‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 2)Chapitre 284 sur 479 · SACRILÈGE · texte numérisé non relu

SACRILÈGE

Le sacrilège est l'abus que l'on fait des choses saintes ou sacrées en les profanant : Sachlegium est violalio rei sacrœ. On appelle aussi quelquefois sacrilège celui qui se rend coupable du crime de sacrilège.

Il se fait sur le crime de sacrilège plusieurs distinctions. Lancclot le fait rapporter ou aux choses ou aux personnes (Inst. lib. IV, tit. 5).

Le sacrilège ratione rerum se commet en trois manières : 1° en dérobant une chose sacrée» dans un lieu aussi sacré, sacrum de sacro , comme seraient les vases sacrés daus une église ; 2° une chose non sacrée dans un lieu sacré , non sacrum de sacro , comme la montre d'une personne dans l'église ; 3* une chose sacrée dans un lieu non sacré, sacrum de non sacro, comme le saint ciboire, dans la maison d'un malade. Sacrilegium commitiitur , àuferendo sacrum de sacro, vel non sacrum de sacro , sive sacrum de non sacro (Cap. 21 , caus. 17, qu. k).

Le sacrilège ratione personarum se commet en maltraitant une personne consacrée à Dieu, contre la disposition du canon Siquis suadente , et par un commerce illicite avec ces mêmes personnes.

Le crime de sacrilège se commet aussi par l'incendie et le violement des lieux sacrés; par la détention injuste et l'usurpation des Liens de l'Eglise.

Enfin, dans un sens étendu, il n'est point de crimes qu'on appelle ecclésiastiques , où il n'entre du sacrilège , comme s agissant toujours du violement des choses qui appartiennent à Dieu ou à la religion. Ces crimes sont la simonie, l'hérésie, le schisme, l'apostasie, le sortilège, le blasphème, le sacrilège proprement dit.

Les crimes qu'on appelle civils , parce qu'ils ne regardent directement que les hommes ou la société civile, sont l'homicide, l'adultère, le stupre, le vol, l'usure, le faux, les injures .(Laiicelot,/oc.ct7. lib. M, tit.Z.)

C'est aussi une espèce de sacrilège lorsqu'on abuse des paroles de la sainte Ecriture, et que l'on s'en sert , comme il est dit dans le concile de Trente , pour des usages profanes (Voyez abus des paroles de l'Ecriture sainte).

N Les canons punissent ceux qui se sot t dus coupables du crime de sacrilège etletn complices, de différentes peines , selon «se le sacrilège est plus ou moins éftorme : m.

modo sceleris admissi, facinorisque permetreti, nisi plene satisfecerint, aut de salis/aeieni* plenam securitatem exhibuerint , nunepmnitentiœ beneficium sacrilego penitus denegatur, nunc anathemate vincitur , nunc perpétué damnatus infamia carceri traditvr, eut «rilio perpetuœ deportationis et depositionisetnimadversione coercetur, aliquando etiarn petw niaria pœna mulctabitwr (Lancelot , itl.l).

(C. Super eo.de rapt.; cap.Conquestu$ 9 4e fer. comp. ; C. Quiscis 17, qu. k; c. Nulli; c Av. dia 12, ou. 2; c. Omnes, c. 17, e. k.)

Dans les principes du droit canon, e*au> tière de sacrilège, les complices font entière foi les uns contre les autres (C. Imprima 12, qu. 1; c. Qui autem 17, qu. k).

Voyez sous le mot délit la loi du 20 avril 1825 sur le sacrilège. Cette loi a été abropi au mors d'octobre 1830.

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