INTERSTICES
On appelle interstice le temps qu'il faut passer dans un ordre avant de pouvoir être promu A un ordre supérieur.
L'usage des interstices est ancien dans l'Eglise, et si l'on excepte ces premiers temps où il fallait sur le champ des ministres pour annoncer l'Evangile et le, répandre dans l'univers, chaque ministre restait autrefois trèslongtemps dans l'exercice d'un ordre avant qu'il fût élevé A un ordre supérieur. C'était le désir des conciles. Celui de Snrdique, tenu l'an 347, dit, can. 10, Habebit autem tmitu cujusque ordinis gradus, non minimi sciticet temporis longiludinem, per ouod et fides et tnorum probttas 9 et Constantin et moderatie possint cognosci.
La première lettre du pape Siricc porte qu'un homme qui s'est donné A l'Eglise dè« son enfance demeure sous-diacre jusqu'à l'Age do trente ans, qu'on le fasse diacre à cet Age, qu'il en exerce les fonctions pendant cinq années et plu*, qu'ensuite on relève i la prêtrise; il ajoute que dix ans après il pourra être nommé A un siège épiscopal.
Pour ceux qui ne se consacraient au servie* de l'Eglise que dans un Age avancé, il ordonne qu'on les fasse d'abord lecteurs oa exorcistes, qu'ils servent dans cette fonction pendant deux années, qu'ensuite ils soient acolytes et sous-diacres durant cinq ans; qu'après ce temps-là on les élève au diaconat et A la prêtrise, en leur faisant garder 1rs mêmes interstices qu'aux autres. Ce pape dit dans la même lettre, au chapitre la, qu'on doil f.iire observer cette loi aux moines qii seront promus au sacerdoce et A l'épiscopai.
Cette discipline ne s'est pas toujours conservée avec la même rigueur, parce qu'on n'a pas exigé dans la suite un Age si avancé pour les ordres ; mais la loi des interstices à toujours subsisté, et le concile de Trente a fait A cet égard des règlements que Ton suit aujourd'hui exactement dans la pratique.
« Les ordres moindres ne seront donnés qu'A ceux qui tout au moins entendront la langue latine, en observant entre chaque ordre les intervalles ordinaires des temps qu'on appelle communément les interstices, si l'évéque ne juge plus A propos d'en user autrement, afin qu ils puissent être mieux instruits de l'importance de celte profession; et, suivant l'ordonnance de l'évéque, ils s'exerceront aussi en chaque office et fooetion d'ordre, et cela dans l'église au service de laquelle ils auront été appliqués, si ce n'est peut-être qu'ils soient absenta pour continuer leurs études; et ils monteront ainsi de degré en degré, de manière qu'avec l'Age ils croissent en vertu et en science, dont ils donneront des preuves certaines par la bonne conduite qu'ils feront paraître; par leur assiduité au service de l'Eglise, par le respect cl la déférence qu'ils rendront d*