ÉTRANGER
Toutefois les règlements qui att autrefois des prérogatives à la coudi la noblesse n'avaient rien que de l< d'utile même et de nécessaire. Là Thomassin, après avoir rappelé lu l'église de Lyon, où, en 12&5, il soixante-quatorze chanoines , dont d'empereur, neuf de rois, quatorze trente de comtes, et vingt de barons, est fort vraisemblable que cette éfl matiale en a attiré d'autres, par so pie, à la même pratique, et qu'elle être suivi elle-même l'exemple de autre. Mais il ne faut pas se persus ce soit le seul éclat de la noblesse ébloui les premiers auteurs de cet u serait un motif trop humain « t trop de la pureté avec laquelle l'Eglise vc entre et qu'on fasse entrer les cle les dignités ecclésiastiques. On a eu la protection que l'Eglise recevait de ou qu'elle avait déjà reçue de leurs i On a considéré que l'éducation de élait ordinairement plu* vertueuse c des roturiers, surtout au temps que tuts ou ces usages commencèrent cours : car les roturiers étaient alo que tous serfs. Enfin, on a juçc qu* des personnes puissantes était aussi p pour en attirer d'autres à leur in Ainsi, ce n'a nullement été par des bas et charnels qu'on a affecté q églises et quelques bénéfices à la f mais par des considérations religieux les vues de la nécessité ou de l'ulilil glise. Car il faut bien distinguer les lions vicieuses de quelques particiili se jettent dans les dignités de l'Egl des sentiments purement humains les maximes saintes de l'Eglise mé ménage les passions terrestres des charnels, pour les faire servir à l'édi rituel et à la cité céleste qu'elle bâti terre. »
Effectivement, pour les mêmes rai concile de Latran fit des exceptions e des personnes sublimes. Saint Char!
un collège pour des gentilshommes faisait ses plus douces complaisance) saint Bernard disait que, sans faire juste acception de personnes, on ne p pécher d'avoir un peu plus de comp pour la vertu, quand elle est accoi de la noblesse ; Minime quidem Dem ceptor personarum, nescio ta m en qu virtus in nobili plus placct. (Epist. i
Le père Thomassin remarque iud ment sur les termes nobilem et liberi déci étale, contraires à ces maximi dan* ce temps-là les roturiers étaient serfs, et que qui était libre élait «
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L'Eglise ne pouvant se perpétuer que par le ministère pastoral, il fallait bien qu'elle eût reçu de Jésus-Christ le pouvoir de se choisir des ministres, de les consacrer, de les établir sur une portion du troupeau, d'étendre ou de borner leur juridiction, de les corriger, de leur infliger des peines spirituelles, ou même de les destituer, s'ils devenaient prévaricateurs. Et voilà bien aussi ce qu'elle a pratiqué, sans le concours delà puissance temporelle, soit dans les trois premiers siècles, soit dans des temps postérieurs, sous la domination des princes qui n'étaient pas chrétiens. Certainement , les Césars, les magistrats idolâtres, le peuple païen, n'intervenaient pas dans l'élection et la mission des évéques qui étaient préposés aux diverses églises répandues dans l'empire romain. Mais le mode d'élire les évéques, de les instituer ou de les destituer, n'est pis assez déterminé par la loi divine, pour qu'il n'ait pas subi des variations qui ont pu être également salutaires, suivant les temps et les lieux. Seulement, tout ce qui s'est fait en cette matière s'est fait de l'aveu exprès ou tacite de l'autorité compétente. Voici ce que les meilleurs auteurs nous apprennent de l'élection et de la nomination aux évéchés. La promotion à l'épiscopat comprend deux choses, l'élection et l'institution. Nous parlerons ici de l'une et de l'autre.
{ 1. Histoire de l'élection ou nomination des
évéques.
Par le Nouveau Testament, l'on sait comment furent d'abord institués les évéques.
