‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 162 sur 479 · MAL · texte numérisé non relu

MAL

brisaient le commerce dans le Lovant , ob- • linrtol du calife, par on tribut annuel, la permission de rebâtir à Jérusalem une maison pour eux et pour ceux de leur nation , Si tiendraient en pèlerinage dans. la Palese. Quelque temps après, ils bâtirent deux églises, consacrées à la sainte Vierge et à sainte Madeleine, l'une pour les hommes et l'autre pour les femmes , et y recevaient les pèlerins avec chariié. Ce succès encouragea quelques autres à s'employer aux mêmes [ «ivres de zèle et de piété : on fonda une église, sous l'invocation de saint Jean , avec un hôpital , où Ton avait soin de traiter les malades, et d'y recevoir ceux que la dévotion attirait dans ce pays. Le bienheureux Gérard élait directeur de cet hôpital, en 1099, quand les chrétiens, conduits par Godefroi de Bouillon , prirent Jérusalem.

La réputation de Gérard , et les témoignages que chacun rendait de sa bonne et pieuse conduite; engagèrent les papes et les rois de Jérusalem à donner des ordres pour an établissement si utile. Ceux qui desservaient cet hôpital, et que Ton appela quelque temps frères hospitaliers , prirent un habit nnilormc : il était noir, avec une croix à huit pointes ou pattée; ils firent les trois vœux •rdinaires de religion, sous la règle de saint Augustin, et y en ajoutèrent un quatrième, par lequel ils s'engageaient de recevoir, t Imiter et défendre les pèlerins. La fondation est de Tan 1101. Cette dernière obligation les engageait à escorter les pèlerins dans les passages les plus dangereux. Ils s'accoutunèrent peu à peu à la guerre, par les combats qu'il fallait livrer de temps en temps aux bandes de voleurs qui infestaient les chemins, et leur ordre devint insensiblement nn ordre militaire, et d'hospitaliers ils devinrent chevaliers. Leur but fut toujours le même, celui d'assurer la liberté des chemins, et de donner la chasse aux infidèles et aux ennemis de la religion chrétienne. Les libéralités des rois et des princes de l'Europe flrent que cet ordre s'augmenta considérablement , et fut en état non-seulement de faire des entreprises, où vil acquît la réputation de bravoure, mais même de faire des conquêtes, et ils rendirent de très-grands services aux rois de Jérusalem.

Gérard étant mort en 1118, on lui donna pour successeur Raymond Dupuy, Florentin, qui, à proprement parler, fut le premier grand maître de l'ordre, et posséda celte dignité trente-deux ans.

Saladin, profitant des divisions qui étaient entre les princes chrétiens, les attaqua, et ae rendit maître de Jérusalem, en 1187. La profession des chevaliers les obligea do. suivre la destinée des princes vaincus, et ils perdirent peu à peu leurs conquêtes, de sorte qu'il ne leur resta plus que Margat , où ils s'étaient réfugiés.

L'an 1191, les chevaliers conquirent la ville de Saint-Jean d'Acre après un siège de trois ans.

La même année rordre,ayanl perdu la forteresse de Margat, se relira a Saint-Jean

d'Acre, où il subsista près de cent ans, malgré les attaques continuelles que lui livraient les Sarrasins, et qui fournirent de grandes épreuves à la bravoure des chevaliers.

Quelquefois accablés, jamais vaincus, ces hardis champions de la croix, semblaient, à l'exemple de leur Maître crucifié , renaître plus glorieux du milieu de leurs forteresses démantelées et de leurs possessions envahies. L'hydre indestructible dont ils tranchaient en vain les tétes renaissantes les pressait cependant. Le pas qu'ils faisaient en arrièrc,ils ne le regagnaient jamais. Livrés seuls avec leur foi courageuse, au sein de peuplades acharnées à leur perte, chaque coup qu'ils frappaient ouvrait devant eux un grand espace; mais presque aussitôt cet espace était rempli, et lotir bras lassé retombait impuissant : heureux encore dans leurs calamités, si l'union avait secondé leurs efforts. Peutêtre est-ce en punition des divisions des hospitaliers et des templiers, que Dieu changea leur fortune et les conduisit, de désastre en désastre, jusqu'à la catastrophe de Saint- Jean d'Acre,

En 1292, les forces des Sarrasins prévalurent à la fin sur la valeur des chevaliers, qui se virent contraints d'abandonner Saint- Jean d'Acre ; ils se retirèrent dans l'île de Chypre, auprès de Gui de Lusignan, roi de Jérusalem. La retraite qu'il leur donna, et les secours qu'ils tirèrent des autres princes chrétiens, les mirent en état de se relever des pertes que l'ordre avait faites, et iSs songèrent même à faire la conquête do diverses lies, en quoi ils réussirent.

