‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 18 sur 325 · ANNEAU · texte numérisé non relu

ANNEAU

dans certaines contrées les habitants ont porté des anneaux non seulement aux oreilles, mais encore aux narines.

Notre figure 20 montre un anneau historique, celui du comte d'Essex, que lui avait donné la reine Elisabeth, en lui recomman-

dant de le lui retourner si jamais il avait besoin de sa protection. Le comte d'Essex, condamné à mort, envoya bien à la reine cet anneau d'or, dont le chaton est formé par un diamant taillé en cœur ; mais par un hasard singulier, cet anneau tomba entre les mains de lady-

Fig. 30.

IHlifS Anneau de porte (fer ciselé)

Nottingham, dont le mari, ennemi de d'Essex, lui fit défense de le remettre à la reine. A son lit de mort, lady Nottingham révéla ce secret à la reine et lui demanda son pardon. « Dieu puisse vous pardonner, répondit la reine émue, moi je ne le puis. » L'aveu de la comtesse de Nottingham causa un tel chagrin à Elisabeth, qui avait tant aimé d'Essex, qu'elle se laissa, dit-on, mourir de faim. (Voy. Bague et Bijou.) Les amateurs de curiosités attachent aussi

beaucoup de prix aux anneaux de porte en fer ou en bronze richement travaillés.

Notre figure 30 montre un anneau en fer ciselé du XIIIe siècle , de l'une des portes intérieures de la cathédrale de Bourges. Cet anneau est une pièce des plus intéressantes de la serrurerie de l'époque ogivale. L'anneau semble maintenu dans la gueule du chien qui sort du milieu d'un disque à rosaces trilobées et quadrilobées ou à quatre feuilles, et, fait bizarre,

ANNELET. — ANTIQUE (art).

les rosaces à quatre lobes se suivent au nombre de trois à gauche de notre figure.

Les luthiers nomment anneau, une sorte de clef qui sert à faciliter le doigté dans les instruments à vent, tels que clarinette, flûte, hautbois, etc.

ANNE LE T. — Dans le blason, on désigne sous ce terme de petits anneaux qui placés sur l'écu sont un signe de grandeur et de noblesse.

ANTÉFIXE. — Ornement d'architecture qui se plaçait sur le faîte de la couverture ou sur les bords du toit dans les tuiles dites imorices. — Voy. ce mot dans notre Dictionnaire d' architecture, et Terre-cuite, dans ce dictionnaire.

ANTEROS. — Pierre précieuse qui a beaucoup de ressemblance avec le jaspe.

ANTICAILLE. — Voy. Antiquaille.

ANTIGORIUM. — Sorte d'émail grossier qui sert à recouvrir la faïence grossière.

ANTIPHONAIRE ou ANTIPHONIER.

— Recueil de la musique religieuse, livre d'église où les offices sont notés en plainchant. Les antiphonaires en usage en France, par suite de la divergence liturgique qui règne dans notre pays , présentent entre eux de grandes différences. Le plus ancien antiphonaire connu est celui de Grégoire dit le Grand; il se divise en deux parties : l'une, le'Graduelj comprend les chants en usage pendant la messe; l'autre, le Responsorial , plus spécialement nommé antiphonaire , contient les répons et les antiennes des heures de l'office. L'antiphonaire autographe grégorien a été détruit dans un incendie du Vatican; aussi, quand on a voulu rechercher la forme primitive de cet antiphonaire pour une nouvelle édition, on a dû consulter les antiphonaires de Saint-Gai et de Montpellier, comme étant les plus parfaits.

— Souvent les pages des antiphonaires sont manuscrites et sur vélin ; elles renferment des miniatures et des lettres onciales ornées. Les

couvertures de ces recueils sont parfois très remarquables par les ornements gravés et les dessins au petit fer de leur reliure.

ANTIQUAILLE. — Terme de mépris qui sert à désigner un objet de peu de valeur.

Au commencement du xvie siècle, ce terme, dérivé de l'italien et qui s'écrivait anticaille, était employé dans une acception sérieuse comme synonyme d'antiques. Plus tard il servit comme aujourd'hui à désigner le menu fretin de la curiosité ainsi que les objets d'origine douteuse.

Dans le tome Ier, p. 424 , de la Renaissance des arts à la cour de France, nous lisons : « A Jacques Veignolles, peintre, et Francisque Rybon, fondeur, pour avoir vacqué à faire des mosles de piastre et terre pour servir à jetter en] fonte les anticailles que l'on a amené de Rome pour le roy à raison de 20 livres pour chacun d'eux par mois. »

Et dans une lettre de Voltaire à Montcrif , en date de 1734, le philosophe de Ferney écrivait : « Il est vrai que M. Falkener a du goût pour l'antiquaille, mais ce n'est ni pour alun, borax, terre sigillée ou plante marine. Son goût se renferme dans les médailles grecques. »

ANTIQUAIRE. — Suivant l'époque où il a été employé, ce terme a eu diverses significations. Anciennement les antiquaires étaient des personnes très instruites qui s'occupaient d'études archéologiques : c'est l'archéologue moderne; aujourd'hui ce même terme d'antiquaire, ne sert qu'à désigner des personnes qui, sans études préalables, composent sans goût et sans discernement des collections d'objets d'art; on nomme même antiquaires des marchands de curiosités.

ANTIQUE (Art). — Sous ce terme on comprend aujourd'hui tous les monuments d'art, toutes les productions artistiques des anciennes civilisations, telles que celles de l'Assyrie, de la Babylonie, de l'Egypte, de l'Étrurie, de la Grèce et de l'Italie. Il y a quelques années à peine que ce même terme d'art antique ne servait à désigner que les œuvres d'art de la Grèce et de Rome, car les

Page 1