Jésus-Christ appela ses disciples, et choisit pour apôtres ceux qu'il voulut; il leur di.t après sa résurrection : Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie de même ; et saint Paul dit aux évéques d'Asie que le Saint-Esprit les a établis pour gouverner l'Eglise de Dieu, et à Tite, qu'il l'a laissé en Crète , pour établir dans les villes", des prêtres, qu'il appelle ensuite évéques. L'on voit aussi dans toute la suite de la tradition que les évéques ont toujours été établis par d'autres évéques. Quoiqueancicnnementon n'en confirmât aucun qui n'eût été agréé de tout le clergé et du peuple, comme nous l'apprenons des écrits de saint Cyprien ; on y voit que dès qu'une église était vacante, les évéques voisins s'assemblaient, et qu'ils choisissaient celui qu'ils croyaient devoir mieux remplir cette place. Après que le peuple avait approuvé leur choix , le nouvel évéque était consacré. C'est une loi , dit ce saint, que celui qui doit gouverner le diocèse , soit choisi en présence du peuple et qu'il en soit jugé digne par le témoignage et le suffrage du public. C'est, dit-il ailleurs, une tradition divine et apostolique qu'on observe presque dans toutes les provinces , que pour l'ordination d'un évéque , ceux de la province s'assemblent, et qu'on élit un prélat en présence du peuple qui connaît la vie, les mœurs et la conduite de celui qu'on propose. Le pape Corneille avait été élevé sur la chaire de saint Pierre par le choix des évéques qui s'étaient trouvés à Rome. Eusèbe rap-
porte que Narcisse ayant a ni lié Jérusalem, les évéques des églises voisines lui donné»
rent Dius pour successeur. Enfin, les Père* du concile d'Antioche , après avoir déposé Paul dcSamosatc, élurent et consacrèrent on évéque en sa place. Le canon du concile fc Laodicée, qui semble ôter au peuple lent frage dans l'élection des évéques, ne défend que les assemblées lumultuaires; le peuple a même eu plus d'autorité dans les élection depuis Constantin , que pendant les siècle* précédents (Thomassin, part. 1, liv. I, ckîi et 15). Mais alors, le nombre des chrétiens ayant grossi, on eut égard aux suffrages des différents ordres, des nobles, des magistrats, des moines, quoiqu'on regardât toujours prit» cipalemcnl le jugement du clergé.
Le peuple a été appelé aux élections pov deux raisons principales, dit M. l'abbé hger, dans son Cours a? histoire ecclésiastiam. L'Eglise a voulu montrer qu'elle ne faisait pas acception des personnes , qu'elle ne voyait , ne voulait, ne couronnait que le nérite , et , dans un temps où les fidèles m pressaient avec émulation dans la voie delà perfection , elle a dit au peuple qui toujous sera le meilleur juge quand il sera libre de passions intérieures et d'influences étrangères, elle lui a dit : Choisissez vos guides H vos surveillants, c'est-à-dire vos évéques.
faut le dire , et plaise au ciel que cette ex-
Séricnce ne soit pas perdue pour les siècles venir, les choix du peuple ont été admirables-, presque tous ses choix ont été des ci* nonisalions anticipées. Le second motif qn Ta déterminée à faire un appel au peuple chrétien dans l'élection des évéques, c'a W de lui être agréable et d'obtenir sa confiâtes en lui donnant la sienne. Enfants, disait la mère, hâtez -vous d'arriver devant votre père qui est dans le ciel, choisissez vos guides ; vous connaissez mon amour, moi je connais votre droiture et votre zèle; choisissez ex dignis digniorem ; faites pour le mieux, je sais que vous ferez bien , je m'en rapporte à vous. Les fidèles se réunissaient, ils nnaiesk l'un d'eux proposait en toute simplicité ai nom , et toutes les voix cl toutes les nuiis s'élevaient pour applaudir, et Ton élevait n siège de la paternité pontificale , non le plis noble , le plus riche, le plus illustre , leplM appuyé du pouvoir, mais celui qu'on croyait le plus saint, le plus savant, le plus ferme, le plus sage, le plus doux. On choisissait iei hommes connus et éprouvés, c'est à-dire
3u'on n'allait pas chercher hors de l'enceinte e la ville épiscopale ; aucun étranger n'était admis, si ce n'est lorsque le diocèse était si pauvre qu'il était obligé d'aller demander à un autre diocèse 1 aumône d*u homme qui lui manquait. Ce cas était M rare, et jusqu'au delà du douzième siècle t cette coutume, successivement altérée par des exceptions toujours plus nombreuses,* du moins été toujours conservée comme ta règle.
Le peuple, désignait son élu , mais Tarif constitutif de l'élection consistait dans l'assentiment des évéques voisins. Cet usage fol
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Si
clercs , les vierges , les veuves, les nobles cl les autres laïques, c'est-à-dire les citoyens. Les moines avaient grande part à l'élection.