Entre les lies que Tordre avait conquises, celle de Rhodes ayant paru un séjour commode, on s'y établit entièrement, sous le ma- {[istèrede Foulques de Villarel, environ vers 'an 1303.

Dans la suite, c'est à -dire, vers l'an 1521 environ, et sous le magistère de Philippe de Villiers del'He-Adam, Soliman 11, empereur des Turcs, se rendit maître de Rhodes, après un siège où les chevaliers firent des prodiges de valeur. Le grand maître se retira à Candie, et ensuite en Sicile, et la contagion s'etant mise dans son armée, il fut contraint <lo se remettre en mer, et d'aller côtoyer le royaume de Naplcs. Il s'arrêta quelque lempsàOrvieltc, par l'ordre du pape Adrien VI, qui le fit venir à Rome. Ce pape, étant mort peu après, eut pour successeur Clément Vil, qui donna à l'Ilc-Adam et à son ordre l«i \ille de Viterbe pour retraite, jusqu'à ce qu'ils eussent trouvé un lieu plus commode.

Enfin l'empereur Charles-Quint leur fit présent de l'Ile de Malle, à condition qu'ils y auraient toujours un nombre suffisant de vaisseaux pour faire la guerre aux Turcs, et qu'ils se tiendraient sous la protection du roi d'Espagne, ou de Sicile, et de ses successeurs. En 1530, ce monarque se rendit en personne en Sicile, où il expédia à cet ordre des lettres impériales de donation. Il y ajouta les Etals dcGozzoct de Tripoli.

Soliman, qui les avait chassés de Rhodes, voulut encore, sur la fin de ses jours, leur

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tf*

enlever Malle, qu'il fil assiéger le 18 mai 15G5. Mais celle fois Tordre se maintînt debout malgré les efforts de son formidable ennemi. La Valette se défendit ayee un courage invincible, et força les infidèles à lever le siège. Les barbares, après y avoir perdu quatre mois de temps, soixante et dix-huit mille coups de canon , quinze mille soldats et huit mille matelots, se retirèrent avec la confusion de n'avoir pu triompher de lui ; depuis ce temps-là la ville et l'ile furent fortifiées d'une manière à ne rien craindre.

Tel fut Tordre de Malte jusqu'aux derniers temps. Mais, en France, il fut, pendant la révolution, supprimé avec les autres cor-

Jiorations religieuses, et ses biens confisqués. i\\ 1798 Bonaparte s'empara même de l'Ile de Malte, à l'aide d'une trahison ; mais il ne jouit pas longtemps de celte facile conquête; car les Anglais ne tardèrent pas à s'en rendre maîtres. En Allemagne, 1 ordre fut aussi supprimé en 1806. Quand aux aulres pays, il s'y est maintenu, seulement le siège en a été déplacé; et de Gatnne, en Sicile, où le chapitre s'était réfugié après la conquête de Malte, il a été transféré par Léon XII à Ferra re en 1826.

Le roi de Sardaigne voulant favoriser Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, a publié tout récemment (le 3 octobre 18W), des lettres patentes en leur faveur. Voici les détails de cette renaissance de Tordre de Malte dans les Etats Sardes.

Sur les revenus des biens de Tordre appartenant aujourd'hui à l'Etat, revenus qui, déduction faite des pensions accordées à d'anciens chevaliers , s'élèvent encore à 34,809 1. 57, il sera fait un prélèvement an-* nuel de 12,000 1. Ce prélèvement aura lieu à dater du premier janvier 1845; les fon.Is en seront destinés à la création de deux commanderies de 3,000 I., cl trois de 2,000 1., à établir dans les Etals Sardes, en faveur des chevaliers de Tordre qui appartiennent à la langue italienne.

