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C.PONS

Fie. 8. — Agrafe de Charles-Quint.

AIGUE-MAKINE.

dant parfois des aigues-marines qui présentent tous les caractères du corindon, c'est-à-dire dureté, pesanteur spécifique, propriété de la double réfraction ou dichroïsme. On' trouve

principalement l'aigue-marine au Pérou, au Brésil et en Eussie ; ainsi que dans l'Inde, en Ecosse, en Irlande, et quelques spécimens en Bretagne; mais les plus précieuses viennent des

Fig. 9. — Aiguière en vermeil du XVe siècle.

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Indes orientales. — Les graveurs en pierres fines ont utilisé dès une haute antiquité l'aiguemarine pour graver des camées ou des intailles. A la Bibliothèque nationale de Paris, nous possédons une intaille d'aigue-marine exécutée par un artiste grec ; elle est de grande dimension, elle montre un portrait de Julie, fille de

Titus. Ce magnifique objet d'art est enchâssé dans une monture antique en or, enrichie de cabochons de saphir.

En céramique, on nomme aigue-marim un produit d'une couleur bleu céleste ou turquoise, qui est obtenu par la fusion du sable, de la potasse et de la soude avec un mé-

AIGUIERE.

lange d'oxyde de plomb et d'oxyde de cuivre. Ce produit céramique sert à décorer les porcelaines tendres vieux sèvres.

AIGUIÈRE. — Vase largement ouvert, à anse et à bec , qui servait autrefois à placer sur

E.TIIERON.

Fig. 10.

Aiguière en étain de Briot.

les tables l'eau (en vieux français, aiguë), le vin ou d'autres boissons. Dès l'antiquité la plus reculée , on utilisait les aiguières pour les ablutions manuelles des convives avant, pendant ou après le repas de fête. Les anciens considéraient ce vase comme un objet de grand

luxe ; aussi possédons-nous des aiguières antiques extrêmement remarquables. Le moyen âge et surtout la renaissance dépassèrent de beaucoup le luxe des anciens pour la fabrication des aiguières. Pendant le XVIe siècle on en fit en métal, en terre cuite, en émail. La fabrique de Limoges en fit en cuivre rouge émaillé. Les artistes de la renaissance italienne produisirent également des œuvres très remarquables ; et si Benvenuto Cellini ne fut qu'un statuaire de second ordre, il faut bien reconnaître qu'il fut un orfèvre incomparable dans une époque où l'orfèvrerie allait de pair avec la peinture et la sculpture. Au musée du Louvre, on peut voir une aiguière du xvie siècle attribuée à ce grand artiste. En étudiant cette œuvre d'art, on voit que par sa forme gracieuse et par la souplesse de talent que l'artiste a montrée dans cette composition, cette aiguière n'est pas au-dessous de celle que Benvenuto fit offrir avec son bassin à François Ier par le cardinal de Ferrare. Le corps de cette pièce rare est formé d'une sardoine ; le couvercle est surmonté d'une tête de Minerve en émail dont la chevelure est d'or ; la visière du casque est d'agate , bordée par deux minuscules corps de femme ; le cimier du casque est formé d'un dragon d'émail; l'anse de l'aiguière est aussi un dragon émaillé qui a des yeux d'opale; les oreillons du casque, de même que le collier de la Minerve et les deux bagues qui enserrent le balustre du pied du vase, sont décorés de grenats enchâssés dans de l'or.

Notre figure 9 montre une aiguière en vermeil d'un travail allemand du XVe siècle. Cette pièce fait partie de la riche collection de M. Spitzer.

Une aiguière aussi fort remarquable est celle du xvie siècle qui se voit au musée de Cluny. Elle est formée par un buste d'homme sur trois pieds avec une anse qui représente un dragon ailé; sa hauteur est de 0m,22. C'est à tort que quelques archéologues ont fait remonter cet objet de curiosité jusqu'au xme siècle; la fonte, d'une légèreté admirable, ainsi que les ciselures, retouchées au burin , prouvent surabondamment qu'il s'agit ici d'un travail du xvie siècle. Notre figure 10 montre une aiguière en étain de François

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