BAGUE
cuite émaillée, nous venons de le dire; leur travail témoigne de la grande habileté des artistes qui exécutaient ces objets, dont la plupart ne devaient être que des amulettes funèbres, car leur fragilité ne permettait guère aux vivants de les porter. Ce qui confirme cette opinion, c'est qu'on en trouve fréquemment placés dans les cercueils des momies. Au dire de Plutarque, les bagues étaient d'un usage si fréquent en Egypte et d'une si grande richesse
Kg. 67, 68. — Bague romaine avec son chaton.
que les habitants de Busiris et de Lycopolis les retiraient de leurs doigts, en signe d'humilité, quand ils se prosternaient aux pieds de la divinité. Les Egyptiens portaient des bagues à tous les doigts des mains, mais principalement à la main gauche. Cette surcharge de bagues aux mains explique la grande quantité qui en a été trouvée dans les tombeaux et les ruines de l'ancienne Egypte. Du reste, des
romaine en or.
monuments de ce pays, principalement des sarcophages, nous montrent comment les bagues étaient placées aux doigts. On y voit au pouce la bague-cachet ; l'index, le médius et l'annulaire portaient deux ou trois bagues, et le petit doigt une seule.
Bien que l'auteur de Y Iliade et de l' Odyssée énumère en détail tous les objets fabriqués de son temps en l'honneur des dieux, nous ne voyons figurer parmi ceux-ci aucune bague;
cependant il est très certain que dès une époque fort reculée les Grecs connurent ce bijou. Hérodote (III, 41) nous apprend même que Polycrate, tyran de Samos, qui vivait six cents ans avant l'ère vulgaire, attachait un très grand prix à une bague en or décorée d'une pierre précieuse : c'était une émeraude dont la gravure avait été faite par ses compatriotes contemporains Bhœcus et Théodore. C'est à la même époque que Sapho écrit à une de ses amies : <c Ne sois pas si fière pour une bague. » Un siècle plus tard, l'auteur comique Aristo-
Fig. 70, 71.
ues pompéiennes.
phane, dans ses Nuées, fait dire à Socrate qui parle à Strepsiade : «. Ces fats qui chargent de bagues leurs doigts jusqu'aux ongles. » On voit par là combien on usait et même on abusait de la bague ; nous avons, du reste, des exemples de mains de femmes grecques chargées de dix bagues. — Nos figures 65 et 66 montrent un anneau étrusque dont le chaton, sculpté en relief, devait servir de cachet. Le sujet représente une divinité ailée luttant entre deux mauvais génies. — Nos figures 67 et 68 montrent une bague romaine dont le chaton en cornaline gravé en creux représente un Janus à quatre faces. C'est aussi une bague romaine que montre la figure 69 ; les trois personnages sont des divinités égyptiennes, la triade : Isis, Horus et Nephtys. Enfin nos figures 70 et 71 sont des bagues pompéiennes. Les Bomains de l'époque de Bomulus portaient des bagues à la main gauche ; ils n'eurent d'abord qu'un seul anneau, plus tard ils en portèrent à tous les doigts, sauf au médius, qualifié de digitus infamis, impudicus, etc. Ils en eurent même à chaque phalange et jusque sur les jointures de celles-ci. Ils tenaient cette mode, ou plutôt cet usage, des Étrusques, qui avaient un grand nombre de bagues ornées de chatons en forme de scarabée. Ceux-ci sont