‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 43 sur 325 · BANNIERE · texte numérisé non relu

BANNIERE

Dans les comptes des bâtiments royaux de 1365, nous lisons : « Hannequin de la Chapelle, pour un banc de taille à osteaux et à bestes de X pieds de long six francs ; pour un autre banc de taille à deux paremens et à marchepied de xij pieds de long viij francs, lesquels bancs sont ès-chambre du Boy. » Et plus loin : « Jean de Yerdelay et Colin de la Baste , huchiers , pour un banc de chesne à coulombes de xx pieds de long mis en la salle par terre , pour le grand table du roy avec le dois (dossier ou peut-être dais ?) d'icelle longueur, de trois pieds de le , garny de traiteaux lequel banc a esté allongié le siège de deux personnes et haucié à doubles marches et le dois pareillement pour ce xiiij francs. »

Banc d'œuvre. — Les bancs d'œuvre font partie du mobilier des églises , ceux qui sont en chêne, en noyer ou en poirier, de l'époque de la renaissance, sont, de même que les stalles, recherchés par les amateurs. (Voy. Boiseries et Stalle.)

BANDAGE. — Pièces qui dans une arme font ressort, et qui servent à la bander ; dans l'arc, la corde à boyau est le bandage.

BANDANA, ou mieux BANDANOS. — Foulard de l'Inde imprimé fond noir sur jaune d'or, fond rouge et dessins blancs ou autres couleurs. On fabrique aujourd'hui des bandanos très épais et très résistants qu'on utilise comme étoffes pour meubles.

BANDE. — Dans le blason, la bande est la pièce honorable de l'écu. Seule, elle occupe le tiers de l'écu ; elle est alors dénommée bâton ou bande en devise. (Voy. Blason.)

BANDE. — Se dit d'un écu couvert de bandes. L'écu est dit contre-bandè , quand les bandes de couleurs sont opposées aux bandes de métal.

BANDEBOLLE. — Flamme longue et étroite qui sert à orner l'extrémité de mâts ou de perches. — Dans les bas-reliefs, dans les anciens tableaux, on nomme bander olle

des bandes sculptées ou peintes qui semblent sortir de la bouche des personnages représentés et sur lesquelles sont gravées ou inscrites les paroles que les personnages sont censés prononcer. La banderolle a été employée au moyen âge et à l'époque de la renaissance, en sculpture, en peinture, sur les vitraux, sur les émaux, etc., etc.

BANDOULIÈRE. — Toute bande d'étoffe, de cuir, etc., qui sert à supporter sur une épaule , en traversant la poitrine et le dos de celui qui la porte, un effet d'équipement ou d'armement.

Au moyen âge, c'est à l'aide de la bandoulière qu'on suspendait l'arbalète des fantassins et le pétrinal des cavaliers. Les arquebusiers et les mousquetaires avaient leurs bandoulières garnies d'un coussinet, parce qu'elles supportaient un poids considérable , le sac à balles , la mèche, etc. — En 1688, la giberne, qui renfermait la poire à, poudre, remplaça la bandoulière. Plus tard et jusqu'à la, révolution française, la bandoulière ne fut qu'un vain ornement, car, surchargée de riches broderies , elle ne supportait rien ; mais l'ornement et les galons qui la décoraient servaient soit à distinguer entre elles diverses compagnies, soit à désigner l'autorité particulière de laquelle relevaient les militaires qui en étaient porteurs. La milice de Jersey porte en bandoulière des sortes d'écharpes tissées qui servent à établir les mêmes distinctions que nous venons d'énoncer.

Aujourd'hui on désigne sous ce terme certaines buffleteries , ainsi que les baudriers des suisses d'hôtel et d'église.

BANNIÈRE. — Sorte d'étendard qui affecte diverses formes depuis le carré jusqu'à la flamme. Les corps de métiers , les corps de troupes , les congrégations et les associations quelconques : orphéons, musiques, etc., ont des bannières pour les distinguer dans les foules ou dans les défilés. Nos figures 75 et 76 montrent les bannières de Strasbourg et de Jeanne d'Arc , non pas celle qui accompagnait Jeanne d'Arc dans les combats , mais la bannière que l'on portait processionnellement chaque année dans

BANQUETTE. — BARBELÉE (arme).

Orléans pour célébrer l'anniversaire de la délivrance de la ville.

La face que montre notre figure représente six personnages. Au centre , la Vierge et l'enfant Jésus, qui d'une main passe au doigt de Charles VII un anneau d'alliance ; derrière , on voit deux prélats, saint Denis et saint Aignan, patron de la ville d'Orléans; enfin, vis-à-vis le roi , Jeanne d'Arc. Elle est à ge-

noux, revêtue de son costume de guerre. L'autre côté de cette bannière, qui mesure 2 mètres de hauteur sur lm,50 de largeur, comporte mie peinture en camaïeu qui représente la ville d'Orléans au xvie siècle ; la vue est prise du faubourg du Portereau.

Dans les Ventes , les bannières brodées dans les Flandres , en Italie ou dans l'Orient sont celles qui sont les plus recherchées.

fo^o-Q.

Fig. 75. — Bannière de Strasbourg.

