BAGUETTE
sculptés généralement dans des pierres, dans des jaspes, des cornalines, des améthystes, et la face qui sert de base à l'insecte est souvent gravée en creux (intaille). Sous la république romaine, les riches particuliers ou les magistrats portaient seuls des bagues ; sous les empereurs, l'usage en devint si général que seuls les esclaves n'en portèrent point, et cependant certains antiquaires prétendent que même les esclaves avaient un anneau nommé Condalium. (Voy. ce mot dans notre Dictionnaire de Varchêologie.) Ces antiquaires appuient leur thèse sur une statue d'acteur comique qui représenterait un esclave et sur un passage de Plaute. ■ — Les Celtes ou Gaulois, de même que les Bretons, portaient des bagues aux doigts du milieu (médius); les Francs en portaient aussi. Bien que les bijoux du moyen âge soient peu communs, on possède un anneau d'or de Childéric , des bagues émaillées d'évêque du Xe siècle. A cette époque les gens de marque portaient même des bagues de pouces , connues en Angleterre sous le nom de thumb-rings (pouce et anneau), qui signifie encore aujourd'hui anneau à cacheter. Du reste, les inventaires que nous possédons de l'époque de la renaissance et même du moyen âge désignent ces bagues comme un témoignage de l'importance des personnages à qui elles appartenaient.
Dans l'inventaire de Charles-Quint, nous trouvons la description d'une bague assez curieuse ; nous y lisons : « Une bague d'or où il y a une dame, accoustrée à l'égyptienne, mise sur une feuille d'or, au dessoubz de laquelle est ung baUais, mis en chatton, aiant à l'entour cincq perles, mises en molinet et au dos est ung ardillon avec une boucquelette à attacher la dicte bague. »
Les divers musées nous montrent des bagues des xiie, xiiic, xive, xv°, xvie, xvne et xviii6 siècles; elles sont en or, en argent, en cuivre doré ou argenté, avec chatons et pierres plus ou moins précieuses. Pendant le xvie siècle, on désignait à Venise sous le nom Panneaux de la mort des bagues à l'aide desquelles on empoisonnait bien des gens. A l'intérieur de ces bijoux diaboliques se trouvaient fixées de petites griffes en acier qui, par un jeu particulier de leur fabrication, rentraient dans de
petites alvéoles remplies d'un poison subtil. Quand le porteur de ces anneaux voulait se débarrasser de quelqu'un, il lui serrait la main de manière à exercer une pression sur les griffes, qui dès lors produisaient une piqûre légère, mais suffisante cependant pour donner la mort à l'individu ainsi piqué. Aussi à cette époque la mode commandait qu'on portât les bagues par-dessus les gants. Aux xvii0 et xvme siècles, l'usage des bagues devint général; c'est de cette époque que datent les bagues émaillées, à portraits, à miniatures, et tous les jours clans les ventes nous voyons défiler sous les yeux des amateurs quantité de ces bijoux qui atteignent des prix considérables. Mais généralement les bagues depuis Henri IV jusqu'à Louis XVI, en or émaillé et dont' les chatons sont ornés de roses table , de rubis table et de grenats, valent de 60 à 85 francs. (Voy. Axxeau et Buoux.)
BAGUETTE. — Ce terme sert à désigner des objets divers. Les luthiers nomment baguettes de petits bâtons terminés en forme d'olive qui servent à battre du tambour. Ces baguettes, qui mesurent environ 0m,45 de longueur, comprennent une virole, la tige et l'olive. Le timbalier se sert également de baguettes, qui mesurent seulement 0m,22 de longueur et dont l'extrémité battante est une tête ronde garnie de peau. — Les armuriers nomment baguettes à bourrer des tiges ou verges d'acier, de cuivre, de baleine, de bois, de fer, qui servent à presser la charge dans le canon des fusils, des pistolets, etc. Les baguettes à bourrer orientales, avec incrustations de nacre ou de métal, ou damasquinées d'or ou d'argent, valent jusqu'à 20 et 25 francs. — On nomme baguettes divinatoires des baguettes aux formes plus ou moins extraordinaires employées par les devins, les sorciers et les magiciens pour connaître le passé, le présent et l'avenir. Tous les peuples, au début de leur civilisation, ont été tous plus ou moins adonnés à la magie, et de nos jours le peuple chinois est encore celui qui pratique peut-être le plus la sorcellerie. Le code criminel chinois contient des dispositions très sévères contre les magiciens. — Au musée de Pétersbourg , on voit une