‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 8 sur 325 · AGES · texte numérisé non relu

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tes) qui sont de véritables pétrifications. Les bois ainsi pétrifiés appartiennent à différents genres, surtout à des végétaux dicotylédones arborescents. On emploie beaucoup ces agates pour faire des tabatières. — En général, on utilise les agates pour faire des coupes, des vases, des boîtes, des coffrets, des colonnettes, des incrustations, etc.

L'antiquité nous a légué des ouvrages merveilleux, tels que le vase de la Bibliothèque nationale de Paris en sardonyx transparente, la coupe du musée de Naples dite tazza Farnese. — Notre figure 6 montre le célèbre canthare de la Bibliothèque nationale de Paris connu sous les dénominations diverses de coupe des Ptolèmèes, vase de Mithridate, vase de Saint-Denis. Il est taillé dans un seul morceau d'agate orientale. Il avait été donné à l'abbaye de Saint-Denis par Charles III dit le Simple, comme nous l'apprend une inscription émaillée qui se trouve sur le pied de ce vase ; pied rapporté beaucoup plus tard et que nous n'avons pas donné sur notre figure. — On travaille en grand les agates dans l'ancien Palatinat , à Oberstein , petit bourg situé sur un des affluents du Rhin. La taille et le polissage se pratiquent au moyen de moulins à eau qui actionnent de grandes meules et des cylindres. Il nous arrive aussi beaucoup d'agates du Brésil et de toute la contrée méridionale traversée par l'Uruguay. Par le feu et des bains électro-chimiques on transforme, par exemple, une agate brune en une agate à deux couches ; dans le commerce de la curiosité , ces agates sont dites pierres baignées. — Enfin on fait aussi des agates artificielles avec des pâtes de verre colorées ; mais un œil tant soit peu exercé distingue parfaitement les pièces vraies des fausses pièces. Le vase de Portland du British Muséum est une imitation d'agate fort bien réussie : ce qui prouve que l'antiquité savait également fort bien contrefaire les pierres naturelles. (Voy. Vase.)

AGES. — On distingue trois âges en archéologie : Y âge de la pierre, Yâge du bronze, et Y âge du fer.

Age de la pieeee. — Il se subdivise luimême en âge de la pierre taillée, nommé aussi

époque archéolithique ou paléolithique , ou de diluvium, pendant lequel âge l'homme se servait d'instrumenté de silex grossièrement taillés par le clivage. La deuxième subdivision est nommée âge de la pierre polie ou époque néolithique, pendant laquelles les armes, les ustensiles et les instruments en silex étaient polis sur de grosses pierres en grès nommées à cause de cela polissoirs.

Age pu beonze. — Il est bien difficile de préciser la date à laquelle le bronze a fait son apparition dans l'Europe occidentale ; mais ce qui est certain, c'est qu'il a dû s'écouler un laps de temps assez considérable entre l'emploi des instruments de pierre et ceux de bronze, car la fonte et la réduction des métaux sont des opérations assez difficiles et demandent des connaissances que ne possédaient point les hommes de l'époque néolithique. D'après certains archéologues , les instruments de bronze auraient été inventés dans l'Europe occidentale par suite d'une civilisation assez avancée pour produire le bronze ; d'après d'autres , au contraire, ce métal aurait été importé par un peuple conquérant qui aurait connu cette fabrication grâce à des rapports qu'il aurait eus avec les Phéniciens ou les Tyriens. Quoi qu'il en soit, l'introduction du bronze dans l'Europe occidentale aurait eu lieu seulement 1800 ans avant l'ère vulgaire. Quelle était la composition du métal à cette époque ? Il résulte de diverses analyses que ce bronze renfermait 88 parties de cuivre et 12 parties d'étain, et cela quelle que soit la provenance du bronze ancien, qu'il ait été trouvé en Asie, en Egypte, en Grèce, en Espagne , en Italie ou en France. Ainsi donc les amateurs de curiosités et les. collectionneurs, qui achètent des bronzes de la période dite de bronze , ont un moyen de s'assurer des pièces vraies et des pièces fausses, puisque la composition de ce métal dans les temps les plus reculés est toujours la même. (Voy. Beonze.)