BANQUETTE. — Objet mobilier, sorte de banc à dossier et à accoudoirs; beaucoup de banquettes ne comportent ni dossier ni accoudoirs. — Yente San Donato. N° 112. Grande banquette du xve siècle, en bois de noyer sculpté, dont le dossier est surmonté d'une galerie à jour composée d'un écusson armorié soutenu par deux figures d'enfant se terminant en rinceaux de feuillages. Les montants des accoudoirs offrent chacun un mascaron de tête de femme et un écusson armorié. Haut., lm,55 ; larg., 0m,75 ; longueur, 3 mètres. 440 francs.

— N° 113. Grande banquette de même époque, en bois de noyer sculpté à moulures d'ornements et de cartouches, chacun des accoudoirs offre un mascaron de tête de femme. Haut., 1,10 ; long., 2m,70 ; larg., 0m,93. 470 francs.

BANSY. — Instrument de musique hindou ; c'est une sorte de flûte à bec qui a quelque anologie avec le Crishma des Hindous. (Yoy. ce mot.)

BARBELÉE (Arme). — Arme dont le fer

BARBOTINE.

est garni de pointes. ou dents, de manière que le fer, une fois entré dans les chairs, ne peut

être retiré de la plaie sans causer, des déchirures qui aggravent la blessure.

BARBOTINE. — État particulier sous lequel on emploie les pâtes céramiques pour opérer leur collage ou application sur les di-

verses parties d'un objet et former ainsi un tout homogène. Dans un vase, une coupe, on colle les anses avec la pâte en barbotine.

BARBITOS. — BARRETTE.

C'est un état pâteux très chargé en eau. La barbotine est la forme sous laquelle on emploie la pâte dans le procédé dit de coulage. Généralement, dans les fabriques de céramique, on désigne sous le nom Râtelier de barbotine l'atelier des sculpteurs en pâte sur pâte.

BARBITOS , BARBITON. — Instrument à cordes, dont l'origine remonte aune haute antiquité ; il était beaucoup plus gros que la cit/iara. On ne pinçait pas les cordes longues et fortes du barbitos avec les doigts, mais avec un plectrum. On attribue l'invention de cet instrument à Terpandre ; d'après Horace , au contraire, il aurait été inventé par Alcée, et d'après Athénée par Anacréon. (E. Bosc, Dictionnaire d'archèol.)

BARDES. — Pièces d'armure du moyen âge , employées à couvrir les chevaux de tournoi et de guerre. Ces pièces, au nombre de six, étaient : le girel , la housse , la selle d'armes, la pissière, le sambuc et la testière, qui comprenait eUe-même la cervicale et le chanfrein. Le cheval ainsi harnaché était dit bardé de fer. — Dans l'art du blason, un cheval bardé désigne simplement un cheval caparaçonné.

BARDIGLIO. — Fort beau marbre italien, dont on fait des fûts, des colonnes, des gaines, des coupes, des bustes. Uue variété est dénommée barcliglio fiorito (fleuri). (Yoy. Maebre.)

BARÈGE. — Étoffe fort légère et à fond toile. Il y a des barèges de laine, laine et soie , ou tout soie ; ce dernier se nomme grenadine. On fabrique également des châles et des écharpes en barège ; souvent ces derniers objets sont lamés d'or ou d'argent.

BARLOTIÈRES. — Terme du verrier qui sert à désigner, dans un vitrail, les petites traverses de fer du châssis.

BAROMÈTRE. — Instrument qui sert à mesurer la pression atmosphérique et annoncer la pluie, le vent ou le beau temps. — Vente San Donato. N° 1566. Baromètre en bois de

rose contourné par des ornements composés de feuilles d'eau et de nervures en bronze ciselé et doré. La partie supérieure contient un thermomètre. (Style Louis XV.) Hauteur, lm,15 ; largeur, 0m,33. 1,020 lires. — N° 1571. Baromètre, avec thermomètre et pendule, portant sur le mouvement et sur un cartouche en émail le nom de l'horloger : Guillermie. Travail de Boule, écaille et bronze doré. Haut., lm,52;larg., 0m,28. 12,100 lires.

BARPOOR (se prononce barpour). — Etoffe de couleurs diverses, mais plus généralement noire, dont la chaîne est soie et la trame laine. En Europe, surtout dans le nord , cette étoffe est exclusivement employée pour des vêtements de femme ; mais dans les pays chauds, en Espagne et dans les colonies, les femmes et les hommes en font également usage. On en confectionne des pantalons, des vestons et des gilets. Le barpoor est une sorte d'alépine croisée très fin. On le fabriquait anciennement dans les colonies espagnoles et dans la Saxe. Aujourd'hui Amiens possède des fabriques importantes de cette étoffe , qui mesure environ lm,15 de largeur.

BARRE. — Dans l'art du blason, on nomme barre le trait, sorte de bande, qui barre l'écu de gauche à droite ; c'est le contraire de la bande. La barre simple est large ; c'est une des pièces- honorables de l'écu; la barre de bâtardise, au contraire, est étroite. (Voy. Blason.)

Dans les instruments à cordes, tels que le violon , le violoncelle , l'alto , la harpe , etc., on nomme barre une petite pièce en bois de sapin rouge de forme allongée qui est collée à la table supérieure de ces instruments.

BARRE. — Se dit, dans l'art du blason, d'un écu couvert de barres alternant de couleurs , ou bien encore de toute pièce honorable couverte de barres. L'écu chargé de barres et de bandes est dit écu barré-bandé.

BARRETTE. — Ce terme désigne des objets divers : 1° pivot placé au centre du barillet d'une montre ; 2° petite pièce fixée dans la

Page 1