BAHUT
baguette divinatoire chinoise, coulée en cuivre jaune, qui mesure environ 0m,65 de longueur; la base s'élargit en forme de pavillon de trompette ; le long de la tige se trouvent placées de chaque côté dix médailles semblables aux tsien ou monnaies rondes. Le sommet de la baguette est terminé par une grande médaille surmontée d'une autre plus petite qui porte sur son revers huit Tcoua, ou signes élémentaires employés pour les prédictions ; ce sont : Khuen, terre, sud-est; — Khen, montagne, nord-est; — Kan, eau, nord ; — Téhin, vent, sud-ouest ; — Soun, tonnerre, ouest; — Ly, feu, sud; — Touy, cime des montagnes, est ; — Kian, ciel, nord-ouest (1).
BAGPJIER. — Coffret, coupe, vasque, servant à contenir des bagues et par extension des bijoux.
BAHUT. — G-rand coffre dont le couvercle est bombé comme les pierres des garde-fous ou parapets qui bordent les quais ou les ponts. Ces coffres sont recouverts de cuir et décorés de clous à grosse tête. Telle est la véritable signification de ce mot bahut, qui, disons-le, est aujourd'hui appliqué à tort et à travers à toute sorte de meubles, armoires, cabinets, crédences, bibliothèques à deux corps, pourvu que ces divers objets mobiliers soient en bois sculpté. Les plus anciens bahuts ne remontent pas au delà du xme siècle; les comptes de l'abbaye de Saint-Denis de l'année 1229 mentionnent sous ce terme deux coffres destinés à l'écurie. — Savary, dans son Dictionnaire du commerce, définit bien le bahut, un coffre dont le couvercle est arrondi ; mais Monteil prétend que c'est tout simplement une caisse d'emballage, une sorte de malle enveloppante, ce qui s'accorde mieux avec les textes anciens, ce où le bahut apparaît presque toujours non pas comme un objet à part, mais bien comme accompagnement obligé des coffres , des malles et des paniers (2), » et ce qui s'accorde fort bien avec la définition que donne M. de La-
(1) Magasin Pittoresque, 1854, p. 280.
(2) Revue des sociétés savantes, novembre 1869.
dict. de l'art.
borde (1) : « On a couvert des coffres avec des peaux de vache et l'on a appelé plus tard ces coffres, vaches. Il en est ainsi des bahuts. Dans l'origine, c'était une enveloppe de cuir ou d'osier couvert de toile, qui enveloppait un coffre; ensuite ce fut le coffre lui-même, et presque toujours une large boîte dans laquelle on renfermait d'autres boîtes ; puis, lorsque le mobilier du nomade devint fixe et stable , une grande armoire munie de ses tiroirs ; enfin plus tard, et exceptionnellement , un écrin avec ses petites divisions pour les bagues. Les grands bahuts étaient chargés sur des sommiers qu'on appelait chevaux bahutiers. » Et, à l'appui de son dire, M. de Laborde cite un exemple : « A Pierre du Fou, coffrier demeurant à Paris, — pour une grant maie de cuir fauve, garnie de toille par dedans, de courroies et de bloques, ainsi qu'iï appartient à tout un grant bahu à mettre par dessus yceUe maie , — pour mettre et porter le lict de madame la Royne, pour ce Vin livres. » Par ce qui précède, on voit qu'anciennement les bahutiers étaient ce que nous nommons aujourd'hui de simples emballeurslayetiers ; aussi nous expliquons-nous difficilement toutes les étymologies recherchées pour définir ce mot, qui viendrait, d'après des savants, du bas-latin bahudum ou du celtique bahu, coffre, ou de l'allemand behalten, behuten, qui signifient garder, enfermer, etc., etc. Dans presque tous les textes anciens il est question de bahuts à propos des bagages d'une armée, et même les soldats à qui on confiait la garde de ces coffres se nommaient bahutiers. Ainsi donc nos coffres de voyage ont remplacé les bahuts, qui ont été ainsi désignés jusqu'à la fin du xve siècle. Mais à partir de cette époque ils reçurent une riche ornementation et furent nommés huches, et les fabricants de ceUes-ci huchiers, huchers et coffretiers; c'étaient pour la plupart des sculpteurs sur bois de valeur, de véritables artistes ; ils firent partie de la corporation des charpentiers dits de petite cognée. Le bahut du xvie siècle devint un meu-
(1) Voyez le glossaire de la seconde partie de la Notice des émaux, bijoux, etc., du musée du Louvre, au mot Bahut.