‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 153 sur 325 · EAU-FORTE · texte numérisé non relu

EAU-FORTE

forte.

Voy. G-eavuee, § Eau-

ÉBAUCHE. — Première partie du travail d'un artiste ; elle naît d'une manière spontanée au moment même de l'inspiration qui crée l'œuvre. Dans une ébauche, l'artiste ne se préoccupe pas des détails , mais des masses , il les fait du premier coup ; il vise surtout à dresser l'ensemble de son œuvre pour se rendre compte de l'effet qu'elle produira. Le peintre ébauche sur la toile ou sur des cartons, le sculpteur ébauche avec de la glaise ou de la cire. Les connaisseurs attachent beaucoup de prix aux ébauches de maître, parce qu'ils retrouvent dans ces œuvres, bien qu'incomplètes, les traces d'une inspiration instantanée et généralement indépendante des traditions d'école. Il ne faut pas confondre l'ébauche avec I'Esqtjisse (Voy. ce mot) ; cependant les sculpteurs et les graveurs, quand ils font leurs travaux préliminaires de rendu, exécutent une véritable esquisse en ébauchant leurs œuvres, le sculpteur en dégrossissant un bloc de marbre et le graveur en traçant sur sa planche les contours principaux de son dessin.

EBENE. — Bois dur de couleur jaune pâle, susceptible de prendre par la teinture une belle couleur noire.* L'ébène sert à fabriquer beaucoup de meubles ; d'où le terme à'ébènisterie, qui désigne la fabrication du meuble plaqué, parce qu'autrefois tous les bois de placage colorés ou veinés étaient dénommés indistinctement ébène. (Voy. le terme suivant.)

ÉBÉNISTERIE (Aet de l'). — Art qui

embrasse à la fois la fabrication de la charpente du meuble et son revêtement en placage et en marqueterie. — Cet art est très ancien ; nous voyons, en effet, les Assyriens, les Phéniciens, les Egyptiens, les Hébreux employer en placage l'ivoire et les bois précieux. — Les Grecs et les Romains appliquèrent l'ébénisterie, comme leurs prédécesseurs, non seulement aux objets mobiliers, mais encore aux parois de leurs temples. Le moyen âge pratiqua largement l'ébénisterie ; on créa à cette époque des meubles de toute sorte : bahuts, huches, tables, stalles, crédences, etc.; durant cette période, la fabrication fut si considérable que les différents corps ouvriers de l'ébénisterie prirent des noms divers : il y avait les tabletiers, les hucliiers, les marqueteurs, les fabricants de coffres, etc. Les artistes du moyen âge employaient tour à tour l'ivoire, la corne, le thuya, le cyprès, le chêne, le buis et quelques autres essences d'arbres ponr leur ébénisterie. — Le xvie siècle inaugura des œuvres charmantes, soit en ébène noire, soit en ébène incrustée d'ivoire et d'écaillé. C'est à cette époque qu'on imagina pour la première fois d'employer le fer rougi au feu pour dessiner, sur des bois de tons clairs, des personnages; puis ce fut la marqueterie des bois de couleur qui fit aussi son apparition, d'autant qu'à la fin duxvie siècle et au commencement du xvne siècle les grandes découvertes géographiques introduisirent en Europe de nouveaux bois de diverses couleurs. C'est alors que quelques praticiens eurent l'idée de teindre des bois blancs pour obtenir une plus grande variété de tons pour la marqueterie. — Le xvme siècle donna à

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