CHAPE
du xvie siècle du musée de Kensington. Les grands chandeliers d'autel sont à une seule tige ; ils comprennent cinq parties distinctes : lepied, le balustre ou tige; \& pomme ou nœud, qui sert à le saisir ; la coupe, sorte de bobèche fixe qui reçoit les gouttes de suif; et ]& pointe, sur laquelle on fixe le cierge, évidé préalablement en cône très aigu. Les anciens chandeliers ont quelquefois trois , quatre et cinq pointes ; celui qui servait pour l'office des ténèbres en avait neuf. Du reste , dans des églises de Belgique , nous avons vu des chandeliers qui avaient 15, 18 et 20 pointes ; on cite même un chandelier à Coutances qui aurait 44 pointes ; nous ne l'avons jamais, vu. (Voy. Candélabre et Flambeau.)
CHANFREIN. — Pièce d'armure du cheval qui s'appliquait sur le devant de la tête de cet animal. C'était une plaque de fer, d'acier, de cuivre ou de cuir bouilli, qui avait des trous pour les yeux ; cependant pour les joutes il y avait des chanfreins aveugles, c'est-à-dire dont les œillères étaient closes, afin quede cheval, privé de sa vue, ne pût s'effrayer ou se dérober au moment du choc. Bien souvent les armes du cavalier étaient gravées sur le chanfrein. Le musée d'artillerie de Paris possède plusieurs chanfreins aux armes de leurs possesseurs ; un entre autres est aux armes d'un prince de Bavière, un autre aux armes de Ferdinand II, empereur d'Allemagne de 1558 à 1564. Ce magnifique chanfrein est enrichi d'ornements repoussés, ciselés, damasquinés d'or sur fond noir. Souvent les chanfreins portaient à leur centre une ou plusieurs longues pointes disposées comme des dents de scie ; quand le chanfrein n'avait qu'une pointe, c'était un long dard dirigé contre le cheval de l'adversaire. La partie qui garantissait les naseaux du cheval se nommait nasal ou mouflard. Parfois les chanfreins étaient richement décorés d'or et de pierreries; ainsi Monstrelet nous apprend que le chanfrein du cheval que montait le comte de Saint- Pol, au siège d'Harfleur en 1449, était estimé 30,000 écus. Le chanfrein que portait le cheval du comte de Foix, lors de son entrée à Bayonne , place reconquise par Charles VII, était estimé 150,000 escus d'or;
il était en acier et garni de pierreries. — Il existait aussi des demi-chanfreins. (Voy. Bardes et TÊTIÈRE DE CHEVAL.)
CHANTILLY (Dentelles de). — Voy.
Dentelle.
CHAPE. — Grand manteau long et ample que portaient les clercs dans les processions. Les chapes ne sont pas, comme beaucoup le supposent, des habits sacerdotaux ; aussi, pen-
Fig. 227
Chape espagnole (face).
dant les offices, les chantres laïcs en portent comme les prêtres : c'était, du reste, à l'origine un manteau des plus simples, fait pour se garantir uniquement de la pluie; d'où le nom de pluvial, qu'on leur donnait autrefois. A partir de la première moitié du xme siècle, les chapes, qui jusque-là ne se portaient que pour les processions extérieures, deviennent de magnifiques vêtements d'église ; elles sont alors en drap d'or, couvertes d' or f rois et de riches broderies d'or, d'argent et de soie de diverses couleurs. Dans les trésors des églises on voit , du reste , de superbes chapes anciennes; mentionnons notamment des spécimens remarquables à Tournai et à Louvain (Bel-