Cn n'y appelait pas seulement les chanoines et les clercs de la ville, mais aussi les clercs de la campagne. On jeûnait trois jours avant l'élection et Ton faisait des prières publiques et des aumônes. On choisissait, autant qu'il se pouvait , un clerc du sein de la même église.
L'élection étant faite , le décret signé des principaux du clergé, des moines et du peuple, était envoyé au métropolitain ; celui-ci convoquait tous les évéques de la province pour examiner l'élection à un jour certain et en nn certain lieu, qui était d'ordinaire l'Eglise vacante. Tous les évéques devaient s'y trouver, et ceux qui étaient malades ou qui avaient quclaue autre excuse légitime envoyaient un de leurs clercs chargé de leurs lettres pour approuver l'élection ; car tous y devaient consentir, suivant la règle du concile de Nicée, et trois au moins devaient y assister. L'élu étant présenté à ce concile provincial , le métropolitain l'interrogeait sur sa naissance, sa vie passée, sa promotion aux ordres , ses emplois , pour voir s'il n'était point atteint de quelque irrégularité. Il examinait aussi sa doctrine , lui faisait faire sa profession de foi et la recevait par écrit. S'il trouvait l'élection canonique et l'élu capable, il prenait jour pour la consécration. Mais si l'élu se trouvait irrégulier ou incapable, ou si l'élection avait été faite par simonie ou par brigue, le concile la cassait et élisait un autre évéquo.
La consécration se faisait à peu près comme aujourd'hui; le métropolitain donnait au nouvel évoque une instruction par écrit, où il lui expliquait cn abrégé tous ses devoirs (Voyez celle instruction sous le mot évêqle, § 5), car il était regardé comme le père et le docteur des évéques qu'il ordonnait. 11 devait leur fournir de ses archives, des exemplaires des canons, et eux devaient avoir recours à lui dans toutes leurs difficultés. Si la confirmation se faisait hors de l'Eglise vacante, le métropolitain y envoyait des lettres pour faire recevoir le nouvel évoque. Le roi était averti de tous les actes importants de celle procédure, principalement de l'élection et de la confirmation ; car il avait toujours droit d'exclure ceux qui ne lui étaient pas agréables.
Telles étaient les élections en Occident, au neuvième siècle et jusqu'à la fin du douzième, pendant lequel toutefois les chanoines des cathédrales s'efforçaient d'attirer à eux toute l'élection, comme il parait par le canon du concile de Lalran , en 1179, qui réprime leurs entreprises (Thomass., part. IV, ïiv. II, ch. 10).
Mais au commencement du treizième siècle, ces chapitres étaient deià en possession d'élire seuls les évéques, a l'exclusion du reste du clergé et du peuple; et les métropolitains de confirmer seuls l'élection, sans appeler leurs suffragants. L'un et l'autre parait par la manière dont les élections sont
réglées dans le concile général de Latrat et l'an 1215.
Dans la pragmatique sanction ( Ftyts pragmatique), attribuée à saint Louis îlot' dit, article 2 : « Les églises cathédrales et litres, auront la liberté des élections, qui sort liront leur plein et entier effet. » Ce droit, acquis aux chapitres par l'usage, fut cotisa* cré par la pragmatique de Charles VU, et 1438, et suivi jusqu'au concordat de Léon X, en 1516, concordat devenu règle jusqu'à tos jours (Voyez concordat).
Observons ici, dit monseigneur Fraysstnous dans ses Vrais principes de V Eglise gallicane fpag. 125), et cette remarque est essentielle, parce qu'elle tient à la constitution même de l'Eglise catholique, qu'aux différentes époques que nous venons de parcoarir, les élections, quoique laites sans l'autorisation ou la confirmation expresse du siège apostolique, n'étaient pas pour cela soustraites à son droit inviolable de surveillance universelle. Aussi son autorité v est-elle souvent intervenue, soit pour décider des points contestés, soit pour corriger ce oui avait été défectueux, soit pour donner des pasteurs à des églises qui étaient veuves depuis trop longtemps. Saint Léon écrit aux évéques de Mauritanie que la brigue et les suffrages du peuple ne devaient pas les dé* terminer à charger de la conduite d'utt église un ecclésiastique qu'ils croient incapable de la gouverner L'épi Ire 8k de et
même pape, porte que, si les suffrages da clergé et du peuple se trouvent partagés, il dépendra du métropolitain de choisir celai
qui a plus de mérite Les papes Sirice et
Innocent I" donnent au métropolitain la même autorité. Il ne doit pas , selon le pape Uilaire, suivre les vœux du peuple, mais II gouverner (Abrégé de Thomass. pari. D, ch. 11) (Voyez ci-après § 2).