Age du fee. — Le fer n'aurait fait son apparition dans l'Europe occidentale que beaucoup plus tard que le bronze, c'est-à-dire 600 ans seulement avant l'ère vulgaire. On le livrait dans le commerce à l'état brut, après sa réduction. On le trouve même sous foime de

AGIOSYMANDRTJM. — AIGUE-MARINE.

saumon quadrangulaire, dont les extrémités latérales sont étirées en pointe. On peut voir des saumons de ce genre au musée gallo-romain de Saint-Germain en Laye. Ces saumons ont été découverts dans les tourbières des environs d'Abbe ville (1).

AGIOSYMANDRUM. — Instrument en bois qui dans l'empire ottoman servait à convoquer les chrétiens dans leurs églises ou dans leurs temples, à l'époque où il était interdit à ceux-ci d'utiliser les cloches, qui auraient pu servir également pour un appel à la révolte.

AGRAFE. — Petits objets, bijoux de bronze, d'argent, d'or, d'ivoire, ou d'autres matières, qui servaient à attacher des vêtements autour du cou ou sur la poitrine. L'usage des agrafes remonte à la plus haute antiquité; les Etrusques, les Egyptiens, les Grecs et les Romains s'en sont servis. Dans notre Dictionnaire, général de T archéologie , nous avons

Kg. 7. — Agrafe de Louis IX.

donné des agrafes gauloises et mérovingiennes. Les soldats avaient des agrafes en fer; celles des ceinturons sont quelquefois gravées au burin, et d'autres même sont finement ciselées. Ici (fig. 7) nous présentons au lecteur une agrafe ayant servi à Louis IX, le jour de son mariage avec Marguerite de Provence, fille aînée de Raymond IL II est donc probable que ce bijou date duxin6 siècle. Notre figure 8 montre une fort belle agrafe historique dans sa dimension réelle; c'est celle de Charles-

(1) Ce qui précède sur le mot Age est tiré de notre Cours d' archéologie française, publié parle journal l'Architecte, 9e année, 1881, nos 31 et 36.

Quint. Ce bijou est décoré de perles et de pierres précieuses. La bordure du losange qui encadre l'aigle d'Autriche est enrichie de saphirs, de perles, d'améthystes et d'émeraudes. Les demi-cercles qui entourent le losange sont ornés d'émail blanc, rouge et vert ; c'est sur ces cercles ou à leur intersection que sont placés nuits petits reliquaires qui devaient contenir des débris d'ossements et sur lesquels on lit les noms de huit saints ou saintes ; dans le haut : Martin, ensuite André, Marguerite, Nicolas, Pierre, Hippolyte, Constant et Laurent. Ce genre d'agrafe était beaucoup porté au moyen âge, surtout par les nobles et les personnes riches ; aussi la fabrication de ce bijou occupaitelle de si nombreux ouvriers qu'ils étaient réunis en une corporation dite des fer mailler s, car à cette époque les agrafes se nommaient aussi fermails, fermiïlets et mordants. Les romans dé chevalerie qui parlent du moyen âge nous apprennent que les manteaux étaient retenus par des fermails moult richement garnis de pierreries. Quelques conciles en défendirent l'usage aux clercs.

AIGLE. — Cet oiseau de proie se voit comme emblème sur beaucoup de blasons.

Nous venons d'en donner un exemple dans .notre figure 8. Nous n'avons pas à parler ici de l'animal, mais des lutrins en dinanderie, en bois sculpté ou même en marbre, qu'on nomme ainsi parce qu'une représentation de cet oiseau sert de pupitre pour supporter des Antiphonaires ou autres recueils religieux. (Yoy. ce mot.)

AIGUE-MARINE. — Ce terme, dérivé du vieux français aiguë (de aqua, eau, etm marina, marine), sert à désigner une pierre, une sorte d'émeraude' pâle d'un bleu verdâtre comme l'eau de mer, d'où son nom. Dans l'antiquité, cette pierre se nommait Uryl; on l'utilisait principalement pour y graver des divinités marines. Le globe qui surmonte la couronne d'Angleterre est formé d'une aiguemarine qui mesure près de 0m,06 de diamètre ; mais nous devons ajouter que cette pierre a peu de valeur. Bien que ce quartz hyalin verdâtre soit une variété du béryl, on trouve cepen-

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