elle est tissée au moyen d'une grosse laine aux couleurs vives et variées.
ALLOUYERE. — AMBRE.
Cette étoffe est rayée dans le sens de la trame; elle sert pour faire des tentures, des portières, etc. Telle est la véritable algérienne ; seulement aujourd'hui on emploie beaucoup plus la fausse, qui est un tissu plus léger qui se fabrique à Roubaix, à Tourcoing et à Aubusson.
ALLOUYERE. — Ancien terme dérivé de la basse latinité (alloiierium) , et qui désigne une sorte de grande bourse, une gibecière en cuir, en velours ou en satin, que les dames portaient à la ceinture, et dans laquelle elles renfermaient leur argent et leurs papiers. (Voy. Aumonière et Ridicule.)
ALTO. — Instrument à archet de la famille des violes, il comporte ordinairement quatre cordes qui donnent, de l'aigu au grave,
Fig. 17. — Alto.
le la, le ré, le sol et Y ut. Quelques types anciens ont en plus le mi du violon : c'est la viole d'amour. La troisième et la quatrième corde sont filées en laiton. Cet instrument s'accorde de quinte en quinte; son doigté et le maniement de l'archet sont les mêmes que pour le violon, seulement la musique s'écrit avec la clef d'ut, troisième ligne. L'alto a une quinte de moins à l'aigu que le violon et une quarte de plus au grave; les sons
qu'il rend sont doux et mélancoliques. On nomme aussi cet instrument alto-viole, quinte; il nous vient d'Italie ; quelques-uns ont des volutes admirablement sculptées et valent un grand prix, surtout s'ils sortent des ateliers d'Amati, qui excellait dans cette fabrication. — On désigne de même une sorte de clarinette à pavillon courbe, faite en buis, en ébène ou en grenadille. Notre figure 17 montre un alto de ce genre.
ALTO-BASSE. — Ancien instrument de musique à cordes et à percussion. L'instrumentiste le frappait d'une main avec un bâtonnet, tandis que de l'autre main, il jouait un air sur la flûte. L'accord de l'altobasse avec celle-ci se fait sur la quarte, la quinte ou l'octave.
ALVÉOLE. — En orfèvrerie, c'est un cercle de métal plus ou moins large destiné à recevoir une pierre, une perle, etc.
AMAZONITE. — Sorte de feldspath d'un vert opaque ; on le nomme ainsi parce qu'on le trouve sur les bords de l'Amazone. Cette matière était connue des anciens, car ils ont taillé, dans l'amazonite des coupes, des vases et des camées. On nomme également cette pierre apatite.
AMBIRA. — Instrument de musique en usage chez les peuples de l'Afrique méridionale. Il est composé de tringles de fer méplat, ou plutôt de tigettes d'acier, disposées sur un seul rang dans un morceau de bois creux. Comme ces tiges sont d'inégale longueur, elles rendent des sons variés quand l'instrumentiste en joue avec l'ongle du pouce.
AMBRE. — On nomme ainsi deux substances totalement différentes : Y ambre gris et Yambre jaune ou succin. Nous ne parlerons du premier qu'incidemment dans cet article, car il ne sert point à fabriquer des objets de curiosité; nous nous étendrons, au contraire, assez longuement sur le dernier. Si nous parlons ici de l'ambre gris, c'est pour bien