Après avoir eu occasion de rappeler les abus qui s'étaient glissés dans les élections, Thomassin ajoute : « En voilà assez posr persuader que, si la Providence a laissé établir une autre police dans son Eglise pour la f provision desévéchés et des autres prélatnres, 'histoire seule des anciennes élections est capable de nous en consoler, et de nous fairv trouver bon ce nue le concile de Trente n'a pas désapprouvé. » ( Thomassin , pari. IL ch. 31.)
Monseigneur Affre, archevêque de Paris, dans le nouvel ouvrage qu'il vient de publier sur les Appels comme d'abus, bit yoir as contraire les inconvénients de la nominatie* royale. Voici ses paroles :
« Avant le concordat de François I" , dilil, le choix des évéques était souvent imposé par les princes , par les ducs et les comtes. Les grands vassaux de la couronne dominaient également le choix des autres bénéficier*. Les chanoines , alors en possession d'élire les évéques, ayant été eux-mémef promus sous cette influence , étaient électeurs très-souples dans la main de leurs patrons. Ainsi, d'un côté, l'origine des électeurs, de l'autre, l'action exercée sur eoii
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c Les parlements qui avaient d'abord repoussé le concordat avec beaucoup d'énergie, finirent par l'accepter et même par le défendre avec autant de zèle qu'ils avaient défendu les élections (Jbid., col. 127-159) (Voyez concordat de Léon X).
« Eu 1817, le libéralisme ayant invoqué le rétablissement des élections, plusieurs écrivains prirent la défense des concordats de 1516 et de 1801, et de celui qui renaît d*étre conclu. Mais il ne faut pas oublier ni la nature de l'attaque, ni celle de la défense; les concordats élaieut dénoncés comme une usurpation flagrante, comme un pacte siinoniai que. Leurs adversaires voulaient en outre que l'institution canonique ne fût pas donnée au pape. D'autre part, les défenseurs de ces traités ne combattirent point les élections comme mauvaises en elles-mêmes, cela était impossible; seulement ils insistèrent sur les inconvénient?, ainsi que sur les heureux effets des concordats. Quoi qu'il en soit, le traité de 1516, combattu à son origine, n'était pas fort goûté par Fénelon, qui dit tout simplement que l'Eglise de France, privée de la liberté d'élire ses pasteurs, est un peu au-dessous de la liberté dont jouissent les calvinistes du royaume, et les catholiques sous le sceptre du Grand Turc (Plans de Gouv.,
« Les évéques de France de 1789, tout en réprouvant les élections telles que les avait établies la fameuse constitution civile du clergé (Voyez ce mol), déclaraient « que le « concordat avait toujours été combattu par « lEglisegalIicanc, tant qu'elle avait pu espé- « rer le faire réformer; et qu'elle ne s'était ja- « mais départie du désir le plus sincère de « revenir aux élections, mais à des élections « canoniques, et qui puissent être avouées par « l'Eglise. » (Lettre de V Evéque de Luçon; dans la collection de Barruel, tome X , page 465.)
« L'ignorance des causes qui altérèrent et rendirent vicieuses, pendant trois ou quatre siècles, les élections, a pu seule jeter sur elles un discrédit au moins exagéré. Peut-être aussi que les effets de la nomination royale n'ont pas été justement appréciés , parce qu'on a fait plus d'attention à l'accroissement de pouvoir donné au roi par le concordat, qu'aux inconvénients de ce traité, lien est un fort peu remarqué et bien digne de l'être par tout homme qui veut juger ce grand événement. Plus les évéques appartinrent au roi et plus les parlements s'efforcèrent de les abaisser. Les attaques étaient déjà fort mes, lorsque les rois, môme avant le concordat, influaient si puissamment sur le choix des évéques, elles furent plus vives encore, et surtout plus persévérantes, lorsque la couronne fut exclusivement eu possession de ces choix. Les appels comme d'abus (Voyez appel comme d'abus) funnl établis d'abord par voie de Tut et un peu plus tard, en 1539, d'une manière légale. N'est-il pas remarquable qu'ils soient contemporains de la nomination royale? N'est-on pas autorisé h jicnser qu'ils ne furent qu'uue réacliou
contre le nouveau droit , que les parlemati avaient d'ailleurs vu s'établir avec tant de regrets, et auquel, l'histoire l'atteste, ils opposèrent une longue et vive résistance? • (De l'appel comme d'abus, part. I, ch. 5, art, 2 f pag. 173.)
