LYON
Cette ville, la première de France après Paris, est très-célèbre dans l'histoire ecclésiastique par plusieurs conciles qui s'y sont tenus. Nous ne parlerons ici nue des deux conciles généraux qu'on y célébra, l'un en 1245, ctTautre en 1274.
I. Le premier concile général de Lyon est le treizième de l'Eglise. Le pape Innocent IV le convoqua en 1245 par une lettre circulaire adressée à tous les princes, sans en excepter l'empereur Frédéric 11, qui fut jugé dans ce même concile. Les prélats se trouvèrent assemblés au jour de l'indication qui était la Saint-Jean. Ils étaient au nombre de cent quarante tant archevêques qu'évéques; on y voyait trois patriarches latins, savoir, de Constantinople , d'Antioche et de Grado. L'empereur Frédéric, le roi d'Angleterre et quelques autres princes , avaient envoyé leurs ambassadeurs. Baudoin, empereur de Constantinople, et le comte de Toulouse, étaient présents en personne. L'abbé de saint Alban en Angleterre, y envoya un de ses moines accompagné d'un clerc.
Le détail de ce concile a été donné par Matthieu P 'ris, moine de ce monastère.
Le lundi d'après la Saint-Jean, 26 juin 1245, le pape fit tenir une congrégation préliminaire dans le réfectoire des religieux de Saint-Jusl, rhez lesquels ilétait logé, pour préparer la matière du concile. Deux joursaprès se tint la première session, le pape et tous les autres prélats, revêtus pontificalcment,se rendirvnl à l'église métropolitaine de Saint-Jean, où, après la messe et quelque! prières, le pape
Iirononça un sermon dans lequel on . es motifs et les causes du concile* Il prit pour sujet les cinq douleurs dont il était affligé, comparées aux cinq plaies de Notre- Seigneur. La première était le dérèglement des prélats et de leurs peuples ; la féconde, l'insolence des Sarrasins; la troisième, le schisme des Grecs ; la quatrième, la cruauté desTartares; la cinquième, la persécution de l'empereur Frédéric. Le pape s'étendit sur ce dernier point, et représenta les maux que ce prince avait faits à l'Eglise et no pape Grégoire son prédécesseur. Hais Thadee de Suesse, ambassadeur, se leya, après le sermon, au milieu de l'assemblée, et parla fortement pour la justiGcation de son maître; ses raisons lui procurèrent dans In session suivante, tenue le 5 juillet, un délai jusqu'au 17 de ce mots , pour attendre l'arrivée de l'empereur, qui vint en effet jusqu'à Turin, mais pas plus avant.
La troisième et dernière session se liât exactement au jour marqué. Le pape y ordonna, avec l'approbation du concile, que désormais on célébrerait l'octave de la nativité de la sainte Vierge, et fit lire ensuite dixsept articles de règlements, dont la plupart regardent la procédure judiciaire, et ont été insérés dans le sexte. On voit dans ces réglemente, dit Fleury, l'esprit de chicane qti régnait alors entre les ecclésiastiques, occupés pour la plupart à poursuivre ou à juger des procès; et c'est ce qui obligeait les conciles à entrer si avant dans ces matières, fii dans de meilleurs temps, auraient paru ladignes de l'attention des évéques. Les quatre derniers de ces articles étaient eependaat sur des matières plus importantes, ils regardaient les moyens de se défendre contre les Grecs et les Tartares, tant dans la Terre- Sainte, que dans la Pologne et la Russie.
Enfin, le pape vint à l'affaire de l'empertir déjà excommunié, et même déposé par Grégoire IX. Thadée de Suesse voyant quels pape allait prononcer, déclara que si le papo voulait procéder contre l'empereur, il ea appelait au pape futur et à un concile gétéral. Le pape, de son côté, après avoir représenté que le concile était général, et que c'était la faute de Frédéric, si les prélats de soa obéissance ne s'y .trouvaient point , rejeta l'appel, et prononça de vive voix la senteacs de sa déposition. Il y réduisit les crimes de Frédéric à quatre principaux : parjure, sacrilège, hérésie et félonie. Il prouvait le parjure par les contraventions à la pais M* avec l'Eglise, c'est-à-dire avec le pape Grégoire IX, en 1230, et d'autres serments vit* lés; le sacrilège, par la prise des tétatsK des autres prélats qui allaient an conciles* les galères de Gènes; l'hérésie par le sipris des censures, nonobstant lesquelles b pape disait qu'il avait fait célébrer l'oit* divin, par sa liaison avec les Sarrasins, f*s alliance avec l'empereur Vatace, sdrisaui-
3ue, à qui l'empereur avait donné sa Me, H autres conjectures qui fondaient un ses»* con véhément. Enfin, le pape prouvait M félonie, par la vexation des sqjels da i*
DICTIONNAIRE DE DROIT CANON