BAISE. — BANC
richement orné, aurait donné son nom au contenu. Dans la relation de sa campagne de Flandre (1642), Puységur écrit : « Il est vrai que les soldats ne portaient point l'épée, mais ils avaient des baïonnettes qui avaient des manches d'un pied de long dont les bouts étaient propres à mettre dans les canons de fusil. » Notre figure 72 montre mie baïonnette de cette époque, telle qu'on peut la voir au Musée d'artillerie de Paris. Vers 1701, on perfectionna la baïonnette, on lui donna une douille cylindrique creuse qui permit de rendre le fusil arme de tir et d'hast à la fois (fig. 73) ; vers 1837, on arma les bataillons de tirailleurs algériens de la baïonnette-sabre (fig. 74) ; puis, vers 1840, un nouveau modèle, inventé par le commandant Thiery, remplaça l'ancien : c'était une baïonnette-sabre en forme de yatagan ; enfin , en 1874., ce fut une baïonnette-épée.
BAISÉ. — Les passementiers désignent sous ce terme la partie de l'ouvrage qui, incomplètement frappée, montre sa trame lâche : fils baisés , fils de soie qui se sont collés en séchant.
BAISEE DE PAIX. — Les premiers chrétiens distinguaient, outre le baiser d'amour : le baiser de réconciliation , le baiser de la foi et le Miser de paix; les fidèles échangeaient entre eux ce baiser au moment de la communion. Quand cet usage eut disparu, on y substitua celui de faire baiser une petite plaquette de marbre ou d'ivoire sculptée qu'on nomma pax, osculatorium , asser ad pacem , lapis pacis, tabula pacis. (Cl, Ducange, v° Osculum pacis.) Les baisers de paix du xive, du xve et du xvie siècle, quand ils sont encadrés d'or, d'argent, d'émail, de bronze repoussé, ciselé, fondu, émaillé ou cloisonné, atteignent des prix élevés. Nombreuses imitations. (Voy. Pax.)
BAJOIRE. — Corruption du vieux terme baisoire , qui sert à désigner une pièce de monnaie ou une médaille qui a pour effigie deux têtes de profil superposées. On voit souvent des bajoires qui montrent les profils de Henri IV et de Marie de Médicis. — On désignait aussi sous le même terme une ancienne monnaie d'ar-
gent de Genève et une ancienne monnaie d'or de Hollande.
BALANCE. — Voy. Fléau.
BALDAQUIN. — Sorte de dais orné et garni d'étoffe qu'on place au-dessus des lits. — Quand ils sont accompagnés de baldaquins, les lits Louis XIV, Louis XV et Louis XVI , atteignent des prix élevés. Les autres genres de baldaquins ne font pas partie de la curiosité.
BALEVBES. — Quand une pièce de métal, d'or, d'argent ou de bronze, sort de la fonte , les joints du moule dans lequel elle a été coulée laissent des bavures sur sa surface : ce sont ces bavures qu'on nomme balèvres.
BALLAUX. — Balles ou plutôt boules ornées de pierreries et qui terminaient les longues épingles que les femmes fichaient dans leurs coiffures. — Dans l'inventaire de G-abrielle d'Estrées (1599), nous lisons : « Neuf ballaux de diamans, en huit desquels y a vingt quatre diamans à chacun et à l'autre vingt sept diamans, tous garnis de leurs esguilles d'or prisés mil escus. y>
BAMBOU. — Sorte d'énorme roseau de la famille des graminées (bambusa arundinacea). Il est coloré en jaune doré ou en marron foncé; il sert à faire des cannes, de gros meubles, de petites étagères, des chaises, de petits meubles de fantaisie, des jardinières , etc. Le Japonais travaille admirablement le bambou. Il est fâcheux qu'on ne l'utilise pas davantage en France ; car il pousse dans l'extrême midi et développe dans une année des tiges qui ne mesurent pas moins de 11 et 12 mètres d'élévation; nous en avons vu des plantations remarquables à Montsauve près d'Anduze, dans le Gard. On fait beaucoup de bibelots avec le bambou; ces objets sont en général de peu de valeur.
BANC. — Au xive siècle les bancs étaient de toutes dimensions, très souvent sculptés, toujours moulurés et quelquefois à dossier.