Ces commanderies seront, pour la première fois, conférées par le roi de Sardaigne A des personnes que l'ordro recevra chevaliers de justice, c'est-à-dire, ayant fait leurs vœux. L'ordre y nommera ensuite sur la désignation du roi et de ses successeurs; mais il ne pourra recevoir aucun chevalier de justice, ni créer aucune commanderie dans les Etats Sardes sans l'autorisation royale; il lui sera permis seulemenl de donner à quelques personnes dignes de cet honneur la croix de dévotion dont elles ne pourront se décorer qu'avec l'approbation du roi.

En conséquence des lettres patentes du roi de Sardaigne, Sa Sainteté Grégoire XVI, par un bref, en date du 17 décembre 1844, rétablit dans les Etats Sardes Tordre religieux et militaire des chevaliers de Malte.

{ 2. Ordre de halte , état et réception de»

chevaliers.

L'orde de Malte, ou de Saint-Jean de Jérusalem, comprend trois étals : le premier est celui des chevaliers, le second celui des cha-

pelains, le troisième celui des servants d'armes. Il y a des prêtres d'obédience qui desservent dans les églises, des frères servants d'office ou serviteurs, et des donnés on deoucroix, mais ils ne sont pas proprement âa corps de Tordre, qui ne renferme que 1rs trois premiers états ou rangs. Cette division fut faite en 1130 par legrand raatlre Raymond Dupuy, et a toujours subsisté depuis*

Les chevaliers sont nobles de quatre races, du côté paternel et maternel, et portent 1rs armes. On a vu souvent des fils de roi, et drs princes honorer ce rang. Les chapelains sont nobles ou du moins de famille considérable.

Les dignités ecclésiastiques, comme l'évérhé de Malle, le prieuré de 1 église de Saint-Jeai, et autres prieurés de Tordre leur sont allée* lés, et il y en a eu de ce rang qui sont essuite parvenus au cardinalat. Les servaats sont nobles ou du moins issus d'une Camille élevée au-dessus du commun.

Les nations différentes qui composent Tordre de Malte sont appelées langues. Il y ea avait huit, savoir : Provence, Auvergne» France, Italie, Aragon, Allemagne, Caslill* et Angleterre. Les chefs de ces langues résidaient à Malte et formaient le conseil ém grand maître. A chaque langue était aussi perpétuellement affectée une des huit dignités supérieures de Tordre. Chaque langoe se subdivisait en prieurés, et ceux-ci en bailliages comprenant les maisons et biens* lesquels étaient conférés aux chevaliers ea commende, à l'instar des bénéfices ecclésiastiques. Lors de la réforme, au seizième siècle, la langue anglaise défaillit; en 1781, on lui substitua la langue bavaroise. La langue tcutonique, qui autrefois s'étendait aux prieurés mêmes de Danemarck et de Hongrie, ne renfermait plus à la fin qui ceux de Bohême et de Germanie.

Les chevaliers de Malte sont reçus dans Tordre de saint-Jean de Jérusalem, en faisant toutes les preuves requises par les statuts, ou avec quelque dispense. La dispense s'obtient du pape par un bref, ou du chapitre générai de Tordre, et est ensuite entérinée au sacré conseil. Les chevaliers soit reçus d'âge ou de minorité, ou pages de Son Excellence le grand maître. Celui-ci a seize chevaliers-pages qui le servent depuis don»

ans jusqu a quinze. L'âge ordinaire pour la profession , est le même par les statuts de Tordre {Art. 5, de recept. fratr.) qu'il a été réglé par le concile de Trente, pour tous les ordres religieux. Celui qui souhaite d'être ainsi reçu d'âge dans Tordre doit se présenter en personne au chapitre ou à Tassemblée provinciale du grand prieuré, dans l'étendue duquel il est né. Ceux qui se pré* sentent en minorité, c'est-à-dire, au-dessous de seize ans, sont reçus en vertu d'une bulle du grand maître qu'il leur accorde suivant le pouvoir qui lui en est donné par le pape, ou par le chapitre général.

L'habit ordinaire du grand maître est nue soutane de tabis ou de drap, ouverte par le devant, et liée d'une ceinture d'où pend une grosso bourse, pour marquer la charité

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