‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 41 sur 325 · BAÏONNETTE · texte numérisé non relu

BAÏONNETTE

ble fixe ; il portait sur quatre pieds courts ; le couvercle, bombé ou plat, se fermait au moyen de pentures,de charnières et de serrures à moraillon ; il était souvent décoré de cuirs gaufrés et dorés, ou de peintures et de sculptures ; une belle ferronnerie en relevait encore la décoration. On enfermait dans ce meuble non seule- ' ment des vêtements, mais encore de l'argent et des objets rares et précieux. — Les bahuts des églises, qu'on plaçait soit dans les sacristies, soit dans les salles capitulaires, servaient à contenir les vases sacrés, les actes , les chartes , les belles tentures et tapisseries. Les bahuts des xve et xvie siècles sont très recherchés, ils ont beaucoup de style et se vendent de 400 à 10,000 francs et quelquefois plus. (Voy. Armoire, Cabinet, Crédence.) — Yente Double. N° 365. Bahut couvert en maroquin rouge, doré au fer et portant sur le couvercle les armes de France et de Marie-Antoinette. Ce bahut passe pour avoir été le coffre à dentelles de la reine. Il reposait sur une table en bois doré dont le dessus et le pourtour étaient garnis d'une broderie sur fond crème. Hauteur du coffre, 0m,20 largeur, 0m,89 ; hauteur de la table, 0ra,75, largeur, 0m,92. 2,900 francs.

BÂILLONNÉ. — Se dit, dans l'art du blason, de tout animal qui tient dans ses dents un bâton d'un autre émail que le corps.

BAILLOQUE. — Plume peu estimée de l'autruche femelle; elle est brune, mêlée de blanc. On utilise les bailloques à l'état naturel, après les avoir lavées au savon pour aviver leur éclat.

BAIN DE PIEDS. — Grand pot cylindrique, sorte de baquet en faïence à deux anses, qu'on utilise aujourd'hui pour faire des jardinières. Les beaux bains de pieds en faïence de Nevers et de Kouen sont fort rares et se vendent en camaïeu bleu 40 et 50 francs, et à plusieurs couleurs jusqu'à 600 et 800 francs. Il se fait un grand nombre d'imitations. .

BAÏONNETTE. — Arme de pointe, qu'on peut fixer à volonté à l'extrémité d'un canon de fusil et transformer ainsi en une arme d'hast.

(Voy. Armes.) La baïonnette ancienne comprend trois parties essentielles : la lame en acier, qui est à section triangulaire ou quadrangulafre ; la douille, sorte de cylindre creux en fer qui s'emmanche à l'extrémité du canon ; enfin la partie coudée, le coude, qui relie la douille à la lame.

Historique. — Il existe un préjugé fort invétéré qui attribue l'invention de la baïonnette à la ville de Bayonne, qui aurait créé cette arme vers 1673 ou 1674. D'abord un fait incontestable, c'est que la baïonnette était connue avant

Fig. 72. Fig. 73. Fig.' 74.

Baïonnettes. .

1673, puisque Voltaire, dans son Siècle de Louis XIV, nous dit que la baïonnette au bout du fusil a été instituée par Louis XIV ; cependant avant lui on s'en servait quelquefois, mais il n'y avait que quelques compagnies qui combattissent avec cette arme ; le premier régiment qui eut des baïonnettes et qu'on forma à cet exercice fut celui des fusiliers établis en 1671. Voilà donc la date de l'invention reculée au delà de 1673, puisqu'on s'en servait avant 1671. Pour l'étymologie du mot, il serait dérivé du terme roman bayneta, petite gaine, petit fourreau. Du reste, dans tous les idiomes espagnols bmjna signifie gaine; desbainar, dégainer : donc le. contenant, qui était alors fort beau, en cuir

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