L'élection pour l'épiscopat a lieu en Irlande, en Belgique, en Suisse (Voyez suis»), en Allemagne, etc. On y suit la forme di chapitre Quia propler (Voyez élection).
Quant à l'usage suivi actuellement fi France, il est réglé par les articles k et 5 di concordat de 1801 ( Voyez concobdat de 1801). L'article 16 de la loi du 18 germinal, an X, dit qu'on ne peut être nommé évéque arast 30 ans ( Voyez articles organiques).
§ 2. nomination, institution canonique.
L'évéque, en vertu même de sa consécration, reçoit le pouvoir radical de lier et de délier, de remettre et de retenir; mail ci pouvoir inhérent à sou caractère , il ne peit l'exercer ni licitement, ni validement, sans um mission expresse, sans une juridiction proprement dite; ces fonctions supposent des il* jets, des justiciables.
Comme mon Père m'a envoyé, d'il Jésus-CbrUt nui upàlresjcvousenvoiede même. Il faut dose être envoyé par Jésus-Christ comme l'ont été les apôtres pour prêcher, baptiser, sanctifier les nations : Et comment prêcheront-ils , disait saint Paul, s'ils ne sont envoyés ? On sait avec quelle vigueur de logique Nicole a convaincu de schisme les réformateurs du seizième siècle, par cela même qu'ils n'avaieil pas eu de mission pour réformer l'Eglùs.
D'où venez-vous, leur disait-il, d'après Tertullien ? Qui vous a envoyés? prouvez votre mission : ainsi, dans l'ordre civil, on ne pest exercer aucune fonction publique qu'après avoir justifié de ses pouvoirs. Le gouverse- ' ment de l'Eglise ne serait que désordre d confusion, si chaque évéque avait le droit de commander partout, et s'il pouvait arbitrairement mettre la faux dausla moisson de f<N voisin.
Voyez, dans le. tome I er , col. 845, les raisonnements du cardinal de la Luzerne à cet égard.
Si l'on veut remonter au principe de la juridiction spirituelle, on voit très-clairemcit que Jésus-Christ a donné à sou Eglise ton les pouvoirs qui lui étaient nécessaires, qu'elle seule les possède, et qu'elle seule peut le* communiquer , en sorte que , dans le»
divers rangs de la hiérarchie, tout doit émaner d'elle et se faire en son nom. « C'est ott maxime constante, dit Van-Espen, que cela qui a été élu ou nommé, non-seulement o>ft pas pasteur ou évéque avant sa confirmation, mais qu'il ne peut s'ingérer régulièrement en aucune façon dans l'administralion de son église. 11 n'est considéré eomatf vrai pasteur et évéque de l'église vacartl qu'après avoir obtenu sa confirmation. Cette règle non-seulement existait autrefois, lorsque la conûrmaliou et la consécration étaieft à peine séparées; mais elle existe encore aujourd'hui, si l'on fait attention au droit cois»
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ne pouvait-il pas l'élire lui-même? Il le pouvait sans doute, mais il s'en abstient, de peur cie favoriser quelqu'un. » Cur enim Mis hoc cemmunicat ? ut ne contentio hac de re orirctur, et ne mutuo litigarent. Nam si id ipsis accidit, multo magis Mis accidisset. Hoc vero semper devitat; ideo in prinewio dicebat : Viri fratres, oportet eligere ex nobis. Multitudini permit til judicium, simul eos qui eliaebantur venerandos reddens, seque libérons ao invidia quœ suboriri poterat... Quid ergo. an Petrum ipsum eligere non licebat? Licebatutique; sed ne videretur ad gratiam facere abstinet (Hom. 3, in Act. apost. % n. 2, tom. IX, pag. 24). Et encore : € C'est lui qui a dans cette affaire la principale autorité , comme celui sous la main de qui tous les autres ont été placés; car c'est a Pierre que le Christ a dit : Quand tu seras converti, affermis tes frères. » Primus auctoritatem habet in negotio, ut qui omnes hubeat in manu (aliter : ut cui omnes commissi fuissent). Huic enim Chris lus dixerat : Et tu aliquando con versus, conûrma fratres tuos (Ibid.y pag. 2G).
