NÉGOCE
Dans tout le cours du droit, on trouve dn canons et des règlements qui défendent aut clercs le négoce et l'embarras des affaires séculières. Sans rappeler ici les textes en décret sur la 88" distinction, cause ik , question h , nous nous bornerons à transcrire le chapitre 6 du titre des décrétâtes : Necleriâ vel mon* etc. Secundum instituta preedecesHrum nostrorum, sub interminatione anatkematis prohibemus, nemonachi vel clerid esmm lucri negecientur. Et ne monachi a clerins vel laids suc nomine firmas habeant; nspe laici ecclesias ad firmam tentant.
Par les termes causa hscri , on doit entes* dre que généralement tous les négoces os toutes les entreprises qui n'ont pour fia qse le lucre ou l'intérêt, sont défendus au clerc et au moine, comme absolument contraires à ieur étal et à la loi même de Dieu : New»
militons Deo , implicat se negotiis sœculoribus (Foyt* office, § 1 ). C'est dans ce sens qse saint Jérôme écrivait à Népolien : NegetUtorem clericum, et ex inope divitem , ex ignebili gloriosum, quasi quandam pestem f*gt (C. 3, dist. 88) ; et saint Augustin : Fernicari omnibus . semper non licet : negotiari vero aliquando licet , aliquando non licet :
antequam enim ecclesiasticus quis sit , licet à negotiari; facto jam, non licet (C 10, eoi.
dist.).
Mais si le négoce n'a pas pour but l'intérêt, si le clerc qui y participe plus ou mois* directement ne le fait que dans des vues de charité , il est évident que le négoce ne pest lui être défendu , car le canon ci-dessus rilé ne veut atteindre que les clercs qui n'entreprennent le négoce que dans des vues boiteuses de cupidité et d'intérêt , causa lucri. Mais un clerc qui , pour procurer au clergé les livres où il doit puiser la science nécessaire à son état, celle de la sainte Ecriture, de la théologie, des saints canons, de la liturgie, des saints Pères, etc., sacrifie son temps, sa fortune, sa tranquillité, sa réputation même , ce prêtre assurément ne peut être. compris dans les canons qui interdisent le négoce au clerc. On comprendra que noas voulons parler ici du célèbre éditeur de ce Cours de droit canon qui a déjà si bien mérité de la religion , en dotant l'Eglise des Cours complets a" Ecriture-Sainte et de Théologie , et qui travaille à l'enrichir encore d'un Cours de Patrologie 9 d'orateurs sacrés, d'apologistes de la religion, d'une Encyclopédie théologique sur chaque branche dis le science religieuse , etc., etc.
Il faut, pour que le négoce soit pardonné à des ecclésiastiques , que la plus grande nécessité le leur fasse faire , et même dans ce cas, ils doivent user d'un certain ménagement qui sauve les apparences de leur devoir, parce que dans le doute on ne présume pas que le négoce se fasse par d'antres motifs que ceux de la cupidité : In dubio m§*~
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Jiatfo prœsumitur fneta ex causa atpiditatis *l iueri , nist proie tur nécessitas (Ugolin, de *ffic. tt poictt. episc, cap. 13, § 15).
Navarre ( Cans. 8, n. 3, n« clerjc, vel mo- •*/icA.) établît que puisque le clerc peut user d'une certaine iuduslrie pour s'entretenir lui et sa famille, ut se suosque alat; il peut, avec eucore plus de justice, faire valoir, autan,! que la loi le lui permet, les récoltes qui proviennent de ses propriétés. Voici à cette occasion les questions qui furent adressées à la congrégation du concile et les réponses qui y furent faites .:
c 1* Anliceateis terras patrimoniales et bcaeGciales per laicos colore? 2* Pro necessajrio coitur» usu, an possint emere boves et jlia animalia et fœtus illorum vendere? 3 # An ii qui ex propriis bonis liabeut quercus etcaslaneas, quarum fructibus sues vescunlar, possint sues emereeosvc alere, et pro sua et fomili» sustentatione vendere? 4° An clerici panperes ad suara suœque famtliœ sus- Iratalionempossintterrasecclesiœconducere?
S* An iidem clerici cum foliis suarum arhojrsm possint in propriis œdibus arli sericœ «peram dare, vel idem opus dare ad medietateai, seu ad quarlum, et fructus inde percipieados vendere absque rcatu illicites negotîtlionis? 6* An possint locare boves, oves et
imaJia, qu» habent ex successione , vel
debitis velexdrcimis, eorumqne fructus
dere?7* An liceat ex olivis, vineis, quer-
tas et aliis arboribus exi9tenlibus in terpatrîmonialibus, et benefleialibns et aliis , vendere oleum, vinum, glandes et alios fructus ad sustentalionem sua familiœ, Mena et granum, et frumentum bujusmodi ex bonis patrimonialibus autbeneficialibus?
« Respoos. Ad orimum respoudit licere clericis agros beneucioruna et bonorum pa- Irimonialiura laicorum opéra colère absque aetn illicit» negotiationis. Ad secundum passe similiter dericos pro cullurœ usu boves in alia animal ia emere, illorumque fœius |u§lo prelio et honesta ratiooe vendere, nec ob id probibitiB negotiationis prœtextu vexari posse, aut debere. Ad terlium, item et posse clericos habentes in propriis bonis quercus ék castaneas sues emere, eosque alere pro •Ma et faniili» sustentatione, duromodo tamea in emendis, alendis, distrabendisve, ni~ fcil aordidam aut indecens ordini clericali exequanlur. Ad quarium, licere clericis Colia arborant, in propriis bonis exislenlium, alicuî lako concedere,eo pacto addito, ut lucrum «s bombicibus, inter utrumque dividatur, et
Eiriter eisdem licere, earumdem arborum liis per seipsos absque oflicii eorum detriroento, arli ferir» opéra m dare pro sua et famiJiie sustentatione, dummodo tamen in artificio hujusmodi personas non suspectas •dhiheant,etquoad boc episcopi licentia qu»
gratis siteoncedenda obtiueatur. Adquintum, clericos pauperes ad suam suasque famili»
susteniationem posse terras ecclesiœ conducere absque reatu illicil» negotiotianis, bon a *ero laicorum non posse, nisi ex inera prœcisa nécessitai*. Ad sexlùni posse retinero et locare bores, et oves ac alia animalia, qu»
babent ex successione, vel cxderimis neenon fructus illorum vendere absque reatu iNicil»
negotiationis. Ad septimnm, rosdem posse vendere granum, hordeum et alios fructus relolleclos ex bonis patrîmonialibus vel ecclesias'icis pro sua et suorum sustentatione.
« 11. Card. Uhaldinus, Franc. Paulucius, S.
cong. eonc. Trid. secret. »
Les clercs et les religieux qui , contre les défenses qu'on vient ne voir, s'immis* eut dans le commerce par des vues de cupidité, pèchent mortellement et peuvent être excommuniés , déposés même. Si le simple négoce est interdit aux clercs , il leur est encore plus expressément défendu de se procurer des profits, même leur simple cnttelien par des voies honteuses, et par l'exercice de certaines fonctions et professions viles et abjectes : Ab omni quoque sordido qtiœstu et vili aut ignominioso artificio abstinere debml clerici; qnibus vero non suppetit ex sacerdotio possunt honesto aliqno orlificiolo victum quœrere (C. Clericns 1, 2, distinct. 91; Exlravag. spondent. de crim. falsi inter comm.).
C'est donc une indécence de voir (les ecclésiastiques chargé^ des affaires des laïques, et obligés par leurs engagements à s'occuper toute leur vie d'une administration dont les prêtres un peu jaloux de leur liouueur ou du celui de leur état, s'abstiennent quelquefois pour leurs propres affaires [C. unie, de Syndic).