Ces paroles sont significatives ; saint Chrysostome accorde a Pierre, sans restriction, sans modiûcalion, licebat utique, le droit d'élire seul, et par conséquent d'instiluerscul des évoques; cl la raison qu'il en donne est remarquable, c'est que tous lui étaient soumis, ou, selon la force de l'original, étaient sous sa main comme des instruments dont on dispose avec une pleine puissance et une entière liberté, «tc «vtôc Trcorw «7x«/w0«ki en vertu de ces paroles de Jésus-Christ : Confirme tes frères.
Saint Chrysoslome n'est pas le seul qui ait reconnu cette prérogative du prince des a poires. L'ancien auteur du panégyrique de saint Pierre et de saint Paul, attribué par quelques savants à saint Grégoire de Nyssc, exalte en termes magnifiques le privilège que saint Pierre possédait seul de créer de nouveaux apôtres : « Cet honneur n'appartenait, dit-il, qu'à celui que Jésus-Christ avait établi chef et prince à sa place, pour gouverner, comme sou vicaire, les autres disciples. » Qualis scilicet Petrus ut et coapostolos eligat f et ad parem sibi functionem evehul, quoa nulli cltcri, excepto duntaxat Christb competere scimus.
Hoc enim omnem excedit honoris apicem y ac sublimitatem; unique Petro ex omni mortalium numéro hœc félicitas obtigit f quippe qui loco Christi dux ac princeps a Christo constitutus esset, ejusque erga reliquos vices agere (Biblioth. Patrum, tom. Vil, pag. 222). Les faits qui suivent vont mettre celte vérité dans tout son jour.
Saint Atlianase, Paul de Coiistanlinoplc et plusieurs autres évéques , tels que Marcel d'Ancyrc, Asclépas de Gaze, Lucius d'Andrinople, déposés el chassés de leurs sièges, en appellent à Rome; ils recourent au saintsiège comme ayant le droit de les juger et de les rétablir. Voici comment s'exprime saint Alhanasc :
« Tous nos frères , dit-il au pape Jules, M>nl convenus unanimement qu'il fallait s'adresser à la sainte Eglise romaine, à laquelle
le Seigneur lui-même a donné, pi vilége spécial, supérieur à celui donné aux autres Eglises, le pouv< et de délier ; car elle a été établie le soutien de toutes les autres; elle sacrée, d'où la vie se répand dans membres, el dont dépend leur coi et leur vigueur. »
Le pape n'est pas pour saint AU protecteur ordinaire ; celui-ci le pour le chef 'de tous les évéquef clame que l'Eglise romaine est 1 que les autres sont ses membres, remarquer l'unanimité de ses frère dire des autres évéques orthodoxes ser la même doctrine.
Les ariens recourent également en le priant d'approuver la dépo évéques et l'élection de leurs sut Le pape Jules, saisi de cette aflfa de prononcer sa sentence, ordonni cusés et aux accusateurs de com son tribunal. C'est Théodore!, é Cyr, qui nous l'apprend en ces tel
a Le souverain pontife Jules , i loi de l'Eglise, ecclesiasticamle gems donna que les cusébiens el Athan sent à Rome défendre leur cause de Selon le même historien : « Saint obéit à l'ordre du pape. Mais les ne voulurent pas se rendre à Roi la crainte que leur mensonge n couvert. »
Après les avoir attendus inulilcr dant plus d'un an , le pape, dans i de cinquante évéques, rétablit si nase et ses collègues sur leui Ensuite il écrivit aux évéques une longue lettre , qui est un des cieux monuments de l'histoire eccU Cette lettre se trouve dans les < saint Athanase et dans la collectioi ciles.
Le coeur navré d'amertume, le p plore la difficulté des temps ; il se p force et avec douceur de la vion aux évéques , et de la violation de: il reproche aux évéques accusatei s'être pas rendus au concile de Ro les avait appelés ; il réfute leurs i cuses , jusliûe la sentence de rélal qu'il vient de prononcer, confond h ge el la calomnie dont on avait poi accusés , el met leur innocence jour. Cette lettre est unclnf-d' prudence et de pathétique : dans d< stances aussi critiques , il s'interd nare; mais il donne un libre ce plaintes, à ses gémissements, à ses (ions pacifiques el paternelles. I si touchant que son langage. Non tons de ne pouvoir citer que la Ci lettre :
a Oh! mes frères, nous tommei
iècle où les jugements de l'Eçlisc îcnl plus sur l'Evangile, mais si comme des arrêts de proscription e( Des évéques exposés à de pareils < el les évéques de quelles églises?
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